L'Iran a atteint un point de non retour
CNRI – Ces jours-ci le monde s'interroge sur l'avenir de la révolte du peuple iranien, qui n’a pas manqué de choquer tout le monde. Certains disent désespérément, que les flammes de la révolte se sont éteintes et qu’une révolution ne pourra pas tenir en Iran. Mais nous disons que le régime iranien ne pourra jamais revenir à ce qu'il était et la situation en Iran a changé pour de bon. Si nous ignorions cette réalité, nos analyses s’avèreraient totalement erronées.
Les perspectives de l'insurrection
Compte tenu de l'état général de la plupart des affaires, deux résultats possibles peuvent résulter de l'agitation populaire. Un des résultats pourrait être que le régime ne parvienne pas à combler le fossé entre ses factions rivales au sommet et finalement ne parvienne pas à étouffer le soulèvement. Dans ce scénario, la révolte continuera avec ses flux et reflux jusqu'au renversement de la dictature.
Un deuxième résultat possible pourrait être que le régime réussisse à refermer la faille au sommet et réprime totalement le soulèvement. Dans ce scénario, la seule option serait la troisième option, en d'autres termes, le changement démocratique, sous la direction de la Résistance iranienne. Le peuple iranien se tournera de plus en plus vers la Troisième Voie et la communauté internationale n'aura pas d'autre alternative que de la reconnaître.
A : l’insurrection se poursuit
Il est clair que la poursuite de l'insurrection serait le scénario le plus favorable et le plus bénéfique pour la Résistance iranienne. Elle va tout faire pour le prolonger jusqu’à la fin du régime du Velayat-e Faqih (suprématie absolue du guide religieux). La création d'un nouveau système, même relativement démocratique, serait au plus grand bénéfice du peuple iranien et de sa Résistance. Le rôle ou l’influence qu’elle aurait après le renversement du régime n’a pas d’importance à ses yeux. Ce qui compte, c’est d’avoir un droit à la vie politique et à ses activités dans le nouveau système, d’avoir ses propres bureaux et d'être en mesure de participer à des élections libres. Dans ce cas, le meilleur critère sera la décision et le vote du peuple.
D’aucuns craignent que si l'insurrection venait à se poursuivre, certaines parties internationales pourraient tenter de créer de nouvelles alternatives au régime pour écarter la Résistance. Cette inquiétude est totalement infondée. Le seul objectif pour lequel la Résistance et l’OMPI luttent est de mettre fin au régime du Velayat-e-Faghih et d’instaurer la démocratie. Si d'autres alternatives apparaissent au milieu de tout cela, si elles peuvent renverser le Velayat-e-Faghih, l’objectif ultime de la Résistance serait rempli et le Conseil national de la Résistance iranienne s’en féliciterait. L’OMPI, elle non plus, ne veut rien d'autre que le droit à la liberté politique et à des élections libres. Bien entendu, il convient de mentionner que l’émergence d’une alternative au régime n'est pas chose facile, et que ces 30 dernières années, tous les efforts dans ce sens n'ont pas porté de fruits, sauf dans le cas de l’OMPI et du Conseil national de la Résistance iranienne.
Lorsque la monarchie du chah s'est effondrée au cours du soulèvement de février 1979, les membres de l’OMPI venaient à peine d'être libérés de prison et n'avait pas de capacités organisationnelles à l'extérieur de la prison. Ils n'avaient aucun moyen d'exprimer leurs points de vue et n’étaient pas aussi organisés et affermis qu’aujourd'hui. Le nombre total de leurs membres n’était pas même 1 % de ce qu'il est aujourd'hui. Mais avec les possibilités d’agir dans un environnement semi-démocratique, ils ont réussi à combler rapidement l'écart pour devenir une opposition sérieuse et une alternative au régime en quelques mois. En seulement onze mois après le renversement du chah, l’OMPI s’est développée à tel point que le tocsin a sonné pour Khomeiny, qui s’est sérieusement inquiété de savoir si Massoud Radjavi, alors chef de file et candidat présidentiel de l’OMPI, restait comme candidat, l’élection présidentielle irait vers un second tour, donnant à M. Radjavi une bonne chance de l’emporter. En conséquence, contrairement à sa précédente promesse de ne pas s'ingérer dans les élections, Khomeiny a promulgué une fatwa quelques jours seulement avant le vote et a rejeté la candidature de M. Radjavi.
B. La répression de l'insurrection par le régime
Même si le deuxième scénario se maintient, à savoir si Khamenei parvient à refermer la faille interne du régime et à réprimer le soulèvement, l'ancien statut quo ne pourra pas être rétabli. Cela signifie que les conditions pour le régime, la société iranienne et la communauté internationale sont irréversibles et ne peuvent plus revenir à celles qui prévalaient avant le 12 juin 2009. La situation est sensiblement différente aujourd'hui, et donc personne ne peut prétendre que le soulèvement a échoué. Au contraire, la révolte aura des résultats favorables pour la lutte du peuple contre le fascisme religieux au pouvoir en Iran. Ainsi, jusqu'à présent le soulèvement a réussi, dans les deux scénarios, et a mené à de grands acquis, dont les suivants :
1. Au cours du soulèvement, la société iranienne et en particulier sa jeunesse, qui est entrée dans la vie sociale et politique sous le régime des mollahs, se sont dressées dans l'opposition et se sont clairement démarquées du régime. Ce dernier a essayé de maintenir apolitique cette génération, mais pendant le soulèvement, la jeunesse a été transformée en une génération entièrement politique qui ne craint plus le régime. S’il réprime la révolte, cette génération sera encore plus déterminée à le changer et se tournera vers l’OMPI et une résistance organisée.
2. Le régime s’est beaucoup affaibli. A la suite des purges internes, il est devenu plus vulnérable. Ses contradictions internes, temporairement contenues et freinées, referont surface avec plus d'intensité.
3. Après ses purges internes et le soulèvement national, le régime sera désormais contraint de renforcer ses politiques tant à l'intérieur qu’à l'étranger, ce qui signifie qu'il va intensifier sa lutte contre l'Occident en termes d'exportation du terrorisme et faire progresser ses efforts pour obtenir des armes nucléaires .
En bref, la Troisième Voie sera la seule solution qui sera adoptée de manière croissante par le peuple iranien, et la communauté internationale n'aura pas d'autre alternative que de la reconnaître.
Nous devons maintenant nous demander si l'Occident a une compréhension claire de ces scénarios et de ces options probables ? Et, ensuite, s’il a adopté la bonne voie pour agir vis-à-vis du régime iranien ces trois dernières semaines ? Les réponses seront examinées dans le prochain article.

