lundi, janvier 30, 2023
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Démenti sur un retour possible de dissidents iraniens (un proche de Khamenei)

CNRI – Le ministre du Renseignement du gouvernement de Rohani n’aurait pas dû se prononcer sur un éventuel retour des dissidents iraniens de l’étranger. C’est ce que vient d’affirmer le mollah Mehdi Taeb, l’une des personnalités les plus influentes en matière de sécurité du pays.

« Si le crime de quelqu’un est prouvé, son châtiment ne dépend pas du pouvoir exécutif, c’est pourquoi les propos du ministre du Renseignement n’ont aucun effet exécutif », a déclaré Taeb qui est le commandant de la « base Ammar » et qui dirige à ce titre la milice des « agents en civil ». Cette milice est réputée comme l’une des plus cruelles du régime et son chef est un proche du guide suprême Ali Khameneï.

Taeb réagissait auprès de l’agence Fars aux propos de Mahmoud Alavi, nouveau ministre du Renseignements en Iran (le Vevak) qui avait déclaré le 21 août que : « nous allons apaiser les craintes des personnes qui en 2009 n’ont commis aucun délit ». Il répondait à une question sur les dissidents ayant quitté le pays après la répression de l’insurrection en 2009.

Critiquant cet excès de zèle du nouveau ministre qui oublie que c’est le Guide suprême qui tranche en Iran des décisions les plus sensibles, Taeb a remis le ministre à sa place en ajoutant : « inviter des gens non identifiés qui n’ont pas commis de crime à revenir au pays est futile », avant de renchérir : « les ministres et particulièrement le ministre du Renseignement devraient éviter de rentrer dans des sujets où ils ne sont pas compétents ».

La violence des propos de Taeb traduit le climat tendu au sein du pouvoir. Le chef du Vevak voulait très certainement rassurer une frange de responsables du régime qui ont été écartés du pouvoir en 2009 et non pas les véritables opposants de longue date, ni les dissidents qui avaient pris part activement aux manifestations de 2009, puisque le pouvoir judiciaire avait qualifié de « mohareb » (ennemi de Dieu) tous les manifestants, donc passibles des pires châtiments.

Les propos du ministre ont également été attaqués par le site Serat-News lié à Hossein Chariatmadari, responsable du journal Keyhan et autre proche du Guide suprême. « S’il n’y avait rien dans le dossier de ceux qui ont fui le pays, soyez certains que la sédition de 2009 n’aurait jamais vu le jour », s’est-il étranglé. Le journal Keyhan dit le dernier mot dans son éditorial écrit sous la plume de Saadollah Zareï : « l’appareil judiciaire a insisté sur la nécessité d’agir sur les personnes dont l’arrestation est probable.  Etant donné qu’il ne s’agit pas de délits individuels mais qui concernent le domaine national, cela prend un aspect sécuritaire et aucun régime ne peut être clément à l’égard de ce genre de crimes. »

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