dimanche, novembre 27, 2022
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Bush jure d’attaquer les agents iraniens en Irak

Par David Blair, Correspondant diplomatique
 
The Daily Telegraph, 27 janvier – Le président George W. Bush a intensifié aujourd’hui ses attaques rhétoriques contre l’Iran en autorisant les troupes américaines en Irak à prendre toutes les mesures nécessaires pour combattre les agents déployés par Téhéran.

L’administration Bush avance que l’Iran attise l’insurrection en Irak en fournissant aux milices chiites des armes, des fonds, du matériel de fabrication de bombes et son expertise.
 
Une liste de 31 690 agents iraniens présumés, actifs sur le sol irakien, a été diffusée par un groupe d’opposition en exil.
 
Ce document donne des informations détaillés sur la position de chacun de ces agents présumés, la plupart étant affiliés aux partis chiites d’Irak, ainsi que sur leurs salaires mensuels en rials iraniens.
 
Le renseignement américain juge que Téhéran essaie de plus en plus ardemment de provoquer le chaos chez son voisin à l’ouest.
 
L’administration Bush est particulièrement convaincue que l’Iran fournit aux milices chiites du savoir-faire et des équipements pour fabriquer des engins explosifs improvisés plus puissants, utilisés comme bombes de bord de route contre les convois américains et britanniques.
 
« Le président et son équipe de conseillers à la sécurité nationale n’ont cessé ces derniers mois de recevoir des informations indiquant que les Iraniens fournissent du matériel pour engins explosifs improvisés et/ou de l’entraînement, utilisés pour attaquer les soldats américains », a déclaré Gordon Johndroe, porte-parole du Conseil de la sécurité nationale à Washington.
 
« Par conséquent, lorsque les forces américaines reçoivent des informations recevables, elles ont le feu vert pour prendre toutes les mesures nécessaires pour se protéger, ainsi que la population », a-t-il ajouté.
 
M. Bush a essayé de justifier sa nouvelle politique. « Il est logique que lorsque quelqu’un cherche à nuire à nos troupes ou nous empêche de parvenir à nos objectifs ou encore tue des civils innocents en Irak, nous les arrêtions », a-t-il expliqué.
 
Mais le président a ajouté que les forces américaines ne mèneraient pas d’attaques à l’intérieur même de l’Iran et que l’Amérique était à la recherche d’une solution « diplomatique » à ses « problèmes » avec Téhéran.
 
L’Iran entretient des liens de longue date avec les partis politiques chiites de ses pays voisins, notamment avec le Conseil suprême pour la révolution islamique en Irak (CSRII).
 
Abdul Aziz al-Hakim, chef du parti, et certains de ses plus hauts leaders, ont vécu en exil à Téhéran sous le règne de Saddam Hussein. Dans les années 1980, ils ont fondé une milice anti-Saddam, connue sous le nom de Brigade de Badr, en se servant des armes et du savoir-faire iraniens.
 
Lorsque les forces anglo-américaines ont renversé Saddam en 2003, M. Hakim et le CSRII sont retournés en Irak.
 
Ils sont accusés d’être devenus la tête de pont de l’influence iranienne. Selon le Conseil national de la Résistance iranienne, groupe d’opposition exilé, des milliers de membres du CSRII et de la Brigade de Badr travaillent toujours pour le compte de Téhéran. Ils reçoivent des sommes mensuelles en rials et, en échange, commettent des « attentats terroristes » et créent le « chaos », a affirmé Dowlat Nowrouzi, représentante britannique du conseil de la résistance.
 
Des armes et des hommes traverseraient la frontière par le passage de Chalamchech, qui serait sous le contrôle présumé des Gardiens de la Révolution d’Iran.
 
« Pour eux, ce qui compte, c’est de créer le plus de chaos possible parce qu’ils sont les seuls à pouvoir en tirer profit », a-t-elle déclaré. En enlisant les forces américaines dans un Irak violent et anarchique, Téhéran limite les options militaires de Bush contre son programme nucléaire.
 
Des milliers de centrifugeuses, pouvant être utilisées pour produire de l’uranium à un degré adéquat pour le développement d’armes, devraient être installées le mois prochain dans le principal site nucléaire iranien situé à Natanz.
 
Mohammed ElBaradei, directeur de l’Agence internationale de l’Energie atomique, a déclaré que le seul moyen de résoudre le conflit entre l’Iran et l’Occident était que les deux partis s’accordent un « temps mort ».
 
En vertu de cet accord proposé, l’Iran cesserait d’enrichir de l’uranium et l’Occident lèverait simultanément ses sanctions.
 
Prenant la parole au Forum économique mondial de Davos, M. ElBaradei a ajouté qu’une frappe militaire contre l’Iran serait inefficace puisque l’Iran était à même d’acquérir l’expertise pour développer des armes nucléaires et que « le savoir ne pouvait être bombardé ».

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