
Intervenant lors du Sommet mondial « Iran libre 2026 » à Paris, le Dr Margot Käßmann — théologienne de renom, ancienne évêque et présidente de l’Église évangélique d’Allemagne — a fermement réfuté l’idée selon laquelle le régime iranien serait inébranlable. Le Dr Käßmann a directement contesté l’argument cynique — souvent colporté auprès de la communauté internationale — selon lequel le régime, ayant survécu à diverses guerres et crises géopolitiques, en serait ressorti renforcé et serait là pour durer.
Le Dr Käßmann a soutenu que cette analyse fataliste est un outil délibérément utilisé par le régime pour briser l’esprit du peuple iranien et étouffer le soutien mondial à sa cause. « Ce discours cherche à faire comprendre au peuple iranien et au monde entier qu’il n’y a aucun espoir de changement, que ce régime est là pour durer et qu’il faut s’y résigner », a-t-elle déclaré, rejetant catégoriquement un tel défaitisme.
En opposant ce récit à la réalité du terrain, le Dr Käßmann a souligné que la société iranienne n’a pas gardé le silence. Elle a évoqué la colère palpable des familles de prisonniers exécutés, les voix persistantes des dissidents et le courage constant des femmes et de la jeunesse comme autant de preuves que le pouvoir du régime n’est qu’une façade illusoire. « Ce régime n’a pas d’avenir », a-t-elle affirmé, notant que si les conflits géopolitiques peuvent compliquer la voie de la contestation, la volonté fondamentale de liberté demeure indestructible.
En présentant la résistance comme un combat contre l’humiliation systémique et la mort organisée par l’État, le Dr Käßmann a désigné le CNRI comme une voie nécessaire vers la justice. Elle a conclu que la véritable trajectoire du peuple iranien mène vers la liberté, et non vers l’acceptation de ses oppresseurs, et que le désir d’un Iran libre finira par triompher des tentatives du régime pour l’étouffer.
Voici le texte intégral du discours du Dr Margot Käßmann :
Dr Käßmann : Pourquoi la séparation de la religion et de l’État est la clé pour mettre fin à la terreur d’État en Iran
Merci beaucoup, Madame la Présidente élue. Je suis heureuse d’être de nouveau parmi vous.
La semaine dernière, en tant que l’une des trente évêques et rabbins (hommes et femmes) signataires, j’ai cosigné une déclaration portée par l’ancien archevêque anglican Rowan Williams.
En tant que dignitaires religieux chrétiens et juifs, nous condamnons fermement la vague d’exécutions politiques en Iran et défendons les droits des minorités religieuses.
Le problème actuel est que l’on parle constamment de l’Iran en termes de crise géopolitique, de menace nucléaire ou de conflit régional ; or, il s’agit avant tout d’êtres humains. Il s’agit de femmes, d’hommes, de jeunes et d’enfants.
Je suis aujourd’hui grand-mère de sept petits-enfants ; lorsque je pense aux enfants iraniens qui souffrent de la peur, de la crise économique et de la guerre, je me dis que ce sont eux que nous devons défendre.
Partout où des populations sont terrorisées par un régime brutal, notre conscience religieuse, humaniste et démocratique ne doit pas rester silencieuse.
La déclaration de ces dignitaires religieux naît de ce sens des responsabilités : nous ne garderons pas le silence.
Concernant l’oppression des chrétiens et des autres minorités religieuses en Iran : la liberté de religion, d’expression et de conviction doit être garantie, y compris pour les musulmans qui souhaitent pratiquer leur foi différemment de ce que prescrit le régime.
C’est pourquoi le programme du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) — qui prône la séparation de la religion et de l’État ainsi que la liberté pour toutes les religions — mérite notre soutien.
On entend souvent dire que le régime iranien s’est renforcé pour avoir survécu à la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël.
Cette analyse cherche à faire croire au peuple iranien et au monde entier qu’il n’y a aucun espoir de changement, que ce régime est là pour durer et qu’il faut s’y résigner.
Nous nous y opposons fermement, car la société iranienne ne s’est pas tue.
La colère et le désespoir des familles des personnes exécutées, les voix des prisonniers politiques dont nous avons été témoins, ainsi que la résistance des femmes et des jeunes, envoient un message clair : ce régime n’a pas d’avenir.
Certes, la guerre a parfois rendu les manifestations plus difficiles, mais la soif de liberté n’a pas disparu.
Cette voix continuera de se frayer un chemin. Il s’agit d’une résistance face à l’humiliation, au mensonge, à la mort organisée et à un régime qui cherche à réduire les gens au silence.
Et cette résistance, comme nous l’avons vu, pénètre jusque dans les prisons, les salles de torture et les lieux d’exécution. J’éprouve pour cela le plus grand respect et la plus profonde admiration.
Dans la tradition chrétienne, tout comme dans l’histoire de mon propre pays, nous connaissons de telles formes de résistance.
Je pense à Dietrich Bonhoeffer, qui s’est opposé au national-socialisme au péril de sa vie, [et à] Elisabeth von Thadden, membre de l’Église confessante, qui fut exécutée.
À l’évidence, la foi — la véritable foi — peut engendrer

