jeudi, décembre 8, 2022
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Attentat/juifs/Iran : le gouvernement argentin attend la décision du juge

Agence France Presse – Le gouvernement argentin a choisi d’attendre, avant de s’impliquer ou non, la décision du juge chargé du dossier après les accusations contre l’Iran lancées par des procureurs enquêtant sur un attentat contre une association juive qui avait fait 85 morts en 1994.

Aucune réaction officielle n’a été rendue publique après la mise en cause directe par ces magistrats des autorités iraniennes de l’époque et du mouvement chiite libanais Hezbollah dans l’attentat qui avait partiellement détruit le siège de l’Association mutuelle israélite argentine (AMIA) en juillet 1994.

La décision de commettre l’attentat "a été prise par les plus hautes autorités de la république islamique d’Iran, qui a chargé le Hezbollah de réaliser l’attaque", a déclaré mercredi Alberto Nisman, le chef d’une équipe de procureurs chargés de cette enquête.

Ces magistrats ont réclamé un mandat d’arrêt international à l’encontre des plus hautes autorités du gouvernement iranien de l’époque, dont le président Ali Rafsandjani.

Un haut-fonctionnaire argentin a expliqué jeudi à l’AFP la prudence du gouvernement par la nécessité d’attendre la décision du juge qui doit se prononcer sur le dossier établi par les procureurs.

Mais, quelle que soit cette décision, la justice argentine a déjà laissé entendre, par la voix du juge Rodolfo Canicoba Corral chargé du dossier, que les chances étaient très minces d’aboutir à des conclusions.

"D’abord, je pense qu’il s’agit d’un thème de politique extérieure et, en tant que citoyen, j’ai la sensation que ça rend l’affaire très compliquée", a-t-il déclaré jeudi.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la justice argentine met en cause l’Iran dans cet attentat, le plus meurtrier jamais commis en Argentine.

Le juge Juan Jose Galeano, qui mena l’enquête pendant neuf ans, avait ainsi désigné comme chef d’opération Moshen Rabbani, conseiller culturel de l’ambassade d’Iran à Buenos Aires, avant de se voir retirer l’affaire à cause d’irrégularités.

Cette accusation provoqua de fortes tensions entre Buenos Aires et Téhéran, qui arrivèrent à leur comble en 2003 lorsque, sur mandat argentin, la justice britannique arrêta l’ex-ambassadeur iranien en Argentine Hadi Soleimanpour, avant de considérer insuffisantes les preuves et de le remettre en liberté.

Les autorités argentines ont été vertement critiquées pour les carences de l’enquête qui n’a jamais permis de retrouver les auteurs de cet attentat meurtrier.

Le président argentin Nestor Kirchner, mis sous pression par l’importante communauté juive d’Argentine, forte de 300.000 membres, avait reconnu en 2005 la responsabilité de l’Etat dans ces défaillances successives.

Les présidents de la Délégation des associations israélites argentines (DAIA), Jorge Kirszenbaum, et de l’AMIA, Luis Grynwald, ont réclamé jeudi du gouvernement qu’il demande aux Nations unies de prendre des sanctions à l’encontre de l’Iran.

Si cette demande devait être suivie d’effet par le gouvernement de Buenos Aires, elle risquerait fort de fcher le Venezuela, qui entretient de très bonnes relations avec l’Iran, mais aussi avec l’Argentine. Elle devrait en revanche être soutenue par les Etats-Unis qui ont fait connaître dès mercredi leur satisfaction après les accusations contre Téhéran lancées par ces procureurs argentins.

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