lundi, novembre 28, 2022

De l’interventionisme de l’Iran

Par Hussein Shobokshi
 
Asharq Alawsat, (quotidien arabe) à 16 janvier – L’ampleur de l’intervention iranienne dans les affaires internes de l’Irak n’est plus un secret et il est de notoriété publique que les bureaux diplomatiques iraniens actuellement en Irak sont affiliés aux Gardiens de la Révolution d’Iran, corps militaire de la révolution iranienne. Comme si l’Irak n’avait pas suffisamment de difficultés entre les mains de l’occupation américaine et la naïveté du gouvernement irakien, il souffre également de l’interférence sectaire et politisée de l’Iran dans le pays qui vient ajouter à ses blessures bains de sang et agonie.

Cette ingérence se manifeste sous diverses formes, de la présence de certaines personnes à des positions élevées, à l’adoption de politiques fondamentales et influentes. Par le passé, un certain nombre de personnalités, considérées comme des membres du parti irakien Dawa, ont bénéficié du soutien et de la protection des autorités iraniennes sous le règne de Saddam Hussein. Parmi les plus éminentes de ces personnes, on peut citer Abdul Aziz al Hakim, Nuri al Maliki et Ibrahim al Jaafari.

Néanmoins, les surprises iraniennes en Irak continuent les unes après les autres. Récemment, Sadeq al Musawi, haut responsable des medias au gouvernement irakien, a reconnu que son vrai nom était Tariq Hisham Matar et qu’il avait demandé la nationalité irakienne en 2004. Par ailleurs, si l’on en croit certaines rumeurs, il y aurait un autre dirigeant politique actuellement au gouvernement irakien, dont le nom réel est Karim Shahburi ; de plus, un des hauts responsables présents à l’exécution de Saddam Hussein se nommait Ali Yazdi.

La politique d’intervention en Irak en particulier, mais aussi dans plusieurs autres pays de la région en général, profite du statut actuel de l’Iran obtenu grâce aux revenus croissants du pétrole. Cependant, son prix est en baisse constante et le désastre économique imminent ne se limite pas à ce seul facteur. Un certain nombre d’éléments essentiels et importants vont jouer un rôle central dans le futur économique de l’Iran. Le plus important de ces éléments est la diminution brusque des taux de production de pétrole, la majorité de la production provenant de puits de pétrole en service depuis plus de cinquante ans. Les principaux puits verront leur exploitation réduite de 13% par an ; par ailleurs, l’Iran n’a su développer son infrastructure dans le secteur pétrolier et ce qui a été investi dans le pays est insignifiant en comparaison de ce qui est nécessaire. C’est ainsi que la pression augmente sur les dirigeants politiques iraniens ainsi que sur ceux qui exportent leur idéologie et qui ressentent le besoin de renforcer leur présence dans des régions d’influence.

Les nouvelles opportunités économiques, qui permettent à l’Iran de jouir de plus d’influence et d’asseoir son autorité face à ses alliés, sont devenues limitées et dépendantes du prix du pétrole. L’Iran a un projet dans la région. Son principal plan est de transformer le Moyen Orient en un endroit où son projet idéologique et culturel puisse se développer, que ce soit avec un gouvernement irakien complètement soumis à l’Iran, sa principale référence religieuse, ou avec des organisations actives dans d’autres parties du monde qui jouent le rôle de « partenaires dissidents » afin de renforcer l’influence de Téhéran dans leur zone.

Les images et les informations qui nous arrivent les unes après les autres viennent souligner la magnitude des ambitions iraniennes dans la région, l’ampleur du soutien à la résistance et l’avancée du programme nucléaire. Cependant, les signes distincts que l’on ne peut ignorer sont les séditions
en Palestine et au Liban, le sectarisme en Irak, l’ingérence au Bahreïn et au Soudan et l’occupation aux Emirats Arabes Unis.

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