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Confronter l’Iran en libérant son opposition

Par Patrick Kennedy
The Providence Journal – 19 février 2012 – Tandis que la crise entre l’Occident et l’Iran s’intensifie, une chose semble claire : Les États-Unis et leurs alliés sont à court de forces d’appui pour changer le comportement du régime. Plus de vingt ans de sanctions n’ont rien fait d’autre que contrecarrer la course du régime vers l’arme nucléaire.

La dernière série – un boycott de l’Union Européenne du pétrole brut de l’Iran – ressemble à une répétition d’un cycle familier dans lequel le régime, sous pression économique, promet de « parler » avec les observateurs nucléaires tandis que sa campagne d’armement nucléaire continue avec la même violence. Les menaces d’une confrontation violente ont essentiellement servi à laisser le régime attiser le nationalisme ainsi que le sentiment anti-américain et anti-israélien, conduisant même les Iraniens modérés à se serrer les coudes.
Étonnamment, les États-Unis laissent en réserve peut-être son instrument de persuasion le plus puissant : libérer l’opposition.
Durant l’administration Clinton, les États-Unis ont désigné le principal mouvement d’opposition de l’Iran, les Moudjahidine du Peuple (OMPI), comme organisation terroriste, un geste exigé par Téhéran comme condition à des pourparlers qui ne se sont jamais concrétisés. L’OMPI, qui constitue une importante source d’informations sur le programme nucléaire de l’Iran ainsi que son ingérence terroriste en Irak et ailleurs, s’est désarmée par la suite et a travaillé avec les forces américaines dans les efforts pour apporter la stabilité dans la province de Diyala en Irak.
Qui plus est, le Royaume Uni ainsi que l’Union Européenne ont retiré l’OMPI de leur liste, et en mai 2011, un juge d’instruction français a abandonné toutes les charges de terrorisme et de financement du terrorisme contre l’OMPI en France. Cela a même été plus loin, puisqu’il a dit que les opérations militaires de l’OMPI à l’intérieur de l’Iran avant que le groupe ne cesse unilatéralement ses activités armées, en 2001, ne relevaient pas du terrorisme, mais de la résistance légitime contre la tyrannie.
Pourtant, les 3400 membres de l’OMPI barricadés dans une enclave précaire irakienne connue comme Achraf languissent sur la liste « terroriste ». La désignation laisse le gouvernement irakien allié de l’Iran réprimer férocement ces opposants, en tuant des douzaines et en blessant des centaines dans des raids meurtriers délibérés en juillet 2009 et avril 2011.
Le régime craint à juste titre l’OMPI : Ces opposants sont laïcs, tandis que le régime est une théocratie radicale ; les opposants sont instruits et organisés ; l’OMPI imagine un Iran non-nucléaire, tandis que le régime est farouchement déterminé à acquérir l’armement nucléaire ; l’OMPI est dévouée à l’établissement des institutions démocratiques tandis que Téhéran s’oppose violemment à la liberté. Et l’OMPI embrasse et pratique l’égalité des sexes, tandis que les mollahs sont misogynes aussi bien dans la loi que dans la pratique.
Il est donc difficile de comprendre pourquoi l’administration Obama n’a pas encore libérer et légitimer le groupe. Une cour fédérale d’appel a déjà jugé que la Secrétaire d’État Hillary Clinton s’était fourvoyée en ne retirant pas le groupe de la liste en 2009 et a ordonné un réexamen. Quelques 18 mois plus tard, la décision est à portée de vue.
Des dizaines d’anciens hauts responsables bipartites de la sécurité nationale américains, dont d’anciens directeurs de la CIA et du FBI, tout comme un nombre significatif de membres du Congrès, disent que la désignation est injustifiée et contre-productive.
Lever la désignation permettrait d’atteindre plusieurs objectifs immédiats :
• Cela enverrait le signal le plus fort jusqu’à ce jour au régime ainsi qu’au peuple iranien qu’une tempête démocratique se prépare. Pour le régime, cela constituerait une riposte directe à l’intransigeance sur la question nucléaire. Pour le peuple, cela serait potentiellement un catalyseur pour son propre « printemps iranien ».
• Cela permettrait à l’OMPI de quitter son bastion irakien assiégé et de s’organiser en sûreté à travers le monde.
• Cela débloquerait les énormes ressources de l’OMPI pour accroître ses efforts en tant que voix organisée crédible contre le régime iranien.
Les responsables irakiens ont justifié leur violence contre le groupe en mentionnant la désignation terroriste. Cela aiderait à mettre à plat l’argument « nous contre eux » dont le régime use pour justifier la quête continue d’armement nucléaire.
Le gouvernement irakien a attribué le camp Liberty de camp de transit pour les résidents du camp d’Achraf afin qu’ils puissent être transférés dans des pays tiers. L’Amérique doit s’assurer que durant le transfert, personne n’est arrêtée par les Irakiens pour être remise à l’Iran, ni emprisonnée sur ordre de Téhéran ; que Liberty n’est pas transformé en prison ; et que l’accès libre des avocats, des familles ainsi que des parlementaires est autorisé par les Irakiens.
Les États-Unis devraient s’occuper du classement injuste de l’OMPI comme organisation terroriste sans autre délai. Non seulement c’est ce qui convient politiquement, c’est ce qui convient moralement parce que la désignation n’est pas légalement valable et a mené au massacre de personnes qui partagent les valeurs américaines et sont prêtes à combattre la plus dangereuse menace dans le monde.
Patrick J. Kennedy a été congressman démocrate du Rhode Island pendant huit ans.

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