samedi, janvier 28, 2023
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Ayad Jamal Aldine : L’Iran, la vérité que le Royaume-Uni ne peut admettre

Ayad Jamal-el-dineLes démentis officiels d’implication dans un rapt ne devraient pas masquer le pouvoir grandissant de Téhéran, estime un homme politique irakien de premier plan

The Independent, 3 janvier – Alors que nous célébrons le retour sain et sauf de l’expert en informatique britannique Peter Moore, libéré deux ans et demi après avoir été pris en otage à Bagdad, ne nous cachons pas que les négociations pour sa libération sont de bon augure pour le développement de la paix au Moyen-Orient.

Malgré les démentis officiels, ce que beaucoup soupçonnaient depuis le début est devenu clair pour tous : M. Moore a été enlevé non pas par des criminels irakiens en quête d’une rançon, mais par des forces politiquement motivées avec un objectif supérieur. Ces forces sont iraniennes : leur programme est de faire de l’Irak un État qui est l’Iran sauf de nom.

Nous devons nous demander à qui profite ce résultat. Tandis que M. Moore est rendu à sa famille, ceux qui en Irak soutiennent l’Iran et l’intégrisme islamique qu’il exporte préparent une réunion. Le prix de la libération de M. Moore est la libération de Qais al-Khazali, un religieux de 26 ans qui occupe une place importante dans la Ligue de Justes, un groupe militant soutenu par l’Iran.

Al-Khazali était sous garde américaine. Il a été remis à l’Irak et devrait être libéré prochainement. Bientôt, un des principaux initiateurs de l’intégrisme iranien sera libre de mobiliser davantage de soutien dans les rues irakiennes. Voilà le regrettable marché qui a été passé.

Le Foreign Office dit qu’il n’y a «aucune preuve» de l’implication directe du gouvernement iranien. Je suis en désaccord, comme d’autres. Vendredi, le général David Petraeus, chef du Commandement central américain, a déclaré dans une conférence de presse à Bagdad : « On me cite comme ayant dit que selon notre évaluation du renseignement, il a certainement passé du temps, à tout le moins, en Iran ». En outre, un ministre du gouvernement irakien a déclaré aux journalistes que le rapt de M. Moore et ses gardes du corps dépassait la capacité des milices irakiennes. Ils ont interviewé un ancien gardien de la révolution iranien qui a dit que l’enlèvement avait été mené par la brigade Al-Qods des gardiens de la révolution.

Il n’est pas surprenant de voir le Foreign Office minimiser cette suggestion. Étant donné les relations diplomatiques qu’il cherche à maintenir avec l’Iran, il n’y a aucun avantage à le reconnaître. Accuser une nation de complicité de rapt pourrait aggraver beaucoup de problèmes, et c’est la dernière chose qu’il fera alors qu’il doit sauver la vie du cinquième otage, Alan McMenemy. En supposant qu’il est encore vivant, il faut vivement espérer sa libération.

Nous ne devrions pas non plus nous demander pourquoi Sami al-Askari – un député irakien qui conseille le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, et qui a été impliqué dans la libération de M. Moore – a insisté pour que ses discussions avec le groupe de ravisseurs se tiennent en Irak. Ce que le gouvernement irakien a dit au sujet de ses relations avec l’Iran et la façon dont se comportent des membres du gouvernement avec l’Iran sont des choses très différentes.

Ceux d’entre nous qui mettent en garde contre l’influence croissante de l’Iran sur la politique irakienne ont été accusés de causer des troubles. Les troubles ne sont pas de notre fait : nous parlons parce que nous pouvons les voir venir. Trop peu de gens sont en mesure de dire la vérité sur l’Iran et son influence. Ceux qui, comme moi, sont en mesure de le faire, doivent le faire.

Derrière la rhétorique du gouvernement irakien, il y a la réalité de l’influence iranienne croissante. Le parti Dawa de M. Maliki, est un parti créé en Iran. Ses ténors n’oublieront jamais la loyauté qu’ils doivent à cet Etat, qui leur a donné refuge à l’époque de Saddam Hussein. Le Premier ministre ne peut prendre position contre l’Iran parce que son parti a été fabriqué par les Iraniens et financé par Téhéran. Ils sont liés sur un plan intellectuel, religieux et idéologique.

Nous avons, par conséquent, un voisin qui fournit aux milices, aux factions violentes et au terrorisme des armes et un soutien logistique – et il ne le fait pas seulement en toute impunité, mais avec le soutien tacite de nombreux membres du gouvernement irakien. Les conséquences se font chaque jour plus claires.

Bien sûr, l’Iran a ses propres problèmes. Le pouvoir de la communication moderne signifie qu’il ne peut supprimer les nouvelles sur les manifestations qui se déroulent contre son leadership. Le meurtre de Seyed Ali Moussavi, le neveu de Mir Hossein Moussavi, le chef de l’opposition, a jeté de l’huile sur le feu. Je pense que le peuple iranien est d’une race libre capable de réaliser des changements positifs en Iran. Il y a trente ans, il a réussi sa révolution contre un régime puissant, sans char ni arme, par des manifestations uniquement. C’est une grande nation, c’est un peuple libre, de philosophes et de révolutionnaires. Ils n’ont pas besoin de l’aide de quelqu’un d’autre.

Du reste, une interférence extérieure ne ferait que renforcer le gouvernement iranien. Alors le changement peut venir, mais en attendant, nous devons traiter avec l’Iran tel qu’il est. Les gouvernements dans le monde ont été préoccupés, tout naturellement, par le développement d’une capacité nucléaire de l’Iran. Mais il existe un danger plus grand encore. C’est que l’Iran prenne le contrôle du pétrole irakien et, avec lui, d’une région susceptible de déstabiliser non seulement le Moyen-Orient, mais aussi le monde. Les mollahs d’Iran pensent être en mesure d’exercer un pouvoir sur l’Irak. S’ils ont raison, alors quand le dernier soldat américain quittera l’Irak, il laissera derrière lui une colonie iranienne, contrôlée par les gardiens de la révolution.

Avec les élections dans à peine deux mois, il est vital pour l’avenir de l’Irak d’avoir une possibilité de voter pour un parti politique préparé à s’opposer à ces influences étrangères et à protéger la souveraineté de l’Irak. C’est pourquoi j’ai formé le Parti Ahrar.

Ayad Jamal Aldine, dignitaire religieux chiite, est le leader du parti séculaire Ahrar en Irak.

(www.ahrarparty.com)

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