mercredi, février 8, 2023
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Conseil de l’AIEA: les Occidentaux pour davantage de sanctions contre l’Iran

Agence France Presse – Les Etats-Unis et l’Union européenne ont proposé de nouvelles sanctions contre l’Iran pour son programme nucléaire, mercredi à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à Vienne.

Mohamed ElBaradei, directeur de l’AIEA, a présenté dans l’après-midi aux 35 Etats membres du Conseil des gouverneurs, son rapport du mois dernier établissant que l’Iran continue à développer sa filière d’enrichissement d’uranium, en dépit de deux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sanctionnant ces activités.

Ce refus pourrait ouvrir la voie à une troisième série de sanctions internationales contre la République islamique.

Au nom de l’UE, l’ambassadeur d’Allemagne Peter Gottwald, a déclaré que cette attitude de défi et le refus de coopérer pleinement avec les inspecteurs de l’AIEA entraîneraient "de nouvelles mesures appropriées" au Conseil de sécurité, avec le soutien des 27 Européens.

"La porte des négociations reste cependant ouverte" si l’Iran écoute les demandes de l’ONU, a-t-il ajouté.

Or, a appris l’AFP, l’Iran a accéléré ses efforts dans l’enrichissement. Il exploitait plus de 1.300 centrifugeuses à la mi-mai dans son centre de Natanz, selon le rapport de Mohamed ElBaradei.

Un chiffre, qui pourrait s’élever à 3.000 fin juin ou fin juillet, selon un haut diplomate proche de l’AIEA, et jusqu’à 8.000 d’ici à fin décembre, selon des propos de M. ElBaradei à des décideurs politiques, rapportés par un autre diplomate à Vienne.

L’ambassadeur des Etats-Unis Greg Schulte, dans la même veine, a aussi dénoncé la suspension par les Iraniens d’un accord "pour avertir à l’avance de toute décision de construction de nouvelles installations nucléaires" et pour leur refus d’inspections du réacteur à eau lourde d’Arak qui produira du plutonium.

"Il s’agit "d’une violation apparente de l’accord de garanties" de l’Iran avec l’AIEA sur la non-prolifération, a-t-il dit.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a balayé par avance les menaces, en affirmant à Téhéran que de nouvelles sanctions ne valaient "pas un centime" et n’auraient aucun effet dissuasif.

Son ambassadeur à Vienne Ali Ashgar Soltanieh a lui estimé que l’Agence de sûreté nucléaire des Nations unies "n’avait pas mandat de jouer le rôle de chien de garde de l’ONU comme on le prétend à tort ces derniers temps".

Le rôle de l’AIEA est plutôt "de promouvoir l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire dans le monde entier", selon lui.

M. Soltanieh a notamment rejeté le travail d’un comité spécial de l’AIEA, créé il y a deux ans, à l’instigation de Washington, pour améliorer les garanties de non-prolifération et la vérification.

Ce comité n’a donné aucun résultat faute d’accord interne, a estimé un diplomate.

M. Schulte a pour sa part déclaré à l’AFP que l’Iran, en violation de ses obligations, n’avait "manifestement aucune intention d’améliorer" le fonctionnement de cette instance.

Une installation de 3.000 centrifugeuses, fonctionnant dans des conditions optimales, permet d’obtenir le cas échéant suffisamment d’uranium hautement enrichi pour une bombe nucléaire dans un délai maximal d’un an.

Mais des experts ont mis en doute la capacité de l’Iran à faire tourner à ce stade ses centrifugeuses avec une telle efficacité.

Lundi à l’ouverture de la réunion, M. ElBaradei avait souhaité que l’on "désamorce la confrontation" et l’impasse avec l’Iran sur ses ambitions nucléaires.

La communauté internationale met en doute le caractère pacifique du programme de Téhéran et soupçonne qu’il est destiné à produire à terme des armes nucléaires.