samedi, février 4, 2023
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Afghanistan : l’Iran arme les talibans, selon le secrétaire d’Etat adjoint américain

Le Monde – Pour la première fois, un haut responsable de l’administration Bush accuse nommément l’Iran de fournir des armes aux talibans en Afghanistan. Au cours d’une conférence de presse organisée à Paris, mardi 12 juin, Nicholas Burns, secrétaire d’Etat adjoint américain aux affaires politiques, a reproché à Téhéran de "transférer actuellement" du matériel militaire aux combattants rebelles afghans, soulignant le sentiment d’inquiétude qui prévaut à Washington au sujet de l’évolution de la situation militaire dans le pays.

Lors d’un déplacement à Kaboul, le 4 juin, Robert Gates, secrétaire américain à la défense, avait, lui aussi, évoqué un trafic d’armes iranien en Afghanistan, sans toutefois se montrer aussi direct que le numéro trois du département d’Etat. "Nous n’avons pas d’information sur une implication du gouvernement iranien, mais nous avons des informations sur des armes provenant d’Iran destinées aux talibans, mais peut-être aussi à des criminels impliqués dans le trafic de drogue", avait-il affirmé.

En dépit des violences qui ont fait quelque 4 000 morts en Afghanistan en 2006, l’année la plus meurtrière depuis la chute des talibans, M. Gates avait également estimé que "les choses allaient lentement et prudemment dans la bonne direction".

Ce point de vue n’a pas été repris, mardi, par Nicholas Burns. "Le nombre de soldats de l’OTAN sur le terrain est insuffisant pour bloquer, au nord, au sud et à la frontière est de l’Afghanistan, les talibans et leurs alliés du réseau Al-Qaida", a-t-il souligné. Evitant d’évoquer les propos de Nicolas Sarkozy, qui a expliqué, avant son élection, que la "présence à long terme des soldats français à cet endroit du monde" ne lui paraissait pas "décisive", M. Burns a affirmé que "l’effort militaire doit être soutenu par toutes les parties prenantes (de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF)), notamment la France et les Etats-Unis". Le secrétaire d’Etat adjoint a également reproché à Téhéran de soutenir le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) dans les territoires palestiniens ou le Hezbollah au Liban.

En ce qui concerne le dossier nucléaire iranien, il a critiqué l’intransigeance de Téhéran. Rappelant qu’une offre de dialogue, proposée par six pays, dont les Etats-Unis, la France et la Russie, a été rejetée par l’Iran en juin 2006, M. Burns a dit : "Nous devrions aller de l’avant au Conseil de sécurité de l’ONU pour adopter, dans les toutes prochaines semaines, une troisième résolution."

Le Conseil a imposé des sanctions, le 23 décembre 2006 et le 24 mars 2007, à l’Iran, qui a refusé de suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium malgré les demandes répétées de l’ONU. "Nous croyons que l’Europe, les pays d’Asie et du Moyen-Orient doivent adopter des sanctions encore plus fortes, même en dehors du Conseil de sécurité", a conclu M. Burns.

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