mercredi, décembre 7, 2022
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Achraf : Les expatriés veulent Berlin de leur côté

Grève de la faim Berlin 1aoutPar STEFAN NICOLA, UPI Correspondant Europe

United Press International, Berlin, 10 août – Un groupe d'expatriés iraniens appelle le gouvernement allemand à condamner les violations des droits humains dans un camp d’opposants en Irak. Arezu Rafii de Darmstadt est en face du ministère allemand des Affaires étrangères au centre de Berlin. Rafii est venue dans la capitale de l'Allemagne pour rejoindre un groupe d'iraniens expatriés qui en sont maintenant au 13e jour d'une grève de la faim, pour sensibiliser sur la situation de 3500 membres des Moudjahidine du peuple d'Iran vivant dans le camp d’Achraf, une enclave au nord-est de Bagdad. Rafii a un frère et une sœur à Achraf, et elle est profondément préoccupée par leur sécurité. « La communauté internationale doit protéger la population d'Achraf », dit-elle.

Le groupe a commencé sa grève de la faim le 29 juillet, un jour après l’attaque de la police irakienne contre le camp d’Achraf. Elle a affronté les résidents d’Achraf qui tentaient de l’empêcher d’entrer. Dans la mêlée, les forces irakiennes ont tué neuf personnes, et en ont blessé 450 autres.

Le porte-parole du gouvernement irakien Ali al-Dabbagh a reconnu les morts, mais il prétend qu’une partie des résidents du camp d’Ashraf se sont eux-mêmes jeté sous les véhicules de la police. Cela semble peu probable : Une vidéo visionnée par ce journaliste montre des véhicules militaires fonçant à maintes reprises sur une foule de personnes qui tentent de fuir.

Il y a beaucoup plus de vidéos disponibles, pour certaines d'entre elles sur YouTube – des clips à haute résolution difficile à truquer. Ils montrent les forces de sécurité irakiennes attaquer ce qui semble être des résidents non armés d’Achraf (hommes et femmes) avec des pieux de bois, des chaînes et des poteaux de métal. L'utilisation de la force est – pour le moins – excessive. Ils montrent aussi de nombreux blessés et cadavres avec ce qui ressemble à bien des blessures par balle. (Bagdad a jusqu'à présent nié des coups de feu).

Dans le cadre de l'opération, 36 résidents d’Achraf ont été arrêtés, quatre d'entre eux sont gravement blessés, et 32 d'entre sont toujours portés disparus -, jusqu'à présent, le gouvernement irakien n'a pas révélé leur emplacement.

Amnesty International a demandé instamment à Bagdad de fournir des informations sur ces personnes, en exigeant des autorités de fournir la preuve de leur traitement humain en pleines allégations de torture.

«Les informations en provenance du camp d’Achraf en Irak m'inquiètent. Je demande à toutes les parties à améliorer la situation humanitaire dans le camp », a dit Guenter Nooke, commissaire aux droits de l'homme du gouvernement allemand, dans une déclaration.

 »Cette déclaration n'est pas suffisant », a déclaré lundi Christian Zimmermann, directeur de l'Office des droits de l'homme et des affaires des minorités, basée à Berlin, lors d'une conférence de presse à Berlin. Il a demandé à Berlin de condamner la violence et de faire agir la diplomatie internationale en envoyant des observateurs. Trois hommes politiques régionaux allemands de deux grands parties et un ancien parlementaire du gouvernement social-démocrate à la même conférence de presse ont appelé le gouvernement fédéral à aider à protéger les résidents d’Achraf.

Jusqu'à présent, leur appel n’a pas été entendu. Les expatriés qui ont campé devant le Ministère allemand des affaires étrangères sont frustrés.

 « Il est honteux qu’après 13 jours de grève de la faim, le gouvernement allemand n'ait pas réagi », a déclaré Shokrane Taheri, dont les parents et le frère sont à Achraf. « Il s'agit d'un massacre, et il doit être arrêté. » (…)

Les observateurs disent que la fermeture prévue d’Achraf est un accord passé entre Bagdad et le régime clérical en Iran. Le récent raid s'est passé, « sans doute avec les encouragements de leurs coreligionnaires chiites au pouvoir à Téhéran », écrit The Economist dans sa dernière édition.

«L'Iran veut liquider le peuple d’Achraf », a déclaré Zimmermann.

La situation reste critique à Achraf, explique Mohammad Tasslimi, le porte-parole du groupe en grève de la faim. La police irakienne a mis en place une base dans l’enceinte d’Achraf. Un chef de la police locale a mis en garde les résidents qu’ils devaient quitter le camp avant le 1 er septembre ou risquaient d'être chassés de force.

«Le danger pour ces personnes n'est pas encore terminée », a déclaré Tasslimi.

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