vendredi, décembre 9, 2022
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Bush peut laisser un héritage iranien

 Par Lord Corbett of Castle Vale

UPI opinion extérieure

UPI, Londres, 26 novembre – Imaginez cela : Nous sommes en 2011. Le président Barack Obama a réussi à stabiliser le chaos des logements et des marchés financiers, mais un adversaire équipé d'armes nucléaires exige de l'armée américaine qu’elle retire ses deux dernières brigades de combat d'Irak ou elles seront réduites à néant par une armée fantôme d'insurgés.

L’aile armée de l'élite extraterritoriale du grand ennemi menace la 5e flotte de la marine américaine à Manama et fait sauter des intérêts américains à Riyad, Amman, et dans la Corne de l'Afrique risquant de faire flamber les prix du pétrole et de déclencher une récession mondiale.

La puissance des Etats-Unis au Moyen-Orient a considérablement diminué, et le plus proche allié régional de Washington, Israël, est confronté à une forte augmentation des attaques menées par des islamistes radicaux qui ont déraciné les mouvements modérés de Palestine et du Liban.

La nouvelle superpuissance régionale est l'Iran.

La partie la plus effrayante de ce scénario n'est pas trop difficile à imaginer. Cela pourrait bien être ce qui attend la prochaine administration, bien qu’elle l'ignore, en laissant le régime de Téhéran sans contrôle sur ses activités nucléaires et son ingérence renouvelée en Irak.

Il existe une autre perspective qui nécessite du président George W. Bush de faire le bon appel à la onzième heure concernant le principal ennemi de Téhéran.
 
Bien qu’aucun président ne puisse jamais retirer l'option militaire de la table, ce ne peut pas être la solution à long terme, et davantage de complaisance avec ce régime ne fera qu’alimenter l’hypothèse des mollahs selon laquelle l’arrogance leur apportera de nouvelles concessions.

Ce que les mollahs redoute le plus, ce sont des bouleversements intérieurs organisés et que la résistance iranienne avec à sa tête les Moudjahidine du peuple d'Iran, coordonne ses efforts pour fomenter des troubles sur les campus étudiants et dans les grandes usines.
 
L’OMPI, qui a perdu des dizaines de milliers de ses membres exécutés par le régime, est basée au camp Achraf dans la province de Diyala en Irak et a réussi à rallier les Irakiens de toutes les confessions pour s'opposer à l'intrusion iranienne.
Quelque 3 millions de chiites irakiens ont signé une déclaration parrainée par le groupe en juin appelant à la fermeture de l'ambassade d'Iran à Bagdad. Bien que l’OMPI soit un mouvement chiite, la plupart des partis sunnites en Irak ont conclu des alliances étroites avec le groupe, estimant qu'il est le contrepoids stratégique à l'exportation de l’intégrisme de l'Iran dans la démocratie naissante de leur pays.
 
Mais, comme le Parlement irakien vote cette semaine sur l’accord sur le statut des forces régissant la présence future des troupes américaines dans leur pays, l'Iran a jeté ses vues sur sa principale force d'opposition dans le camp Achraf. En vertu de la pression écrasante de Téhéran, le gouvernement irakien a demandé à l'administration Bush de remettre la protection d’Achraf à ses forces.

Ce serait violer le droit international, puisque les membres de l’OMPI en Irak sont reconnus en tant que «personnes protégées» en vertu de la quatrième Convention de Genève et le droit humanitaire international, et le gouvernement irakien en juin a publié une directive – à nouveau sous la pression iranienne – ordonnant l'expulsion du groupe, en violation de ce statut. 

Bien que le Département d'État américain désigne encore l’OMPI comme un groupe terroriste, le droit international interdit le transfert des «personnes protégées» à une autorité qui cherchent à violer leurs droits. Il est clair qu’à partir du moment où les forces américaines cesseront de protéger Achraf, Téhéran dirigera la force Qods de ses gardiens de la révolution pour mener à bien une série d'attaques terroristes contre l’OMPI. Il va également intensifier la pression sur Bagdad pour expulser le groupe et faire pencher le rapport de force en Irak complètement en faveur de Téhéran.

Le temps presse. George Bush est encore le président des Etats-Unis. Il devrait utiliser tous les pouvoirs qui lui confère sa fonction pour garantir la protection américaine de l’OMPI à Achraf, d'autant plus maintenant que la Cour européenne de justice a statué en Octobre que l’étiquette de terroriste collée au groupe par l'Union européenne est "illégale".

Cela pourrait être la décision qui assure la probabilité d'un Irak éventuellement stable et démocratique et un régime de plus en plus isolé juste à côté, débordés par une opposition sociale. Il faudrait que cela soit l'héritage laissé par le président Bush.
 
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(Lord Corbett of Castle Vale est un ancien chef de file travailliste à la Chambre des Communes (1984-87) et président de la commission des affaires intérieures de la Chambre des Communes 1999-2001). Il est actuellement président de la Commission parlementaire britannique pour la liberté en l'Iran.)

* http://www.upi.com/Emerging_Threats/2008/11/26/Outside_View_Bush_can_get_Iran_legacy/UPI-49301227740233

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