mardi, décembre 6, 2022
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Alton : WikiLeaks accentue l’influence de l’Iran en Irak

AltonLes Nations Unies demandent aux Américains de protéger le camp d’Achraf

The Washington Times – Quatre jours avant que Wikileaks publie 400.000 documents sur les crimes de guerre et les monstrueuses violations des droits de l’homme en Irak, Nouri Maliki, le premier ministre irakien assoiffé de pouvoir, faisait une journée de voyage pour rencontrer à Téhéran un autre dirigeant assoiffé de pouvoir, l’ayatollah Ali Khamenei en Iran : un couple bien assorti. Tout deux sont détestés dans leurs pays où ils n’ont pas ou peu de soutien. Tout deux sont les dirigeants de régimes qui ordonnent le meurtre, la torture et le viol de leurs concitoyens. Un jour les responsables de ces crimes mériteront d’être traduits devant le Cour pénale internationale.

La rencontre de ces sinistres personnages avait un but : soutenir la position en déclin de M. Maliki en Irak et son injuste et violente mainmise sur la fonction de premier ministre. L’ayatollah Khamenei et sa clique dirigeante bénéficieraient bien sûr d’une telle situation car le maintien au pouvoir de M. Maliki assure à Téhéran la continuité de sa domination sur l’Irak.

Toutefois de retour à Bagdad M. Maliki s’est retrouvé face avec l’affaire des documents divulgués par WikiLeaks, qui détaillent aussi bien ses abus de pouvoir que ses abus de pouvoir que l’assistance directe de l’Iran sur ses escadrons de la mort en Irak. Les documents ont divulgué que ce genre de crimes n’ont pas pu être commis sans la pleine connaissance des plus hautes autorités irakiennes. Ils parlent des forces spéciales des services du premier ministre qui agissaient et ont perpétré des atrocités sous les ordres directs du premier ministre. Pas étonnant que M. Maliki ait qualifié les révélations de WikiLeakes de complot pour saper sa tentative de rester au pouvoir.

Pour leurs parts, ces révélations et le rôle du premier ministre ne sont pas une grande surprise. Ce qui est par contre surprenant c’est que les Etat Unis connaissaient ces évènements mais n’ont rien fait pour les arrêter. Ce sentiment était partagé par la communauté internationale. Amnesty International a exprimé son inquiétude de voir que les autorités américaines ont commis une sérieuse violation du droit international quand ils ont sommairement remis des milliers de détenus aux forces irakiennes, tout en sachant qu’il continuaient à torturer et abuser les détenus à une échelle vraiment choquante.

Un point d’inquiétude qui nécessite une attention immédiate est le sort des résidents du camp d’Achraf en Irak. Achraf abrite 3400 membres de l’opposition iranienne, les Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI). Ils étaient protégés par les Américains jusqu’en fin 2008. Quand les Etats-Unis ont transféré la « protection » du camp d’Achraf au gouvernement Irakien, des experts en droit humanitaire, des juristes et des parlementaires n’ont cessé d’avertir que le gouvernement d’Al-Maliki est très influencé par le régime iranien et qu’il recevait des instructions de Téhéran visant à éliminer physiquement les résidents du camp. Ces sources ne manquèrent pas de montrer aux autorités américaines qu’il y avait un comité spécial chargé d’éliminer Achraf au sein des services du premier ministre irakien.

Et devinez quoi ? Toutes les mises en garde ont été ignorées.

De fait, la prémonition des dangers d’un tel transfert est devenu une triste réalité juste six mois après que les militaires américains aient abandonné la protection d’Achraf, des troupes irakiennes fortement armées ont attaqué en juillet 2009 les résidents désarmés, faisant 11 mort, 500 blessés et prenant 36 personnes en otage. Ces derniers ont été brutalement torturés durant 72 jours dans différents centres de détention et prisons assez semblables à ceux dans lesquels les Irakiens sont torturés et violés depuis 2004.

Pire encore. Un détachement de l’armée américaine témoin de cette attaque n’a rien fait pour l’arrêter bien que les résidents blessés qui s’adressaient à eux.

Comme le Secrétaire général des Nations Unies et une foule d’organisations l’ont demandé, une enquête immédiate et indépendante doit se pencher sur ces atrocités et les responsables officiels doivent rendrent des comptes. Y compris M. Maliki.

Ces révélations ont sérieusement sapé la légitimité de M. Maliki à vouloir continuer sa mainmise sur le pouvoir.

La communauté mondiale doit s’assurer que ceux qui ont été impliqués ne puissent à nouveau assumer le pouvoir.

Notre attention devra aussi continuer à être focalisée sur le sort d’Achraf : l’article 5 de la 4° convention de Genève stipule que si le pouvoir protecteur « manque de remplir les dispositions de la présente Convention dans une quelconque large mesure, le pouvoir par qui les personnes protégés ont été transférées devra, s’il en est avisé par le pouvoir protecteur prendre des mesures efficaces pour corriger la situation ou devra demander le retour des personnes protégées. On devra respecter une telle requête. »

De toute évidence, dans les circonstances actuelles, le respect de cet article exige des forces américaines de reprendre la protection des résidents d’Achraf sans plus tarder, ou du moins d’offrir une protection à une équipe des Nations Unies stationnée à Achraf, afin de garantir la sûreté et la sécurité des résidents.

L’administration Obama n’a pas le luxe de prétendre l’ignorer. Il faut agir avant qu’une catastrophe se répète au camp d’Achraf – encouragée par Téhéran et exécutée en Irak. Certes, les États-Unis verront désormais à travers les promesses creuses M. Maliki et de ses garanties écrites.

Trompez-moi une fois, couvrez-vous de honte; trompez-moi deux fois, je me couvre de honte.

Lord David Alton of Liverpool est membre de la Chambre des Lords du Royaume-Uni.

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