vendredi, décembre 2, 2022
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Achraf est un symbole de la défense des valeurs humaines, républicaines et démocratiques en Iran

CNRI – Lors d’une conférence internationale de juristes à Bruxelles le 25 octobre dernier en présence de Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, et de nombreux ténors du barreau et d’experts de premier plan, le Dr. Saleh Radjavi, représentant en France du Conseil national de la résistance iranienne, a fait l’intervention suivante :

Pour moi en tant que membre de la résistance iranienne, c’est un grand honneur de pouvoir prendre la parole devant une assemblée de qualité composée d’éminents avocats et de juristes de renom international qui ont su et qui ont pu allier avec une grande efficacité, la compétence, le savoir avec l’humanisme et le démocratisme. C’est d’ailleurs je pense la raison pour laquelle vous vous trouvez ici pour défendre la cause des combattants de la liberté d’Achraf.

Ces fleurons de la société iranienne, ces amoureux de la liberté, qui il y a vingt ans, alors qu’ils avaient pour la plupart des diplômes des universités les plus prestigieuses du monde et qu’ils étaient promis à une vie agréable, ont tout abandonné pour aller s’installer à la Cité d’Achraf qui était à l’époque un terrain aride, aux confins du désert, à mi chemin entre Bagdad et la frontière iranienne. Et pourquoi Achraf ? Parce qu’ils voulaient être à proximité de leur pays pour avoir des rapports organiques avec les résistants à l’intérieur, c’est-à-dire avec la mère patrie.

Ils y sont allés non seulement pour défendre les libertés fondamentales en Iran, non seulement pour accélérer le changement démocratique dans le cadre d’une démocratie pluraliste et laïque dans ce pays, mais aussi pour dresser un mur devant l’expansionnisme du régime des mollahs et l’exportation de l’intégrisme islamique.

En réalité le régime des mollahs utilise un islam défiguré, dénaturé, démagogique et liberticide, instrumentalisé aussi pour avancer ses pions et rester au pouvoir. Or, étant donné qu’il est rejeté par la quasi-totalité de la société iranienne, il essaie avec cette arme, avec cet islam déformé, d’étendre ses tentacules comme un cancer dans les pays voisins et les pays islamiques, des pays où malheureusement la pauvreté fait rage et la jeunesse en quête d’identité constitue une proie facile pour l’intégrisme et le terrorisme islamique, on l’a vu récemment en Irak et ailleurs.

Donc le combat des Moudjahidine du peuple, dès le jour où ils sont arrivés à Achraf, était un combat qui s’annonçait dur. Il fallait avoir un courage extraordinaire, une détermination sans faille pour le mener à bien. Alors certes, ils ont transformé le désert en une ville florissante et verdoyante qui correspond d’ailleurs à toutes les normes de l’urbanisme et de l’écologie. Mais durant ces vingt années, les Moudjahidine d’Achraf étaient en état d’alerte permanente devant les attaques des gardiens de la révolution et les actions terroriste perpétrées par ce régime. On a vu les attaques de mercenaires de ce régime, on a vu les explosions de voitures piégées, les bombardements aériens et on a vu également tirs de missiles les plus nombreux auxquels l’Iran n’ait jamais procéder se déverser sur Achraf, 72 en une nuit. Donc il fallait avoir une volonté de fer pour résister devant autant de difficultés, et ils l’ont fait

Par la suite, la guerre d’Irak a éclaté. Elle était annoncée déjà en octobre ou en novembre 2002. En janvier 2003, tout le monde savait que la guerre allait avoir lieu. A ce moment là, les gens d’Achraf pouvaient très bien abandonner le pays. Ils ne l’ont pas fait, ils sont restés. C’était un choix délibéré, parce que ils ne voulaient pas laisser le terrain aux mollahs. Ils ne voulaient pas abandonner le combat qui est aujourd’hui non seulement le combat du peuple iranien, mais le combat du monde entier, le combat entre deux cultures, entre l’arbitraire et le fanatisme d’un coté, et de l’autre les valeurs humaines et démocratiques.

Et d’ailleurs par la suite, lorsque la guerre a commencé, le régime des mollahs a dit par l’intermédiaire des Anglais aux Américains qu’il allait collaborer avec eux, qu’il n’entrerait pas dans les affaires intérieures de l’Irak et qu’en échange, ils devaient bombarder la base d’Achraf. Ce qui a été fait. Donc il gagnait la destruction totale de cette ville. D’ailleurs nous avons vu que cette ville a ressurgi de ses cendres. Ce que vous avez vu naître, c’était la ville nouvelle.

Quelques jours après les bombardements, lorsque  le général Odierno, le commandant de la force multinationale est venue à Achraf, il a déclaré à l’AFP : je suis allé à Achraf avec pleins de préjugés. Mais là-bas, au terme de plusieurs heures de discussion, de dialogue et d’investigation,  j’ai été agréablement surpris de me trouver en face des gens animés par une motivation profonde et démocratique, et j’ai été admiratif devant cette détermination et j’ai vu qu’ils partageaient les mêmes valeurs humaines et démocratiques.

Nous sommes là en face de contradictions internationales absolument ahurissantes : d’un coté ceux qui sont sur place se rendent compte de cette réalité et de l’autre coté les gouvernements européens et occidentaux maintiennent l’organisation des Moudjahidine du peuple sur la liste des organisations terroristes

Malgré tout cela les combattants d’Achraf ont continué leur combat. Vous savez qu’ils ont été extrêmement limités dans leur base d’Achraf qui ne fait que quelques kilomètres de superficie. Néanmoins, ils ont pu alerter l’opinion publique irakienne et lui faire connaître la nature du régime des mollahs. Ils ont dénoncé l’ingérence du régime de Téhéran  preuves à l’appui en Irak et dans le terrorisme qui y sévit et qui a transformé ce pays en enfer.

Néanmoins la cité d’Achraf est restée une cité non seulement florissante, mais aussi épanouie et heureuse où on assiste régulièrement à des concerts et des événements artitisques.

C’est d’ailleurs une cité dans la quelle les femmes sont en première ligne. Notre présidente Maryam avait dit, dans la mesure où les femmes sont les premières victimes de l’intégrisme islamique, il faut qu’elles soient en première ligne de combat. D’ailleurs l’état-major des Moudjahidine à Achraf est constitué de femmes.

Ils ont résisté devant les Américains, ils ont résisté devant toutes ces difficultés et par ailleurs, comme l’expliquait notre présidente, ils ont pu faire adhérer à leur cause 5,2 millions d’Irakiens parmi lesquels 12.000 avocats et juristes, c’est-à-dire la quasi-totalité des avocats et juristes irakiens et toute l’intelligentsia de l’Irak. Tous les hommes de bonne volonté, toutes les personnalités démocrates irakiennes. 

Les parlementaires irakiens qui étaient venus il y a quelques jours à Paris et qui sont allés au Parlement européen disaient qu’il ne fallait pas sous-estimer ce nombre parce que tous ces gens avaient pris des risques énormes. Le fait de figurer sur cette liste des 5,2 millions, c’est une condamnation à mort par le régime des mollahs et plusieurs dizaines de ces personnes ont été exécutées par les mercenaires du régime des mollahs.

Il y a donc une sorte de solidarité que les Moudjahidine d’Achraf ont pu créer en Irak. Une solidarité démocratique qui a sa valeur. Aujourd’hui la Cité d’Achraf est un symbole non seulement de la libération de l’Iran, mais aussi de la défense des valeurs humaines, républicaines et démocratiques qui nous concernent tous.

Je pense que vous avez dit l’essentiel. Je suis persuadé que la défense d’Achraf est le devoir de tout homme digne de ce nom, de tout homme attaché à ces valeurs humaines et démocratiques, qui a un minimum de conscience et de vision d’avenir, et qui ne veut pas que ses enfants soient en proie à la guerre de religion que le régime des mollahs est en train de lancer.

Vous avez vu les événements du Liban, vous avez vu l’aide considérable que le régime des mollahs apporte aux mouvements extrémiste au Moyen-Orient pour déstabiliser cette région. Donc aujourd’hui l’Irak est la scène de plusieurs guerres, où le destin de plusieurs pays se détermine. D’une part la guerre entre le despotisme qui règne en Iran et le peuple iranien, d’autre part la guerre du peuple iranien pour accéder à la démocratie et en troisième lieu la guerre entre les mollahs et les Américains.

Donc la présence des Moudjahidine à Achraf  est une barrière indispensable pour assurer l’avenir de cette région dans le sens de la démocratie. Mettre les Moudjahidine hors de l’Irak, cela veut dire abandonner le terrain et, comme le disent les Irakiens eux-mêmes, offrir l’Irak sur un plateau d’argent au régime des mollahs. Je pense que ce serait une erreur extrêmement grave de la communauté internationale de se prêter à un tel jeu, d’autant plus que les instruments juridiques permettent d’éviter ce désastre humanitaire. Je pense qu’il n’est pas question que les Moudjahidine soient renvoyés en Iran, mais de plus ils ne seront envoyés nulle part. Ils sont là depuis vingt ans et selon la constitution irakienne à partir du moment où on est en Irak depuis plus de cinq ans, on bénéficie de facto du statut de réfugié politique. Il est évident que la défense d’Achraf aujourd’hui, c’est notre devoir à tous. Je suis persuadé que vous mettrez tous les moyens en œuvre pour empêcher que les gens d’Achraf soient déplacés de cette cité merveilleuse et symbolique.

Je vous remercie.

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