Des négociations sur certains aspects clés de l’accord sur le programme nucléaire iranien devront se poursuivre, même si l’Iran et les grandes puissances conviennent d’un cadre politique d’ici fin mars, a rapporté l’AFP.Il sera « tout à fait » nécessaire de poursuivre au-delà de cette première date-butoir les négociations sur certains points encore en suspens, alors que les Etats-Unis et l’Iran veulent un règlement politique avant le 31 mars, a cependant estimé un diplomate européen cité par l’agence.
John Kerry a exprimé samedi l’espoir de parvenir « dans les prochains jours » à un accord provisoire sur le programme nucléaire de l’Iran.
Ce règlement politique devrait prendre la forme d’un « point d’étape clé sur les points les plus importants, comme l’étendue de l’enrichissement, par exemple », a expliqué le diplomate. Mais l’accord ne sera vraiment bouclé qu’une fois toutes les divergences sur les aspects techniques aplanies.
« Nous avons fait de vrais progrès, en particulier ces dernières semaines, mais il reste encore des questions très difficiles à résoudre (…) Je ne peux franchement pas dire si un accord sera finalement trouvé (…) Je ne sais toujours pas si les Iraniens peuvent faire les derniers pas », a souligné le diplomate.
Ces discussions à huis clos portent sur le nombre de centrifugeuses laissées à l’Iran et l’utilisation de ses centrales nucléaires, le temps qu’il faudrait à l’Iran pour fabriquer une bombe, un contrôle accru de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur les stocks de combustible nucléaire et les sanctions.
Par ailleurs la Maison Blanche a confirmé que tout accord sur le nucléaire iranien ferait l’objet d’un vote de soutien au Conseil de sécurité des Nations unies.
L’administration de Barack Obama est engagée dans un bras de fer avec le Congrès, dominé par les républicains, pour dissuader les parlementaires de voter une loi, dite Corker-Menendez, qui forcerait Barack Obama à soumettre au Congrès tout accord sur l’Iran. Pendant 60 jours, le Congrès aurait le pouvoir de voter pour empêcher son entrée en vigueur.
« Sur cette question où le Congrès a joué un rôle aussi vital, j’estime important que le Congrès donne son avis de façon appropriée avant que tout accord final entre en vigueur », a déclaré Bob Corker.
Les républicains tentent de rassembler une majorité de deux tiers dans chaque chambre du Congrès pour adopter la mesure, afin de résister au veto promis de Barack Obama.
« Apparemment, l’administration est sur le point de conclure un très mauvais accord avec l’un des pires régimes du monde, et qui leur permettrait de garder leur infrastructure nucléaire », a répété dimanche le sénateur Mitch McConnell, chef des républicains du Sénat.
En cas d’échec des négociations internationales, le sénateur McConnell a en outre confirmé que le Sénat tenterait d’adopter de nouvelles sanctions contre l’Iran, un texte nommé Kirk-Menendez, du nom de ses auteurs.
Par ailleurs, le régime iranien a inauguré samedi sa production de masse de missiles de croisière antinavires de longue portée.
Le ministre de la Défense, Hossein Dehqan, cité par l’agence de presse Fars, a évoqué la production d’un nouveau missile iranien sol-sol, le Soumar. « Le système de missile de croisière longue portée sol-sol Soumar a été conçu et construit par des experts de l’industrie aérospatiale du ministère de la Défense », a-t-il déclaré. Le Soumar ressemble dans sa conception au missile soviétique KH-55, capable de transporter une charge conventionnelle ou nucléaire.

