mardi, novembre 29, 2022
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Colloque : pour un changement démocratique en Iran

Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iraniennePar Albert Odouard 

L'Ami Hebdo,11 juin – L'Association parlementaire européenne(APE) de Strasbourg a accueilli un colloque sur les relations de l'Union européenne avec l'Iran sous la présidence d'Adrien Zeller, président du Conseil régional d'Alsace et d'Alejo Vidal Quadras, vice-président du Parlement européen.

 

« Le régime iranien est un régime archaïque et dangereux. L'Union européenne et les pays occidentaux n'ont pas trouvé les voies et moyens pour aider l'Iran à renouer avec la démocratie » a déclaré en préambule Adrien Zeller. « La politique de complaisance envers le gouvernement iranien poursuivie par l'Union européenne est contre-productive alors que le pays s'enfonce dans la nuit : la liberté de rassemblement et d'expression n'est pas assurée, l'évolution vers l'économie de marché n'est pas en marche, l'égalité des sexes demeure un voeu pieu et l'abolition de la peine de mort n'est pas du tout à l'ordre du jour » a relevé Alejo Vidal Quadras, vice-président du Parlement européen.

Struan Stevenson, vice-président du groupe du PPE(conservateurs) au Parlement européen a souligné « les succès de plusieurs juridictions notamment britanniques et luxembourgeoises demandant le retrait de l'Organisation des Moudjahidine du peuple iranien(OMPI) de la liste des organisations terroristes dressée à la fois par le Conseil de sécurité des Nations unies et le Conseil de l'Union européenne ». Par ailleurs, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a invité tant le Conseil de Sécurité des Nations unies que le Conseil de l'Union européenne a respecter les règles du droit dans l'établissement des listes noires de personnes ou d'organisations soupçonnées d'activités terroristes. « Les régles de fond et de procédure actuellement appliquées par le Conseil de Sécurité des Nations unies et le Conseil de l'Union européenne bafouent les principes fondamentaux qui sont à la base des Droits de l'Homme et de la prééminence du Droit » dit une résolution adoptée à Strasbourg, le 23 janvier dernier, par 101 voix pour, trois contre et quatre abstentions. Dans son rapport, Dick Marty, de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, expose plusieurs cas de personnes inscrites sur ces listes bien que des tribunaux nationaux aient rendu des jugements les exonérant de liens avec des activités terroristes et dénonce l'impossibilité pour ceux qui sont mis en cause de se faire entendre. Il cite le cas de l'OMPI, le principal mouvement de résistance iranien, qui reste inscrite sur la liste noire de l'Union européenne en dépit d'une décision prononcée en sa faveur par le tribunal de première instance des Communautés européennes. Maryam Radjavi, présidente du Conseil national de la Résistance iranienne (lire également notre interview dans le numéro daté du 8 juin) dont fait partie l'OMPI, s'est réjouie de l'adoption de cette résolution : « Le Conseil de l'Union européenne n'est plus seulement en désaccord avec la loi. Il défie également la volonté des représentants de millions d'Européens ».

Alain Vivien, ancien secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères de la France et co-fondateur du Comité français pour un Iran démocratique, a relevé la dégradation de la situation dans cette région du monde : « La déplorable actualité qui prévaut en Irak ou la guerre civile poind, avec son triste cortège d'attentats, la déstabilisation du Liban, la tentative de déséquilibre du Pakistan, avec à chaque fois la main de l'Iran du président  Ahmadinejad, sont préoccupantes ». Paulo Casaca, député européen PSE(socialistes) et co-président de l'intergroupe des Amis d'un Iran libre au Parlement européen, s'est élevé contre « le projet théocratique du pouvoir iranien » ainsi que contre « son  terrorisme religieux suicidaire » qui visent à instaurer « la révolution islamiste dans toute l'humanité »(dixit Ahmadinejad) qui non seulement enclin à vouloir détruire Israël veut aussi exporter « sa » révolution islamique sur toute la surface du globe. 

Jean-Philippe Maurer, député UMP du Bas-Rhin et conseiller général du Bas-Rhin, et membre du Comité français pour un Iran démocratique, a regretté que « la politique de complaisance conduite depuis des années avec l'Iran despotique et tyrannique a conduit à un glacis autour de ce pays et à une fausse paix à l'intérieur ». Reconnaissant « la légitimité du Conseil national de la Résistance iranienne » il a estimé que le Comité français pour un Iran démocratique « devait tout mettre en oeuvre pour faire contrepoids au régime des mollahs », entre autres en faisant en sorte de déboucher sur « la capacité de dénoncer ce qui s'y passe », de choisir « la voix de la paix, une voix qui doit prévaloir » et « de retirer l'OMPI de la liste des organisations terroristes des Nations unies et de l'Union européenne ».
 
Quant à Maryam Radjavi, elle compte beaucoup sur la présidence française de l'Union européenne à partir du 1er juillet prochain. D'abord, « le Gouvernement français a un rôle éminent à jouer » ensuite, elle a volontiers reconnu que « la position du président de la République française allait dans le bon sens » tout en regrettant qu'il n'ait sans doute pas assez fait preuve « de fermeté dans l'application effective de sa condamnation du régime iranien », enfin, elle s'est félicité de la volonté française « d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire ».

 

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