vendredi, février 3, 2023
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Des « Terroristes » – pour tacler Téhéran

Le calepin de Christophe Booker

The Sunday Telegraph – La priorité sur l’ordre du jour de la réunion de cette semaine des ministres des Affaires étrangères de l’UE au Luxembourg sera un des mystères les plus curieux et scandaleux de politique britannique. C’est l’énigme de la raison pour laquelle notre gouvernement, avec l’appui personnel de Tony Blair, a dû persuader le Conseil européen d’agir en violation flagrante de la loi européenne, afin de satisfaire le régime criminel de Téhéran qui se démène plus que les autres pour déstabiliser tout le Moyen-Orient, en déversant par ses frontières au minimum des armes pour tuer les troupes alliées tant en Irak qu’en Afghanistan.

Grâce à la pression de parlementaires à travers l’Europe, y compris des résolutions tout juste adoptées de manière écrasante par les parlements danois et italiens, on demandera aux ministres de reconsidérer la décision extraordinaire du Conseil européen de janvier dernier qui rejetait un jugement de la Cour européenne de Justice (CEJ) stipulant qu’il avait agi illégalement en mettant hors-la-loi le principal groupe d’opposition au régime iranien comme "une organisation terroriste".

Pendant près de 30 ans, la principale opposition au régime de Téhéran a été le Conseil national de la Résistance iranienne, dirigé par Maryam Radjavi, qui vit en exil à Paris et dont une des composantes majeures sont les Moudjahidine du peuple d’Iran (l’OMPI). Son programme est de  travailler pacifiquement au remplacement de la dictature théocratique des ayatollahs par un Etat laïc et démocratique. En attendant, plus de 100 000 des partisans de l’OMPI ont été assassinés, torturés et mutilés par les gardiens de la révolution en Iran et leur "Force Qods" qui chapeaute les escadrons de la mort à l’étranger.

En 2001, sous la pression directe du régime de Téhéran (comme il l’a reconnu à l’émission Today en février 2006), Jack Straw, alors ministre de l’Intérieur, a mis l’OMPI sur la liste britannique des organisations terroristes proscrites. En 2002, le Foreign Office a persuadé l’UE d’ajouter l’OMPI à sa propre liste d’organisations proscrites, à côté d’ Al-Qaïda, du Hamas et d’autres de cet acabit.

En décembre dernier, le Tribunal de Premier Instance de la CEJ a jugé que c’était illégal, parce que l’on n’avait jamais donné à l’OMPI une preuve de son soutien au terrorisme. Mais en janvier, dans une infraction sans précédent de la loi européenne, le Conseil européen s’est accordé avec la Grande-Bretagne pour que le jugement de la CEJ soit ignoré (une décision personnellement défendue par Tony Blair dans une lettre que j’ai vue, datée du 19 mars).

Dans un hochement de tête cynique à la CEJ, le Conseil, en mars, a envoyé à l’OMPI seize documents censé justifier ses actions. Cela s’est avéré être un "dossier douteux " d’auto dérision, comprenant un vieil article de dix ans de Time Magazine et des articles tirés de sites Web non identifiés, qui ne contiennent pas une parcelle de preuve comme quoi l’OMPI se serait engagé dans le terrorisme. En fait, le dossier a violé une autre loi de l’UE, car il est légalement tenu de contenir une preuve actuelle, alors qu’aucun de ses documents ne mentionne d’événements postérieurs à 2001.

On peut mesurer la force de l’affaire de l’OMPI dans le soutien qu’il a gagné auprès de centaines de politiciens à travers l’UE, qui appellent à un retournement de la décision du Conseil. On y dénombre plus de 200 eurodéputés et députés nationaux de divers parlements et 405 membres de plusieurs partis des deux Chambres de notre propre parlement. Trente-cinq d’entre eux, y compris un ancien ministre de l’Intérieur, Lord Waddington, ont appelé la justice à siéger dans un mois pour que l’OMPI soit rayée de la liste britannique des organisations terroristes proscrites.

Ce qui rend cette histoire véritablement scandaleuse, cependant, c’est que notre gouvernement a mené cette tentative de complaisance avec un régime jouant un rôle central dans le terrorisme qui s’étend partout au Moyen-Orient. Une caricature de Garland dans le Daily Telegraph de vendredi montrait l’Iran comme un crabe, entourant l’Etat d’Israël de ses deux pinces étiquetées "Hezbollah" et "Hamas". Les pinces pourraient également être étiquetées "Irak" et "Afghanistan", puisqu’il est maintenant clair que Téhéran est la source de beaucoup de troubles et de la plupart des armes qui réduisent aussi ces pays au chaos.

Comme les partisans Occidentaux de l’OMPI le soulignent, le seul espoir de paix dans la région c’est que le gouvernement terroriste en Iran soit remplacé par un régime dédié à la démocratie et à la paix; et cela ne peut se faire de manière réaliste que par le CNRI et l’OMPI. Au lieu de travailler avec ceux qui devraient être nos alliés, nous faisons tout ce que nous pouvons pour les supprimer, sur l’ordre de ces voyous fanatiques dont les armes sont quotidiennement utilisées pour tuer nos propres troupes. Dans tout le "legs" de M. Blair, il est difficile de penser à une politique plus bizarre ou plus honteuse.

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