
Le quarante-cinquième anniversaire de la Résistance nationale du peuple iranien n’est pas seulement une commémoration historique. Il rappelle un choix fondamental qui définit la lutte moderne de l’Iran depuis le 20 juin 1981 : se soumettre à la tyrannie religieuse ou résister pour la liberté. À travers l’emprisonnement, les exécutions, l’exil, les campagnes de diabolisation et les pressions politiques internationales, cette Résistance a perduré. Aujourd’hui, elle se trouve au centre de l’équation déterminante de l’Iran : ni la guerre étrangère, ni l’apaisement, ni un retour à l’ancienne dictature ne peuvent apporter la liberté à l’Iran. La seule voie viable est le changement porté par le peuple iranien et sa Résistance organisée.
Depuis plus de quatre décennies, le régime clérical s’appuie sur trois instruments pour assurer sa survie : la répression intérieure, le bellicisme régional et la poursuite de l’arme nucléaire. Ces politiques ne sont pas accidentelles. Elles constituent les piliers stratégiques d’un régime incapable de répondre aux besoins les plus élémentaires de la population et qui n’a aucune réponse à la demande de liberté du peuple iranien. La guerre a toujours servi d’outil pour renforcer l’oppression et, aujourd’hui, de bouclier contre les soulèvements internes, tandis que la paix et le cessez-le-feu ont été considérés par le régime comme des menaces existentielles. C’est pourquoi tout véritable accord mettant fin à la guerre et réduisant les souffrances du peuple iranien doit être accueilli favorablement. Mais il faut également comprendre que ce régime n’abandonnera pas volontairement les exécutions, le terrorisme, le chantage nucléaire ou l’ingérence régionale. Il ne s’agit pas d’excès du système ; ce sont ses méthodes de survie.
Pendant plus de quarante ans, les gouvernements occidentaux ont poursuivi des politiques d’« engagement », de « dialogue constructif » et de « dialogue critique », tout en ignorant le peuple iranien et sa résistance organisée. Loin de modérer le régime, ces politiques ont contribué à assurer sa survie. À la demande de Téhéran, certains gouvernements sont même allés jusqu’à restreindre les activités légitimes de l’opposition démocratique. Cette politique erronée a causé de grands préjudices au peuple iranien et a mis en danger la paix et la stabilité régionales et mondiales, des conséquences qui sont désormais évidentes pour tous.
L’interdiction de dernière minute du grand rassemblement « Free Iran » à Paris, prévu le 20 juin, constituait, selon les mots de Boris Johnson, une « capitulation devant le régime ». Ironiquement, selon les autorités françaises, cette interdiction était justifiée par des menaces terroristes visant le rassemblement, émanant à la fois du régime iranien et des partisans du Shah déchu, dont certains sont devenus de plus en plus actifs et cherchent à réhabiliter l’héritage de la tristement célèbre police secrète du Shah.
Des dizaines de milliers d’Iraniens et de partisans de la liberté étaient venus à Paris de toute l’Europe et d’ailleurs pour exprimer un message simple : le peuple iranien rejette à la fois le Shah et les mollahs. La tentative de Téhéran de réduire ce message au silence n’a pas démontré la force du régime ; elle a révélé sa peur. La dictature cléricale craint bien davantage une alternative organisée que des protestations dispersées, des pressions étrangères ou des condamnations rhétoriques. Elle redoute un mouvement qui possède des racines en Iran, un long historique de sacrifices et un programme démocratique clair pour transférer la souveraineté au peuple.
La controverse entourant le rassemblement de Paris a également mis en lumière une autre vérité importante : les vestiges de la dictature du Shah ont à plusieurs reprises servi à entraver les soulèvements, tout en présentant au monde un faux choix entre deux formes de dictature. Le peuple iranien a déjà répondu à ce faux dilemme dans les rues : « Ni Shah, ni mollahs ». L’avenir de l’Iran ne peut être construit en recyclant le passé, qu’il soit sous une couronne ou sous un turban. Une république démocratique n’est pas un slogan ; c’est le cadre politique nécessaire pour mettre fin au cycle de la dictature.
La question centrale n’est donc pas de savoir si le régime est faible. Il l’est. La question plus profonde est de savoir s’il existe une force capable de transformer la colère populaire en changement organisé. La réponse réside dans le Conseil national de la Résistance iranienne et ses composantes, notamment les Unités de Résistance de l’OMPI/MEK, ces jeunes hommes et femmes qui agissent sous la répression la plus sévère et maintiennent vivant l’esprit de soulèvement à travers l’Iran. Ils ne sont ni une campagne virtuelle, ni une construction médiatique, ni un projet artificiel fabriqué à l’étranger. Ils sont l’expression vivante d’une société qui a accumulé des décennies de souffrance, de pauvreté, d’humiliation et de colère sous le fascisme religieux.
La crédibilité de la Résistance découle également de son parcours. C’est la Résistance iranienne qui a révélé les installations nucléaires secrètes du régime à Natanz et Arak en 2002 et qui, grâce à des révélations répétées au fil des décennies, est devenue l’un des principaux obstacles à l’acquisition de la bombe atomique par les mollahs. C’est ce mouvement qui a payé le prix le plus lourd dans les prisons et les chambres d’exécution, notamment lors du massacre de 1988, lorsque des milliers de prisonniers politiques, dont la plupart étaient membres de l’OMPI/MEK, ont été exécutés pour avoir refusé de renoncer à leurs convictions. Un tel mouvement ne peut être discrédité par la propagande ni effacé par la répression.
La proposition du Conseil national de la Résistance iranienne pour un gouvernement provisoire offre une feuille de route démocratique claire. Son objectif n’est pas de s’emparer du pouvoir, mais de transférer la souveraineté au peuple iranien par le biais d’élections libres pour une Assemblée constituante dans les six mois suivant le renversement du régime. C’est précisément ce qui distingue une alternative démocratique à la fois de la théocratie au pouvoir et des vestiges de la monarchie : elle place les urnes, et non l’héritage, la force ou l’autorité cléricale, au centre de l’avenir de l’Iran. Il est temps pour les gouvernements occidentaux de corriger leur politique à l’égard de l’Iran en y intégrant l’élément qui lui a toujours manqué : le peuple iranien et sa résistance organisée.
L’Iran n’a pas besoin d’une guerre étrangère. Il n’a pas besoin d’un autre dictateur. Ce dont il a besoin, c’est de la reconnaissance du droit du peuple iranien à renverser la tyrannie et à construire une république fondée sur la souveraineté, l’égalité, le pluralisme et la coexistence pacifique. Les mots d’ordre de cette lutte sont simples et profonds : paix et liberté. Et malgré toute la répression, les interdictions, les exécutions et les conspirations, ces mots résonnent aujourd’hui plus fort que jamais.

