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Achraf: Une mort tragique au camp Liberty en Irak alors que les partisans de l’OMPI font face à l’intimidation

Par Rachel Ehrenfeld et K.D.M. Jensen

Publié le 27 mars 2012 – Foxnews.com – À la veille du nouvel an persan, le Nowrouz, le 20 mars, Bardia Amir-Mostofian, un ingénieur de 44 ans, était en train de faire sa prière, avant les préparations des célébrations, quand il est mort d’un arrêt cardiaque dans l’ancienne base militaire américaine abandonnée située en Irak, connue comme le camp Liberty.
Bardia est mort après 48 heures accablantes d’« inspections » incessantes par les troupes irakiennes, durant son transfert – en compagnie de plusieurs centaines d’autres membres du mouvement d’opposition iranien, les Moudjahidine du Peuple (OMPI) – du camp d’Achraf, où ils ont vécu ces 26 dernières années, vers le camp Liberty. Il semble que les étroites relations du premier ministre irakien Nouri al-Maliki avec les mollahs d’Iran, qui considèrent l’OMPI comme une menace existentielle au régime, sont derrière sa décision de fermer le camp.

L’OMPI, y compris les 3400 personnes détenues au camp d’Achraf, a été mise sur la liste américaine des Organisations Terroristes Étrangères (FTO) en 1997. Selon d’anciens responsables éminents du gouvernement américain, dont Louis Freeh, le Directeur du FBI à l’époque où la désignation a été faite, et Martin Indyk, alors Secrétaire d’État adjoint pour les Affaires du Proche-Orient, la désignation faisait partie d’un vain stratagème politique  de l’administration Clinton, qui a cédé à l’hostilité du régime vis-à-vis de l’OMPI, dans l’espoir que cela encouragerait la modération de Téhéran. Le Royaume-Uni et l’Union Européenne avaient fait de même et ajouté l’OMPI à leur liste terroriste. Toutefois, ils ont respectivement ôté le groupe de leur liste en 2009 et en 2010.
En juin 2004, Bardia ainsi que ses camarades détenus au camp d’Achraf avaient obtenu le statut de « personnes protégées » par les États-Unis en vertu de l’Article 4 de la Convention de Genève.
Le ministre de la Défense Donald Rumsfeld avait signé un mémorandum au chef d’États-majors interarmées, le Général Richard B. Myers, approuvant cette désignation et déclarant explicitement : « Je comprends que le fait de prendre une telle décision aidera à accélérer les efforts du Comité International de la Croix-Rouge et du Haut-Commissaire pour les Réfugiés de l’ONU, dans l’établissement de ces personnes conformément au droit international en vigueur. »
Rumsfeld n’avait signé ce mémorandum qu’après que tous les résidents du camp d’Achraf – qui avaient remis leurs armes à l’armée américaine en 2003 – aient subi un processus de vérification complet par différents organismes américains. Aucune preuve n’a été découverte de leur implication dans du terrorisme contre les États-Unis depuis le début des années 1980. Selon le Général de Brigade David Phillips (retraité), qui a mis en œuvre et supervisé l’enquête : « Quelques-uns avaient des contraventions impayées, mais rien d’autre. » Le Général Phillips a délivré aux résidents d’Achraf des lettres à ordre sur les cartes d’identité en anglais et en arabe, stipulant qu’ils étaient sous la protection des États-Unis.
Après plusieurs raids des forces armées irakiennes contre le camp d’Achraf, lors desquels 47 résidents ont été tués et plus de 1000 blessés, un grand nombre d’anciens responsables publics américains, tant Démocrates que Républicains, de même que des officiers militaires et des membres du Congrès, ont publiquement protesté contre ces maltraitances et demandé que l’administration Obama sauve les résidents sans défense d’Achraf avant que d’autres encore ne perdent la vie.
Le 9 mars, le Washington Times a sorti un article selon lequel le bureau du porte-parole de l’ancien Gouverneur de la Pennsylvanie Ed Rendell a fait l’objet d’une enquête du Département au Trésor soit-disant pour avoir fait des affaires avec des terroristes.
D’autres médias, certains citant plusieurs responsables non identifiés du Département d’État, étaient tous trop heureux de répandre auprès de tous le scandale inventé de toutes pièces.
Et qu’étaient au juste les affaires en question ? D’avoir accepté des contributions aux frais pour s’exprimer en faveur d’un traitement humain des membres sans armes de l’OMPI détenus par les Irakiens, ainsi que pour exhorter à leur radiation de la liste FTO, afin qu’ils puissent être transférés en toute sécurité en dehors de l’Irak.
Rendell se trouve bien entouré. D’anciens éminents responsables américains, des officiers de l’armée et du renseignement – tous dotés d’une énorme expérience de lutte contre le terrorisme – ont fait de même. Parmi eux se trouvent : l’ancien Maire de la ville de New York Rudy Giuliani, l’ancien Conseiller à la Sécurité nationale James Jones, l’ancien Ministre de la Justice Michael Mukasey, le Général de Brigade Phillips, l’ancien Secrétaire d’État à la Sécurité intérieure Tom Ridge, le Général Hugh Shelton et R. James Woolsey. Ils sont rejoints par d’éminents Démocrates comme Howard Dean, Bill Richardson et Patrick Kennedy.
Le Département au Trésor enquête sur les contributions aux frais des intervenants ainsi que sur les bureaux de porte-parole de certains de ces individus. Bizarrement, certaines de ces personnes assignées à comparaître avaient été précédemment sollicitées par le Département d’État et par la Maison Blanche pour aider à persuader les résidents du camp d’Achraf d’aller au camp Liberty.
Curieusement, les citations à comparaître du Département au Trésor étaient délivrées peu après que la Cour d’appel américaine pour le District de Columbia ait ordonné au Département d’État de répondre à la requête de l’OMPI demandant son retrait de la liste FTO, à moins que la Secrétaire d’État puisse fournir la raison pour laquelle la radiation est injustifiée. Les dignitaires sus-mentionnés, en compagnie de quatorze autres, ont soumis une lettre amicus en soutien à la requête de l’OMPI. (La Secrétaire d’État Clinton doit répondre avant le 26 mars 2012.)
Le site internet de Foreign Policy ainsi que d’autres publications laissent entendre que ces éminents partisans de l’OMPI sont des mercenaires malavisés qui s’associent illégalement à des terroristes.
Pour justifier de telles affirmations extravagantes, Foreign Policy a mentionné des responsables anonymes du Département d’État et a cité des déclarations non confrontées et tendancieuses de Trita Parsi, le chef du Conseil National Américain Iranien (NIAC), considéré par beaucoup comme un porte-parole de Téhéran, disant : « Les responsables américains … s’expriment en faveur de l’OMPI tout en prétendant que l’argent ne vient pas de l’OMPI. » Des responsables anonymes du Département d’État, a-t-il affirmé, lui ont donné ces informations à titre privé.
Le 20 mars, sur Al Jazeera, un autre membre du NIAC, Reza Marashi, affirme que l’OMPI « a été retirée de la liste en Europe sur un point de détail ». Ce « point de détail », toutefois, constitue la décision en 2008 du Tribunal de première instance des Communautés Européennes, annulant pour la troisième fois la décision du Conseil Européen de classer l’OMPI sur la liste terroriste de l’Union Européenne.
C’est un secret de polichinelle que céder aux exigences de l’Iran donne plus de temps au régime pour continuer son programme belliqueux. Mais la Secrétaire d’État Hillary Clinton semble disposée à continuer de céder.
Malgré la preuve que les résidents d’Achraf ne sont pas impliqués dans du terrorisme contre des Américains depuis plus de deux décennies et bien qu’on ait mené une enquête entière et approfondie sur eux et que l’armée américaine leur ait promis la protection, Clinton semble toujours réticente à enlever ce groupe de la liste FTO.
Les reportages dans les médias mettent l’accent sur la décence morale des anciens responsables publics s’exprimant et étant rétribués par les familles et les partisans américains des résidents d’Achraf. Mais la vraie histoire ici, c’est comment cette administration a renoncé à un engagement américain réitéré pour assurer leur sécurité.
Lors d’une audition au Congrès, le 29 février, la Secrétaire d’État Clinton a répondu à une question du Représentant Ted Poe (Républicain – Texas), disant : « Les États-Unis aideront à assurer la sûreté et la sécurité des résidents du camp dans la mesure où ils sont transférés vers un autre site à l’intérieur de l’Irak. »
La mort tragique de Bardia raconte une histoire différente. Également ignorée par les médias est cette histoire inquiétante de comment l’administration Obama utilise des tactiques d’intimidation pour museler ses critiques – et faire taire la liberté d’expression en même temps.

Rachel Ehrenfeld est la directrice du Centre Américain pour la Démocratie et l’auteur de Financer le Diable : Comment le terrorisme est financé – et Comment arrêter cela.
K.D.M. Jensen est le directeur associé du Centre Américain pour la Démocratie.

 

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