CNRI – « La raison dEtat qui veut que lon fasse des concessions aux mollahs qui dirigent lIran, cela aussi concerne les citoyens français. Décider ou non davoir des relations privilégiées quoi quil en coûte avec un régime qui ne respecte pas les droits, ni les droits internationaux, notamment en matière de risque de prolifération nucléaire, un régime qui dernièrement sest illustré par son négationnisme, est-ce que cela respecte les droits de lHomme ? Naturellement pas », sest insurgé Serge Lecalvez, membre du bureau national de la Ligue des droits de lHomme, venu manifester sa solidarité le 5 février lors d’une conférence internationale à Paris.
CNRI – « Et la raison dEtat qui veut que lon fasse des concessions aux mollahs qui dirigent lIran, cela aussi concerne les citoyens français. Décider ou non davoir des relations privilégiées quoi quil en coûte avec un régime qui ne respecte pas les droits, ni les droits internationaux, notamment en matière de risque de prolifération nucléaire, un régime qui dernièrement sest illustré par son négationnisme, est-ce que cela respecte les droits de lHomme ? Naturellement pas », sest insurgé Serge Lecalvez, membre du bureau national e la Ligue des droits de lhomme, venu manifester sa solidarité le 5 février lors d’une conférence internationale à Paris.
La réunion portait sur le jugement rendu par la Cour européenne de Justice annulant la décision du Conseil des ministres de lUE qui avait inscrit dans la liste du terrorisme de lUE les Moudjahidine du peuple dIran, la principale opposition au régime de Téhéran et sur la réaction de lUE qui refuse de se conformer à ce jugement. Les plus grands experts en matière de droit communautaire et de nombreuses personnalités politiques et de défense des droits de lhomme de toute lEurope étaient venues apporter leur soutien et leur témoignage. Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, est également intervenue.
Nous vous proposons le texte de lintervention de Serge Lecalvez :
Ma déclaration sera courte, car je ne mengagerai pas sur des questions qui concernent des aspects juridiques internationaux. La LDH est membre affiliée de la FIDH, Fédération Internationale des Droits de lHomme, il semble que lon veuille réellement et absolument parler de divisions des tâches, cest notre Fédération Internationale qui est plus en pointe sur ces questions. Cela ninterdit pas à la Ligue des Droits de lHomme de prendre des positions et dintervenir sur des questions internationales qui ont de grandes résonances au niveau national en France.
Nous savons tous notamment que la question ou les questions qui touchent le Moyen-Orient dans son plus grand ensemble, concernent au premier chef les citoyens français. Il suffit de voir comment lopinion publique française réagit aux différents évènements dramatiques qui se passent au Moyen-Orient aujourdhui pour le savoir. La LDH sest très tôt et directement impliquée lorsque les Moudjahidine du peuple dIran et Madame Maryam Radjavi elle-même, ont été lobjet de mesures policières et judiciaires reposant sur des éléments infondés, dès juin 2003. Ce nest que récemment et heureusement que la réalité du vide des dossiers a été constatée et que des relaxes ont été prononcées.
Entre temps, il y avait quand même eu le très grand émoi provoqué dans cette petite ville, cette paisible ville dAuvers-sur-Oise qui accueille actuellement le siège des Moudjahiddines du peuple. Son seul tort est daccueillir en résidence en exil des Moudjahidine qui ont vu lintervention des forces du GIGN, c’est-à-dire les forces spéciales de la police française, puissamment déployées, à la demande dun juge, dont je ne prononcerais même pas le nom, chargé de lantiterrorisme. Il y avait eu là incarcération et la mise en cause judiciaire de personnes disposant du statut de réfugié politique, et qui de ce fait, se trouvaient pourtant dans une relation étroite avec les services de police chargés entre autre dassurer leur sécurité.
Aujourdhui donc, si je puis me permettre, laffaire a fait « pschitt » pour paraphraser lun de nos éminents représentants politiques. Comment ne pas voir une forme de dévoiement du droit français qui, du coup, concerne au premier chef les citoyens français ? Droit détourné à quel profit ? Au nom de quelle raison dEtat ? Car là est bien la question semble-t-il. Le fait que des pourparlers concernant les hydrocarbures aient été engagés à la même période na sûrement rien à voir. Cest sûrement une coïncidence et une attitude de mauvais esprit qui nous fait associer ces idées.
Et la raison dEtat qui veut que lon fasse des concessions aux mollahs qui dirigent lIran, cela aussi concerne les citoyens français, car le choix des partenaires officiels comme des partenaires officieux de la France concerne chaque citoyen français. Décider ou non davoir des relations privilégiées quoi quil en coûte avec un régime qui ne respecte pas les droits, ni les droits internationaux, notamment en matière de risque de prolifération nucléaire, un régime qui dernièrement sest illustré par son négationnisme, est-ce que cela respecte les droits de lHomme? Naturellement pas.
Le citoyen français, lui aussi, a des comptes à demander par rapport à cela. Le citoyen français est aussi un citoyen européen et pas plus quil nest acceptable de tolérer que la raison dEtat à léchelle de la France autorise des pratiques de détournement du droit, il nest pas non plus supportable dans ce que je pourrais appeler la raison dEtat communautaire qui autorise et qui autorisait il y a peu encore, et lon sait quelle menace peut encore exister, le classement des Moudjahiddines du peuple dIran parmi les organisations réputées terroristes.
Sauf à avoir des éléments réels pour étayer cela, ce dont nous savons quil nest pas le cas, il semblerait que ces éléments nexistent pas, puisquau mois de décembre nous avons eu lheureux dénouement dune sorte de première phase, qui ne nous empêche pas de rester vigilants, dun premier retrait de votre mouvement de cette liste. Soyons vigilants encore, car il semblerait que certains responsables politiques gardent des rancoeurs.
Quand on sait lénorme enjeu quil peut y avoir à soutenir officieusement lIran à lheure actuelle, on sait quel juteux pactole est à la source de cela !
Comme jai été personnellement amené à le dire par le passé, avec un profond respect pour votre engagement, pour Mme Radjavi, pour son courage, pour votre courage, pour votre combat pour la restauration des droits et des droits de lHomme en particulier en Iran, au nom de la LDH, au nom de son bureau national que je représente ici, nous navons pas à engager des propos qui concernent strictement vos choix politiques. Laffaire de la restauration dun pouvoir démocratique en Iran, cest laffaire des Iraniens eux-mêmes et des Moudjahiddines du peuple en particulier.
Par contre, lorsque vous êtes menacés sur le sol français ou le sol européen en général, avec cette idée dallégeance aux mollahs pour toute ligne politique, nous ne pouvons pas laccepter. Cest en ce sens quavec lassociation que je représente ici ce soir, nous le faisons comme nous lavons fait depuis juin 2003, nous resterons à vos côtés pour que le droit triomphe, ici dabord en France et bientôt, nous lespérons, en Iran.
Et je me réjouis de voir dans cette assemblée ce soir, ce que je navais pas eu loccasion de voir lors des différentes interventions que jai pu faire, la présence de Maryam Radjavi. Cest déjà un petit combat qui nous fait avancer et lorsquon lutte contre les dévoiements du droit, nous savons que nous luttons contre une machine qui est phénoménalement puissante, et bien même à notre échelle nous faisons reculer lindignité. A la Ligue des Droits de lHomme nous sommes très attachés à ce respect du droit et au respect des personnes et encore une fois je salue le combat que vous menez et de toute façon, quelque soient les avancées que nous pourrons faire, nous les ferons avec vous et nous vous aiderons à les faire.

