mardi, février 7, 2023
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Al-Maliki encourage la présence grandissante de l’Iran en Irak

Par Alireza Jafarzadeh *

Chicago Tribune, 19 août  – La visite du 8 août du Premier ministre irakien Nouri Al-Maliki à Téhéran où il s’est entretenu avec le Président Mahmoud Ahmadinejad était en apparence un nouvel effort pour inciter l’Iran à contribuer à l’instauration de la sécurité en Irak. Or, le véritable but de ce voyage était tout autre. La visite de Maliki était une manière d’aider doucement les mollahs iraniens à installer une république islamique soeur en Irak.

Maliki a rencontré le guide suprême Ali Khamenei, le président Ahmadinejad et d’autres hauts dignitaires du régime iranien. Maliki a dit à Ahmadinejad que Téhéran joue un rôle « positif et constructif » en améliorant la sécurité en Irak.

Les dirigeants de Téhéran ont rapidement rendu hommage à Maliki. La télévision iranienne a diffusé un communiqué évoquant le soutien apporté de Khamenei à Maliki et son appel pour que les forces américaines quittent l’Irak. « Nous devons soutenir le gouvernement élu de l’Irak et l’ensemble des factions et des groupes ethniques doivent coopérer avec ce gouvernement élu » a dit Khamenei.

Tandis que Maliki tisse des liens avec le régime iranien, le peuple irakien et des membres de son propre gouvernement le rejettent. Parmi les 37 membres de son gouvernement, 17 ont démissionné ou ont cessé d’assister à des réunions officielles. Ainsi l’exécutif du pays se trouve-t-il dans une situation de quasi paralysie.

Le calendrier de Maliki est clairement en désaccord avec celui du reste de l’Irak. Sous sa supervision, l’Iran a considérablement multiplié ses interventions mortelles en Irak. Le 6 août, le général Raymond Odierno a affirmé que 75 % des attentats tuant ou blessant des Américains en Irak sont commis par les milices chiites qui sont entraînées, armées et financés par l’Iran. Lors de ces attaques, ces miliciens utilisent des bombes EFP fabriquées en Iran. Ces bombes sont la principale cause de la mort de soldats américaines en Irak. Odierno a affirmé qu’au mois de juillet, il y a eu 99 attentats utilisant les EFP et que cela constituait « un record absolu ». Alors, qu’est-ce que Maliki a fait en réponse au prix très élevé que les Américains sont en train de payer pour son pays et pour la région ?

Au lieu d’accomplir son devoir de démanteler et de désarmer les milices, Maliki a davantage renforcé ces milices qui sont les principales responsables des violences sectaires et des massacres en Irak. Au lieu d’unifier les diverses factions présentes en Irak, Maliki a renforcé sa propre faction pro-iranienne au sein du gouvernement. Au lieu d’essayer de stabiliser le pays en stoppant les trafics d’armes et d’explosifs provenant d’Iran, il a signalé au régime de Téhéran que les violences commises par son voisin oriental améliorent réellement la sécurité en Irak.

Maliki a indiqué à ses interlocuteurs iraniens que le rôle de l’Iran est positif, alors que quelques jours auparavant, Ryan Crocker, l’ambassadeur des Etats-Unis en Irak, avait présenté la longue liste d’activités terroristes du régime de Téhéran qu’il a désigné comme la principale source d’instabilité en Irak. Un jour avant sa visite à Téhéran, lors d’une interview avec la chaîne de télévision Al-Iraqia, Maliki avait réclamé l’expulsion du principal mouvement d’opposition iranien dont le siège se trouve à la Cité d’Achraf en Irak. Les dirigeants de Téhéran considèrent ce groupe d’opposition, les Moudjahidine du peuple, comme une formidable menace pour leur régime et un obstacle important contre leurs visées hégémoniques sur l’Irak. « La présence des [Moudjahidine du peuple] en Irak est préjudiciable à la sécurité de l’Iran », a dit Maliki. Ce dernier est apparemment davantage préoccupé par la sécurité du régime iranien que la sécurité de l’Irak.

L’Iran dément être derrière les groupes chiites radicaux en Irak et tente de convaincre le Congrès des États-Unis que les forces américaines devraient quitter Irak. Le retrait des forces américaines laissera grandes ouvertes les portes de l’Irak pour que les mollahs iraniens y finissent leur travail.

Au lieu de négocier avec le régime iranien, ou de compter sur les éléments irakiens étroitement liés au régime de Téhéran, les Etats-Unis devraient radicalement démanteler les réseaux terroristes du régime iranien en Irak, soutenir les forces modérées et laïques en Irak – parmi les chi’ites, les sunnites et les Kurdes – et mettre Téhéran dans une position défensive en soutenant l’opposition démocratique iranienne qui est déjà à l’œuvre pour provoquer un changement démocratique en Iran.

Le Président Bush avait affirmé : « s’il [Maliki] pense que l’Iran joue un rôle constructif, je vais avoir une discussion privée avec mon ami le Premier ministre, parce que je ne crois pas qu’ils [les dirigeants iraniens] jouent un rôle constructif. » Monsieur le président, cela fait longtemps que cette discussion privée aurait dû avoir lieu.

*Alireza Jafarzadeh est l’auteur de « la menace iranienne : le président Ahmadinejad et la prochaine crise nucléaire. »