Agence France Presse – L’Allemagne a arrêté mardi un Iranien soupçonné d’exporter vers l’Iran du matériel pouvant être utilisé pour des projets nucléaires militaires, rapporte l’hebdomadaire Der Spiegel, selon qui les autorités enquêtent sur une série de ventes suspectes vers l’Iran.
L’homme d’affaires Mohsen V., 48 ans, a été arrêté mardi à Francfort (ouest) en vertu d’un mandat délivré par la Cour fédérale de justice, la plus haute instance judiciaire allemande, selon le magazine à paraître lundi.
Il a "livré illégalement" à son pays "des pompes américaines et des caméras spéciales russes" employées dans la recherche nucléaire et il négociait "depuis déjà un certain temps" avec un fabricant de Mannheim (ouest) pour une livraison "d’instruments de mesure utilisés dans la technique nucléaire".
"Ses partenaires (commerciaux) ont été arrêtés peu après" lui, précise Der Spiegel.
Selon le magazine, cette affaire fait partie d’"une série de procédures dans lesquelles le parquet général fédéral et plusieurs parquets généraux enquêtent sur des fournisseurs et des pourvoyeurs de l’Iran (…), soupçonnés d’avoir exporté du matériel de haute technologie pour le programme nucléaire du président Mahmoud Ahmadinejad".
L’Iran essaie "de manière très agressive" de s’approvisionner en Allemagne et dans d’autres pays "en technologie nucléaire et d’armement", écrit le Spiegel, en citant un "expert de haut rang en matière de sécurité".
L’arrestation de Mohsen V. a eu lieu "le jour où l’Iran a annoncé officiellement la construction de son nouveau missile (balistique d’une portée de 2.000 km) Achoura", relève le Spiegel.
Mais les enquêteurs allemands espéraient ce jour-là prendre dans leurs filets un poisson beaucoup plus gros, "un super-agent des Iraniens, qui devait arriver directement de Téhéran" à l’aéroport de Francfort, ajoute le magazine: "l’homme qui, selon les cercles d’experts en sécurité, est chargé d’organiser l’acquisition par les Iraniens de tous les appareils qu’ils ne sont pas censés acquérir en vertu des résolutions de l’ONU".
"Les enquêteurs allemands le traquent depuis des mois", en vain: "il serait derrière chacun des cas sur lesquels les enquêteurs travaillent actuellement", ajoute le Spiegel.

