
Les Émirats arabes unis (E.A.U.) ont inscrit neuf individus et entités iraniennes sur leur liste noire pour avoir soutenu le terrorisme et transféré des fonds aux Gardiens de la révolution (pasdaran), quelques jours seulement avant la visite du Secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, à Abu Dhabi la semaine prochaine. Il devrait y rencontrer de hauts responsables émiratis.
Les Émirats arabes unis soutiennent la décision du président américain de se retirer du Plan d’action global conjoint (JCPOA), l’accord nucléaire avec l’Iran. Les Émirats arabes unis soutiennent également l’exigence de Washington selon laquelle Téhéran doit apporter des changements profonds à sa politique étrangère ou subir des sanctions économiques.
Quelques heures après que le Secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a prononcé un discours politique sur l’Iran, le 21 mai, Anwar Gargash, ministre d’État chargé des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, a indiqué sur son compte Twitter officiel : « Unir (nos) efforts est le meilleure moyen pour que l’Iran réalise la futilité de ses incursions et de son expansionnisme. »
Fédération de sept cheikhats de la péninsule arabique alliés aux États-Unis, les Émirats arabes unis accueillent également quelques 5 000 soldats américains. Dubaï est également le port d’escale le plus fréquenté de la marine américaine à l’étranger.
La décision de geler les comptes de neuf personnes et entités iraniennes est conforme à la résolution ministérielle locale n° 24 de 2018, selon l’autorité fédérale de supervision des marchés financiers des Émirats arabes unis (ESCA).
Les noms des neuf entités iraniennes et des individus n’ont pas encore été divulgués, mais on estime qu’il s’agit des mêmes suspects que le Département du Trésor américain a inscrits comme partisans du terrorisme en mai dernier.
Voici les noms des suspects qui ont été divulgués à ce moment-là – Mas’ud Nikbakht, Sa’id Najafpur, Mohammad Hassan Khoda’i, Mohammad Reza Khedmati Valadzghard, Meghdad Amini, Foad Salehi, ainsi que Jahan Aras Kish, Rashed Exchange et Khedmati & Company Joint Partnership.
Dans un communiqué publié le 11 mai, le Département du Trésor a annoncé que les États-Unis et les Émirats arabes unis avaient ébranlé un réseau de change à grande échelle qui transférait des millions de dollars à la force Qods affiliée aux pasdaran iranien. « Aujourd’hui, les États-Unis et les Émirats arabes unis ont pris des mesures conjointes pour ébranler en Iran et aux Émirats arabes unis un vaste réseau de change qui a fourni et transféré des millions de dollars américains en espèce à la force Qods affiliée aux pasdaran iraniens pour financer ses activités malveillantes et ses groupes de mandataires régionaux », a indiqué le communiqué.
Le Secrétaire au Trésor américain, Steven T. Mnuchin, a déclaré : « La Banque centrale iranienne a été complice du plan de la force Qods affiliée aux pasdaran et a activement soutenu les activités de change de ce réseau et lui a permis d’accéder aux fonds qu’elle détenait sur ses comptes bancaires à l’étranger. Ce réseau de change a converti des centaines de millions de dollars. » Il a ajouté : « Le régime des mollahs et sa banque centrale ont abusé de l’accès aux entités des Émirats arabes unis pour acquérir des dollars américains afin de financer les activités malveillantes de la force Qods affiliée aux pasdaran, notamment pour financer et armer ses groupes régionaux de mandataires, en dissimulant l’objectif pour lequel les dollars américains ont été acquis. »
De même, l’entreprise publique Abu Dhabi National Oil Co. a publié un communiqué le 3 juin, déclarant qu’elle a une capacité de production de pétrole de 3,3 millions de barils par jour. Elle a ajouté qu’elle « reste sur la bonne voie pour augmenter sa capacité de production à 3,5 millions de barils par jour d’ici la fin 2018 ».
La compagnie pétrolière a confirmé qu’elle « a la capacité d’augmenter la production de plusieurs centaines de milliers de barils de pétrole par jour, si cela s’avérait nécessaire pour pallier toute pénurie potentielle d’approvisionnement sur le marché ».
Le communiqué a été publié alors que les États-Unis exercent des pressions sur d’autres pays pour qu’ils n’achètent pas de pétrole iranien et ont demandé à d’autres producteurs de l’OPEP, comme l’Arabie saoudite, d’augmenter leur production.
Téhéran a réagi en émettant un avertissement. Dans un discours prononcé lundi devant des expatriés iraniens en Suisse, le président du régime, Hassan Rohani, a menacé de fermer le détroit d’Ormuz, affirmant que « si les exportations de pétrole brut de l’Iran étaient menacées, le reste du Moyen-Orient le serait aussi », selon les informations de l’AP.
La 5e flotte de la marine américaine patrouille à travers la région. Aucune action « dangereuse et non professionnelle » des forces navales iraniennes dans le golfe Persique ne s’est produite depuis août 2017, affirment-ils.

