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Ahmadinedjad veut sauver Bachar al Assad

par Guysen avec agences – Mardi 14 août 2012Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, consterné par la situation difficile de son allié Bachar al Assad, cherche à lui apporter son soutien et à contrer les États sunnites visiblement soutenus par l’Occident et les États-Unis afin de sauver la position de la République islamique au Proche-Orient.

A la veille d’une rencontre de deux jours à La Mecque de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) consacrée à la crise syrienne, Ahmadinejad a appelé les pays musulmans à s’unir.

L’Iran a bénéficié, au cours de la dernière décennie, de la chute de Sadam Hussein en Irak et des talibans en Afghanistan, deux de ses principaux ennemis de l’époque éliminés par Washington. Ce fut une aubaine géostratégique inespérée pour le régime des mollahs, qui craint désormais un retour de balancier en sa défaveur.

Le succès de la révolte sunnite en Syrie pourrait effectivement avoir de graves conséquences sur le pouvoir chiite en place à Téhéran et son « axe de résistance » contre Israël et les États-Unis.
 
Cet axe a déjà perdu un de ses soutiens, le Hamas, le mouvement islamiste palestinien qui s’est retourné contre Bachar al Assad il y a plusieurs mois en raison de sa répression sanglante à l’encontre des insurgés, qui comptent dans leurs rangs des Frères musulmans.

La chute du régime Assad affaiblirait par ailleurs les chiites du Hezbollah libanais, que le voisin syrien a armé, soutenu et pour qui il a établi une voie d’acheminement des armes en provenance d’Iran.

Si Assad venait à tomber, cela compliquerait également la vie du gouvernement irakien, désormais dominé par la majorité chiite marginalisée sous Saddam Hussein. Bagdad craint en effet que les sunnites ne prennent le pouvoir à Damas, à la place de la famille Assad et de sa communauté alaouite, une branche du chiisme.

« POLARISATION CONFESSIONNELLE »
 
Les partisans de la ligne dure au pouvoir à Téhéran ainsi que dans l’armée considèrent que la Syrie ayant été le seul pays arabe aux côtés de l’Iran durant la guerre contre l’Irak de 1980 à 1988, la République islamique lui doit sa loyauté.

Ils voient également le conflit syrien comme le prolongement des tensions confessionnelles qui opposent Téhéran à l’Arabie saoudite. Ils y voient une campagne américaine destinée à doucher les ambitions iraniennes en matière de nucléaire par le biais de sanctions ou, le cas échéant, d’une intervention militaire.

« L’Iran n’accepte pas le fait qu’il s’agit d’ouvrir la Syrie à la démocratie », analyse Mohamed Marandi de l’université de Téhéran. « L’Arabie s aoudite prône l’islam wahhabite, et l’Iran y voit une volonté de polarisation confessionnelle. »
 
« Il existe des points de vue rationnels qui s’opposent à d’autres, plus radicaux, mais l’Iran est ainsi. Il est très difficile de faire preuve de plus de souplesse, de débattre de changements », explique un diplomate en poste à Téhéran.

Les responsables iraniens ont offert ces dernières semaines de favoriser des discussions entre le régime syrien en place et l’opposition, bien que les insurgés n’aient exprimé aucune volonté de discuter avec l’homme dont ils veulent la chute.

L’Iran pourrait chercher à jouer un rôle diplomatique après l’échec de la mission de Kofi Annan, émissaire de l’Onu et de la Ligue arabe qui quitte ses fonctions à la fin du mois.

Mais les chances de l’Iran semblent minces dés le départ étant donné que sa position présuppose le maintien de Bachar al Assad au pouvoir.

« Téhéran tente de contrebalancer la pression des alliés sur les insurgés syriens. Cela pourrait aussi montrer que l’Iran est à court d’idées concernant la marche à suivre, » analyse Anthony Skinner, consultant pour Maplecroft.

Bien que Téhéran dénonce constamment la Turquie et le Qatar, aux côtés de l’Arabie saoudite, pour leur soutien aux insurgés syriens, le gouvernement iranien a été contraint de faire appel à leur coopération dans la libération de 48 ressortissants iraniens pris en otage par la rébellion la semaine dernière.

Les insurgés les accusaient d’être des Gardiens de la révolution, envoyés pour prêter main forte aux hommes de Bachar al Assad.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a reconnu que certains d’entre-eux étaient d’anciens militaires à la retraite, mais qu’ils étaient en l’occurence des pélerins et non des combattants.

Selon Skinner, l’affaire des enlèvements pourrait avoir poussé Téhéran à emprunter la voie diplomatique :
« S’ils sont des Gardiens de la révolution, alors les initiatives diplomatiques de Téhéran pourraient être liées à
la prise d’otages à cause des informations sensibles qu’ils pourraient détenir. »

Pour Téhéran, « perdre » la Syrie serait un revers dommageable, mais une période d’instabilité prolongée pourrait bénéficier à l’Iran, un pays toujours capable de pousser son avantage dans une région troublée.

 

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