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Mahan Taraj souligne l’engagement intergénérationnel envers la Résistance iranienne lors du Sommet mondial « Iran libre 2026 »

Mahan Taraj réaffirme l'engagement intergénérationnel envers la Résistance iranienne lors du Sommet mondial « Iran libre 2026 »

Mahan Taraj — juriste iranienne, fondatrice du podcast « L’Iran Décrypté » et membre du CSDHI — a livré une réflexion poignante sur la lutte du peuple iranien pour la démocratie lors du Sommet « Iran libre 2026 », qui s’est tenu à Paris le 21 juin. Évoquant une vie qui a débuté dans « l’ombre » du massacre du 20 juin 1981 — date à laquelle ses parents ont fui le régime, elle a retracé son parcours personnel, passant du statut d’enfant de l’exil à celui de militante engagée aux côtés du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI).

Me Taraj a souligné que son soutien au mouvement ne découlait pas d’une conviction héritée, mais était le fruit d’une réflexion rigoureuse. Grâce aux outils d’analyse acquis lors de sa formation juridique, elle a conclu que le programme de la Résistance — axé sur les droits humains, l’égalité des sexes, la séparation de la religion et de l’État ainsi que l’État de droit — représentait la seule voie viable pour l’Iran libre de demain. Elle a noté que cette voie est empruntée par de nombreuses personnes de sa génération qui, bien qu’ayant grandi dans des sociétés démocratiques, ressentent un lien moral profond avec la lutte menée dans leur pays d’origine.

Le cœur de son message résidait toutefois dans l’hommage rendu à la résistance « infiniment plus courageuse » qui se déploie à l’intérieur même des frontières iraniennes. En mettant en lumière le sacrifice de figures telles que Vahid Bani-Amerian, Me MahanTaraj a soutenu que le recours à la torture et aux exécutions par le régime n’avait pas réussi à étouffer l’esprit de résistance. Elle a décrit cette lutte comme un front uni reliant la diaspora aux Unités de résistance présentes en Iran. Enfin, elle a déclaré que le sang versé en 1981 continue d’alimenter un mouvement intergénérationnel voué à l’instauration d’une république démocratique et laïque.

Voici le texte du discours de Me Mahan Taraj :

Mahan Taraj: Why the third generation of Iranians chooses the NCRI’s democratic vision.

 

Il y a 45 ans, le 20 juin 1981, un demi-million d’Iraniens manifestaient pacifiquement dans les rues de Téhéran. Ils manifestaient pour la liberté. Ils manifestaient pour la démocratie.

Le régime a répondu par les balles. Mes parents figuraient parmi ceux qui fuyaient les tirs. Ma mère était enceinte de huit mois. Je suis né un mois plus tard. D’une certaine manière, ma vie a commencé dans l’ombre du 20 juin 1981.

À l’âge de six ans, mes parents ont quitté l’Iran pour trouver refuge en France.

J’ai grandi dans la liberté et la sécurité, dans un pays régi par l’État de droit. Même si je suis douloureusement conscient que, ici aussi, l’État de droit peut parfois être mis à mal, comme nous l’avons vu cette semaine avec l’interdiction arbitraire de la manifestation de la Résistance iranienne à Paris.

J’ai fait des études de droit et construit ma vie professionnelle en France. En grandissant, je ne voulais pas hériter automatiquement des convictions politiques de mes parents.

Je voulais comprendre par moi-même. Je voulais juger sur la base des faits, avec l’esprit critique que ma formation juridique m’avait inculqué.

J’ai donc étudié, interrogé et comparé. Et plus j’apprenais, plus ma conclusion devenait évidente.

J’ai choisi de soutenir le Conseil national de la Résistance iranienne et l’OMPI, car j’ai trouvé dans leur vision les principes auxquels je crois le plus profondément : la démocratie, le pluralisme, les droits humains, l’égalité entre les femmes et les hommes, la séparation de la religion et de l’État, ainsi que l’État de droit.

Mon parcours n’est pas unique. C’est celui de beaucoup de personnes de ma génération : des enfants de l’exil qui ont grandi dans des sociétés libres et qui, par la réflexion et la conviction, ont rejoint la Résistance iranienne.

Mais aujourd’hui, je tiens à évoquer un autre parcours. Un parcours qui exige infiniment plus de courage.

Les hommes et les femmes qui vivent en Iran n’ont connu que la dictature. Ils ont vécu sous la censure, la répression et la peur. Et pourtant, ils parviennent exactement à la même conclusion. Eux aussi choisissent la résistance. Eux aussi choisissent la liberté.

Songez à des militants comme Vahid Bani-Amerian. C’était un ingénieur [et un] professeur de physique.

Il en connaissait le prix. Il savait que la torture et l’exécution étaient des possibilités bien réelles.

Pourtant, il a choisi de se dresser. Le régime l’a exécuté, mais il n’a pu tuer ce qu’il représentait, car il existe des milliers d’autres personnes comme lui.

À travers l’Iran, les unités de la Résistance continuent de tout risquer, convaincues que leur pays peut être libre.

Nos parcours ont débuté dans des lieux différents. Le nôtre a commencé à l’abri, dans des pays comme la France, en Europe ou aux États-Unis. Le leur a commencé à l’intérieur même de l’Iran, sous l’ombre de la répression et de la potence.

Mais nous participons tous à la même lutte pour la liberté. Nous sommes unis par la conviction que le peuple iranien mérite une république démocratique et laïque.

Le sang versé le 20 juin 1981 ne l’a pas été en vain. Il perdure en chacun de ceux qui refusent de céder à la tyrannie. Il perdure dans chaque acte de résistance. Il perdure dans le soutien international au droit du peuple iranien à la liberté et à la démocratie.

Il coule dans les veines des générations successives, jusqu’à cette troisième génération qui lutte aujourd’hui, tant en Iran qu’à travers le monde.

Et ensemble, nous ne connaîtrons aucun répit. Nous ne nous reposerons pas tant que l’aube d’une république libre ne se lèvera enfin sur l’Iran. Merci.