jeudi, janvier 26, 2023
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Analyse : La feuille de route vaine de Khamenei pour sauver le régime en Iran

Analyse : La feuille de route vaine de Khamenei pour sauver le régime en Iran

CNRI – Mardi 8 août, Hassan Rohani a soumis la liste des membres de son cabinet au parlement des mollahs. La liste, sur laquelle plus de la moitié des anciens ministres ont été remplacés, est en fait le résultat d’un équilibre du pouvoir entre les factions rivales du régime.

La question, cependant, est de savoir si le remaniement ministériel met en avant d’une manière stratégique les crises qui submergent le régime. Toutefois, les signes et les commentaires des responsables et experts du régime apportent une réponse négative à cette question.

La nouvelle formation du cabinet montre qu’il n’a pas été constitué pour répondre aux contradictions et aux problèmes du pays, mais uniquement pour satisfaire les revendications des factions rivales du régime, de sorte que même leurs propres experts reconnaissent que les problèmes actuels sont si graves qu’aucun ne pourrait être résolu par un remaniement ministériel.

« Je n’ai aucun espoir dans le 12ème cabinet », a déclaré un expert du régime : « Je crois que tant que nous aurons une économie infectée qui sera largement influencée par les capitaux, elle ne pourra évoluer de manière significative. Un cabinet performant est celui qui dispose d’une stratégie et d’un plan. Les termes des gouvernements en Iran n’ont rien à voir avec cela. » ( Le site Fararoo, 31 juillet 2017)

Un expert politique du régime a également soutenu que « la récession économique n’est pas une question qui peut être résolue en remplaçant simplement des ministres. De même, avoir 6 à 8 millions de chômeurs ne va pas être résolu en remplaçant le ministre du Travail. Le ralentissement économique ne sera pas résolu en remplaçant le ministre de l’Economie. Même si Adam Smith en personne était le ministre de cette économie, il ne serait pas en mesure de résoudre nos problèmes économiques. » (Site web Afkarnews, 25 juillet, 2017)

Afin de clarifier davantage la question, les experts évoquent le problème du déficit budgétaire du gouvernement : « quand un ministère n’est pas suffisamment financé, qu’est-ce que le ministre est capable de faire ? »

Un autre obstacle important est la corruption profonde et généralisée du système. Les proportions de la corruption sont tellement énormes que même si le budget actuel est multiplié par 10 ou par 100, il ne sera en mesure de résoudre ce gâchis économique. En effet, les revenus du pays issus uniquement de la vente du pétrole ont atteint le niveau incroyable de 700 milliards de dollars au cours depuis le début du mandat d’Ahmadinejad, dépassant les recettes pétrolières totales du pays depuis que l’exploration et l’extraction pétrolière ont commencé il y a un siècle. Dans le même temps, ce que la population iranienne tire de ces énormes revenus n’a été que privation et une économique dégradée.

Le problème est donc d’ordre structurel, et celui-ci ne va pas être améliorée par des remaniements ministériels.

Mais dans le système totalitaire du Velayat-e-Faqih, la question est encore plus profonde qu’un problème structurel. Elle est enracinée dans la nature anachronique du régime des mollahs, aux antipodes des exigences d’une société moderne. Le régime ne fait que survivre et alloue les richesses du pays pour préserver et maintenir sa sécurité.

À cet égard, il suffirait de jeter un coup d’œil sur le nouveau cabinet de Rohani. Sous la pression de l’opinion publique, Rohani a été contraint de remplacer Mostafa Pourmohammadi, ministre de la justice, honni par la population pour son rôle dans le massacre de 1988. Il l’a remplacé avec Alireza Ava’i, un autre bourreau activement impliqué dans le massacre de 1988. Les crimes de cet ancien Procureur général sont décriés largement dans la province du Khouzistan.

L’avantage d’Ava’i sur Pourmohammadi c’est qu’il ne s’est pas d’émettre des condamnations à mort, il s’est investi personnellement dans la mises à mort des jeunes membres de l’OMPI, par pelotons d’exécution ou en tirant le coup de grâce.

Remplacer un bourreau par un autre, montre que la nature du régime est liée à l’exécution et au massacre des prisonniers politiques. Tant Rohani que Khamenei ont bien pris soin d’insister que le remplacement de Pourmohammadi ne devrait pas être considéré comme un recul sur les exécutions ou une excuse pour le massacre de 88.

La même chose est également vraie au sujet des autres membres du cabinet, dont plupart sont parmi les vétérans du ministère du Renseignement du régime et d’autres organes de répression.

Dans son discours à la cérémonie d’investiture d’Hassan Rohani, Ali Khamenei a évoqué la question de la subsistance de la population et la nécessité d’y répondre efficacement. Or, il sait mieux que quiconque que l’économie du pays est en berne et que la production s’est effondrée, de sorte que, selon ses propres aveux, en mars 2016, plus de 60 pourcent de la capacité de production du pays est paralysée. En outre, avec les nouvelles sanctions américaines, il est impossible de transférer même un dollar par le biais des banques internationales.

Dans ces conditions, la seule chose qu’il reste à faire pour le régime est de mettre plus que jamais ses mains dans les poches de la population. Et cela ne servira que pour financer les coûts élevés de ses ingérences régionales et la guerre en Syrie, au Yémen et en Irak.

Ainsi, ni Rohani, qui présente l’accord nucléaire comme le seul espoir pour résoudre les problèmes économiques du régime, ni Khamenei, qui parle de la nécessité de préserver l’unité intérieure du régime, ne peuvent apporter de solution pour sauver leur régime.

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