lundi, décembre 5, 2022
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Clinton a eu la bonne attitude en retirant l’OMPI de la liste des organisations terroristes étrangères.

Par l’ancien envoyé spécial américain Lincoln P. Bloomfield, Jr.

The Hill, 22 octobre – La secrétaire d’État Clinton a retiré les Moudjahidines du peuple (OMPI) de la liste américaine des organisations terroristes étrangères (FTO), quinze ans après que la secrétaire d’Etat, Madeleine Albright, ait, en premier, inscrit le groupe sur la liste. Des responsables de l’administration ont expliqué que ce n’est pas un signal de soutien politique à l’OMPI contre le régime de Téhéran, mais uniquement une reconnaissance que rien ne justifie dans les faits ou juridiquement le maintien le groupe sur la liste.

 

Cette décision exigeait un courage politique, car il était certain qu’elle allait déplaire au régime intégriste iranien avec lequel on recherche une fin négociée à l’impasse nucléaire et bien avant les élections américaines. Si elle n’avait pas pris cette mesure, la Cour d’appel du District de Columbia aurait retiré l’OMPI de la liste terroriste le 1er octobre. L’initiative de Mme Clinton d’agir en premier et de retirer l’OMPI de la liste était juste pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, avec sa récente inscription du réseau Haqqani sur la liste des organisations terroristes étrangères (FTO), la radiation de l’OMPI renforce la crédibilité de la politique anti-terroriste américaine. Tandis que le choix d’inscrire ou non un groupe étranger sur la liste reflète un calcul d’intérêt national, les activités du réseau Haqqani et de l’OMPI figurent maintenant dans des dossiers du renseignement reflétant respectivement l’existence ou l’absence d’un terrorisme international menaçant les intérêts américains.

Deuxièmement, plus de 3.000 membres et sympathisants de l’OMPI ayant été déplacés hors d’une ville en Irak, appelée camp d’Achraf, où ils ont vécu les 25 dernières années, sont toujours en Irak et doivent trouver d’autres pays les acceptant comme réfugiés. Sachant que la mise en œuvre de la loi américaine et des agences de contre-espionnage ne seront plus chargées de surveiller les déplacements, les communications et les transactions de ces personnes comme des terroristes, cela devraient rendre plus facile à de nombreux gouvernements – y compris éventuellement le nôtre – d’accepter une partie des réfugiés de l’Ompi.

Troisièmement, si l’Administration avait laissé la Cour d’appel fédérale radier l’OMPI, les critiques auraient affirmé que la radiation était fondée sur une étroite interprétation juridique de la loi souveraine de 2004 et que le groupe méritait d’être inscrit sur la liste FTO pour des motifs politiques. L’action de Mme Clinton a confirmé que le gouvernement manquait de preuves pour justifier une réinscription de l’OMPI. Le Congrès ferait bien de réviser la loi de 2004 et d’envisager de rétablir le pouvoir discrétionnaire de l’exécutif, avec la condition que toutes les désignations FTO expirent après une période d’examen raisonnable empêchant une réinscription sur la liste par le Secrétaire d’État.

Retirer l’OMPI de la liste terroriste ne débarrassera pas l’Administration des charges supplémentaires. Le premier ministre irakien Nouri Al-Maliki a clairement fait savoir que cette population n’est pas la bienvenue en Irak, mais elle est toujours dans une base à Bagdad anciennement appelée camp Liberty. Tandis que M. Maliki s’est déjà référé à la désignation terroriste des États-Unis pour justifier pourquoi l’Irak traite l’OMPI comme des terroristes, il a dès à présent déclaré que la radiation de la liste américaine n’aura aucun effet sur la position de l’Irak.

L’Irak a lancé des accusations contre près de 200 «leaders» de l’OMPI au camp Liberty, mais ces derniers se voient refuser l’accès à des avocats ou à n’importe quelle procédure légale, selon Tahar Boumedra. Il a été le responsable de l’ONU en charge du processus de transfert du camp d’Achraf au camp Liberty jusqu’à sa démission au début de cette année pour protester contre la dissimulation faites par la mission de l’ONU des violations irakiennes des droits de l’homme et des normes humanitaires dont ont été victimes ces personnes. L’ONU ne peut accorder le statut de réfugié à une personne devant faire face à des accusations criminelles.

M. Boumedra a récemment témoigné au Congrès que les mauvais traitements infligés à la population de l’OMPI par l’Irak reflètent une politique déclarée visant à leur rendre la vie « insupportable ». Le bureau du premier ministre Al-Maliki, dit-il, agit en étroite coordination avec le gouvernement iranien, dont l’ambassade à Bagdad a hébergé plusieurs réunions avec des responsables irakiens et la mission de l’ONU cette année pour planifier les mouvements des groupes de l’OMPI hors du camp d’Achraf. L’Iran ne partage évidemment pas l’objectif des Etats-Unis concernant la réinstallation des 3000 opposants au régime dans des pays tiers, en toute sécurité.

Cette population se trouve maintenant installée dans un camp de 0,6 kilomètre carré entouré de hauts murs de béton et de sept points de contrôle d’accès. Les forces de sécurité au Camp Liberty sont commandées par un officier irakien, le colonel Sadiq Mohammed Kazem, qui a dirigé l’unité de l’armée irakienne ayant massacré les habitants sans défense de l’OMPI au camp d’Achraf en avril 2011 – une attaque qui, avec celle de juillet 2009 perpétrée par les forces irakiennes, a causé 49 morts et plusieurs centaines de blessés.
En grand violateur des droits de l’homme, le colonel Sadiq serait interdit à jamais, en vertu de la loi américaine, de recevoir une formation militaire américaine.

Savoir pourquoi les Etats-Unis ont favorisé un plan qui a placé la population exilée sous la «protection» de cet officier, est une question devant laquelle Mme Clinton devrait souhaiter ne jamais être placée. L’ancien fonctionnaire de l’ONU, M. Boumedra, a souligné que l’obligation par les Etats-Unis de protéger ces personnes – concrétisée par des accords individuels signés par les forces américaines en 2003 après les avoir désarmés et mené une enquête sur chacun d’eux – reste en vigueur conformément à la quatrième Convention de Genève parce que l’Irak n’a pas respecté son engagement de les protéger, obtenu en échange du départ des commandants américains.

Mme Clinton a une affaire urgente à achever, afin de s’assurer que l’Iran, avec l’aide du cabinet du premier ministre irakien, ne parvienne pas à passer outre la politique américaine, les décisions de l’ONU et une promesse américaine de protéger les membres de l’OMPI encore en Irak. Elle devrait s’appuyer sur des gouvernements amis afin d’accepter ces exilés et, quelles que puissent être les opinions américaines sur l’OMPI, faire en sorte que son avenir soit déterminé selon les modalités de Washington, et non celles de Téhéran.

L’auteur, un ancien envoyé spécial américain, a été secrétaire d’État adjoint aux affaires politiques militaires de 2001 à 2005.

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