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Amnesty International: la préoccupation grandit pour les résidents iraniens détenus au Camp d’Ashraf

AISource : amnestyusa.org

11 août 2009 – Trente-six résidents iraniens du camp d’Ashraf en Irak risquent toujours d’être renvoyés de force en Iran, où ils pourraient être confrontés à la torture ou à l’exécution. Les 36 ont été arrêtés quand les forces de sécurité irakiennes ont envahi le camp, à environ 60 km au nord de Bagdad, le 28 juillet.

Au moins huit résidents du camp d’Ashraf ont été tués et plusieurs autres blessés au cours du raid. La plupart des 36 auraient été battus et torturés. Au moins sept auraient besoin de soins médicaux urgents.

Le Camp d’Ashraf abrite environ 3.500 membres de l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), un groupe d’opposition iranien basé en Irak depuis 1986.

Après le raid, les 36 ont été emmenés dans un poste de police à l’intérieur du camp. Ils y ont été détenus pendant une heure et auraient été torturés et battus avant d’être transférés à un poste de police de la ville d’Al-Khalis, à environ 25 km au sud du Camp d’Ashraf.

Selon les informations, les détenus ont reçu l’ordre de signer des documents écrits en arabe par ceux qui les retiennent en détention, mais ont refusé de le faire. Ils ont également demandé l’accès à un avocat, à ce jour sans succès.

Sur les sept à nécessiter un traitement médical, Mehraban Bala’i a subi une blessure par balle à la jambe et a un bras cassé après avoir été battu par les forces de sécurité irakiennes. Habib Ghorab souffrirait d’une hémorragie interne et Ezat Latifi a de graves douleurs à la poitrine. Il semble avoir été écrasé par un des véhicules militaires utilisés par les forces irakiennes lors de la prise de contrôle du camp.

L’OMPI s’est établie en Irak en 1986 (durant la guerre Iran-Irak, 1980-88), à l’invitation du Président Saddam Hussein.

En 1988, à partir de sa base du Camp d’Ashraf, l’OMPI a tenté d’envahir l’Iran. Les autorités iraniennes ont exécuté sommairement des centaines, si ce n’est des milliers, de détenus OMPI dans un événement connu en Iran comme le « massacre des prisons ». Pendant un certain nombre d’années, elle a été classée «organisation terroriste» par plusieurs gouvernements occidentaux.

Après l’invasion de l’Irak en 2003, les membres de l’OMPI ont été désarmés et ont reçu le statut de «personnes protégées» en vertu de la quatrième Convention de Genève. Cela s’est terminé en 2009, lorsque le gouvernement irakien a commencé à exercer un contrôle sur les affaires intérieures de l’Irak conformément à l’accord du statut des forces (SOFA), un pacte de sécurité approuvé par les gouvernements de l’Irak et des États-Unis en novembre 2008 et qui est entré en vigueur le 1 janvier de cette année.

Les forces américaines en Irak ont offert une protection efficace au Camp d’Ashraf jusqu’à la mi-2009, après quoi elles ont complété leur retrait de leurs bases de toutes les villes irakiennes.

Après avoir désarmé, le PMOI annoncé qu’ils avaient renoncé à la violence. Il n’y a aucune preuve que le PMOI a continué à s’engager dans l’opposition armée au gouvernement iranien, si les gens associés à la PMOI font toujours face à des violations des droits humains en Iran.

Depuis la mi-2008, le gouvernement irakien a indiqué à maintes reprises qu’il voulait fermer le camp d’Achraf, et que ses résidents devaient quitter l’Irak ou risquaient d’être expulsés du pays.

Amnesty International a exhorté les autorités à ne renvoyer de force aucun des résidents du camp d’Ashraf ou s’autres Iraniens en Iran, où ils seraient exposés au risque de torture et d’autres graves violations des droits humains.

L’organisation a appelé les autorités irakiennes à enquêter sur toutes les allégations de torture et de brutalités, et à traduire les coupables en justice. L’organisation a également appelé les autorités à fournir des soins médicaux appropriés aux 36 détenus et à les libérer à moins qu’ils ne soient inculpés sans délai d’une infraction reconnaissable et traduits en justice conformément aux normes internationales de procès équitable.

(Traduit de l’original en anglais – NDLR)

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