mercredi, novembre 30, 2022
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Cette lueur d’espoir doit être sauvegardée pour tous ceux qui veulent la justice

AchrafPar David Alton, parlementaire britannique

The Universe, 14 février – Aujourd'hui, des millions d'Iraniens vivant en exil à travers le monde attendent et œuvre à un moment où ils pourront retourner en sécurité chez eux. Le pays est à l'aube d'une nouvelle révolution depuis des mois – tandis que l'opposition au régime est impitoyablement écrasée.

Bon nombre de ces exilés vivant à l'étranger qui aspirent à revenir dans un nouvel Iran étaient des étudiants et des intellectuels qui, individuellement et en petits groupes s’étaient opposés au régime oppressif du chah et ont cherché à instaurer la liberté et la démocratie en Iran. Au lieu de cela, après le départ du chah en 1979, ils ont vu leur pays tomber sous l'emprise d'un régime encore plus répressif et dangereux. Plus de 120.000 ont été exécutés au cours des 30 dernières années depuis l’arrivée de ce régime au pouvoir et bien davantage ont été et sont toujours emprisonnés et torturés sur une base quotidienne. Les divers groupes d'opposition, dont le plus important est les Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI), ont formé le Conseil national de la Résistance en Iran (CNRI) et élu une présidente, Mme Maryam Radjavi, une dirigeante charismatique qui vit et travaillent sans relâche depuis la France pour un Iran libre et démocratique. C’est une des grandes femmes de ce monde. Toute personne l’ayant rencontré sait qu'elle peut offrir aux Iraniens l'espérance qui manque tant dans leur pays arriéré.
 
Certains des exilés se sont installés en Irak dans une ville appelée Achraf, à 90 km au nord-est de Bagdad, qui abrite aujourd'hui environ 3500 personnes. Ici, Kurdes, chrétiens, musulmans chiites et sunnites iraniens vivent ensemble, démontrant les possibilités harmonieuses et productives de la démocratie laïque et de l'égalité entre les sexes. 
 
Les résidents d'Achraf se sont bien intégrés au peuple irakien et fournissent un soutien éducatif et médical à de nombreuses communautés voisines. Plus important encore cette petite ville agit comme un point focal et une lueur d'espoir pour les Iraniens en exil et tous ceux qui sont en Iran victimes des brutalités et privations quotidiennes que leur imposent le régime.
 
Inévitablement, Achraf est également devenue le thème principal de la colère et de la haine alimentée par le régime iranien qui a fait tout ce qui est en son pouvoir pour détruire son influence en salissant le nom du mouvement de résistance et en lançant des attaques sur la ville.
 
En janvier 2009, le gouvernement américain a transmis la protection d'Achraf au gouvernement irakien, après avoir reçu l'assurance que les droits humains des habitants seraient respectés. Cependant, ils savaient aussi que le gouvernement irakien avait, quelques mois plus tôt, signé un accord avec les Iraniens pour fermer Achraf et renvoyer ses habitants en Iran, où ils seraient presque certainement tués.
 
Partir du moment où ils ont pris le contrôle du camp, les Irakiens ont traités Achraf plus comme un camp de prisonniers qu’un camp de résidence, en refusant l'accès aux amis, aux proches et aux journalistes et en limitant les livraisons de vivres et de médicaments. 
 
De nombreuses requêtes ont été faites au gouvernement des États-Unis par les organisations humanitaires, les parlementaires et les juristes du monde entier, pour demander au gouvernement d'Obama à s'acquitter de ses obligations envers la population d'Achraf comme des personnes protégées. Toutefois, les États-Unis ont fait valoir que les Irakiens connaissaient leurs responsabilités à l'égard d'Achraf et que les États-Unis ne pouvaient s'immiscer dans les affaires d'un Etat "souverain". La pression exercée sur le peuple d'Achraf s’est intensifiée.
 
En juin 2009, la jeunesse iranienne est descendue protester par milliers dans les rues de Téhéran, d’Ispahan et d'autres villes d'Iran, appelant à mettre fin au régime. Les protestations se sont heurtées à la force brutale des gardes iraniens, qui ont battu les manifestants et les ont jetés en prison, où beaucoup d'entre eux ont été torturés et même exécutés.
 
Avec les protestations qui continuent en Iran, le régime iranien a décidé d’agir contre Achraf grâce à son influence sur le gouvernement irakien. Le 28 juillet, 2500 forces gouvernementales irakiennes ont attaqué sauvagement la population désarmée et sans défense d'Achraf, tuant 11 personnes et en blessant 500 avec des fusils, des chaînes, des matraques cloutées et en les écrasant avec leurs véhicules. Les Irakiens ont enlevé 36 résidents et occupé la ville.
 
Les gouvernements américain et britannique sont resté silencieux, attentifs à leurs pourparlers avec le régime iranien sur son programme nucléaire et les discussions sur la situation en Afghanistan. Plusieurs juristes et parlementaires, y compris les membres du Parlement irakien, ont apporté leur soutien aux résidents d'Achraf.
 
Au bout de 72 jours, les 36 otages sont retournés à Achraf, certains à deux doigts de la mort. La lutte pour la liberté et la démocratie continue tout comme les menaces qui planent sur Achraf et le peuple iranien.
 
Le gouvernement américain maintient sa position de n’assumer aucune responsabilité pour ces gens et le gouvernement britannique réaffirme son incapacité à intervenir auprès de l'État souverain d'Irak. Toutefois, le degré d'influence iranienne sur le gouvernement irakien se moque de leur démocratie, pour laquelle nos braves soldats se sont battus et sont morts.
 
Le régime iranien a alors fixé une date limite du 15 décembre 2009, avec le gouvernement irakien pour les déplacements d'Achraf. Ce jour-là, un certain nombre de journalistes étranger ont réussi à entrer à Achraf et exigé d’en voir les résidents. Leur présence a montré que le monde est attentif et a presque certainement permis d'éviter leur dispersion programmée.
 
Et donc, nous attendons la prochaine tentative du régime iranien et du gouvernement irakien. Le nombre de personnes qui manifestent en Iran est toujours croissant, malgré la dernière loi adoptée par le régime disant que toute critique est passible d'une exécution sommaire.
 
Beaucoup ont été torturé et tué au cours des siècles au nom du Christ et ont été envoyés à la mort avec le sourire aux lèvres et la joie dans le cœur parce que leur foi en Dieu transcendait le pouvoir du Mal. Ce même esprit de sacrifice existe dans l’extraordinaire communauté iranienne dont la souffrance et la douleur seront certainement récompensées par un changement fondamental.
 
Achraf doit être conservée saine et sauve comme un phare d'espoir, non seulement pour les Iraniens, mais pour quiconque dans le monde se soucie de paix, de justice, de liberté et de véritable démocratie. C'est pourquoi le gouvernement britannique et l'administration américaine doivent faire pression de toute urgence sur l'Irak pour mettre fin au siège.

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