
Le dimanche 7 septembre 2025, une puissante vague de protestations a déferlé sur l’Iran, révélant les failles profondes et grandissantes dans l’autorité du régime clérical. De la capitale, Téhéran, aux grandes villes comme Ahvaz (sud-ouest), Kermanshah (ouest), Rasht (nord) et Suze (sud-ouest), en passant par des pôles industriels comme Gachsaran (sud), des citoyens de tous horizons sont descendus dans la rue. Cette vague de contestation simultanée, impliquant retraités, fonctionnaires, contractuels, étudiants et professionnels, révèle l’échec total du régime à fournir les produits de première nécessité et met en lumière une population de plus en plus organisée, courageuse et exigeant explicitement la fin de la tyrannie.
L’effondrement économique : « Nos tables sont vides »
Le principal catalyseur des manifestations a été la gestion économique catastrophique du régime, qui a plongé des millions de personnes dans la pauvreté. Dans toutes les villes du pays, les retraités des caisses de sécurité sociale et de l’acier – ceux-là mêmes qui ont bâti les infrastructures du pays – se sont mobilisés contre des pensions bien inférieures au seuil de pauvreté. À Téhéran, des retraités se sont rassemblés devant le bâtiment de l’Organisation de la sécurité sociale, leurs slogans liant directement leurs souffrances aux priorités du régime : « Halte au bellicisme, nos tables sont vides ! »
September 7—Kermanshah, western Iran
Retirees in Kermanshah gathered in front of the Social Security building to protest inadequate pensions and poor services.#IranProtestspic.twitter.com/pmnBjClt3t— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 7 septembre 2025
Ce sentiment a trouvé un écho dans tout le pays. À Suze (sud-ouest), les retraités scandaient : « Assez d’oppression et de tyrannie, nos tables sont vides ! » À Kermanshah (ouest), les manifestations ont pris une tournure plus virulente, ciblant la corruption endémique du régime avec des slogans tels que : « Le fils du fonctionnaire est sur un coffre au trésor, le retraité est à l’agonie ! »
Les manifestations ne se limitaient pas aux retraités. Dans la ville pétrolière de Gachsaran, au sud du pays, les travailleurs contractuels de la compagnie pétrolière et gazière se sont rassemblés pour exiger la sécurité de l’emploi, démontrant que le mécontentement couve même au sein du secteur économique le plus vital de l’Iran.
Un front de défiance grandissant
Les manifestations du 7 septembre ont démontré que la résistance s’est étendue bien au-delà des revendications économiques spécifiques pour inclure les professionnels, les étudiants et même les familles des prisonniers. À Téhéran, pour la deuxième journée consécutive, les candidats aux examens du conseil médical et des certificats de spécialisation se sont rassemblés devant le ministère de la Santé, exigeant transparence et responsabilité dans un système qu’ils jugent corrompu.
September 7—Tehran, Iran
Candidates for the board and specialized certification exams gathered for the second consecutive day in front of the main entrance of the Ministry of Health, raising their voices in protest.#IranProtests pic.twitter.com/EEEuMiG0Uw— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 7 septembre 2025
Parallèlement, les campus universitaires sont devenus de nouveaux foyers de tension. À l’université Tarbiat Modares de Téhéran, les étudiants ont protesté contre la qualité déplorable et la désorganisation des services de restauration. Au dortoir Chamran, la colère des étudiants a éclaté face à une hausse soudaine des prix de repas de mauvaise qualité.
L’un des événements les plus marquants s’est produit à Kermanshah, à la prison de Dizelabad, où une coupure de courant a paralysé la salle de visite des familles. Après avoir été laissée dans l’incertitude, une femme courageuse a commencé à manifester, incitant près de 200 autres membres des familles présentes à la rejoindre. Leur résistance collective a contraint les autorités pénitentiaires à rétablir le courant en moins d’une heure.
De la demande de pain aux appels à la liberté
Si les difficultés économiques servent de catalyseur, les slogans scandés dans les rues révèlent un profond réveil politique ciblant le cœur du régime. Les revendications ont évolué, passant de revendications de meilleurs salaires à des appels sans équivoque à la liberté. À Ahvaz, les manifestants ont scandé un puissant message de défiance : « Nous ne vivrons pas sous la tyrannie, nous sacrifierons nos vies pour la liberté. Mort à cet esclavage, honte à cet esclavage.»
September 7—Ahvaz, southwest Iran#IranProtests
Retirees of the Social Security Organization gathered in front of the organization's provincial office to protest harsh living conditions and the trampling of their rights.
The protesters chanted slogans such as:
"We will not submit… pic.twitter.com/d68Q1MwqbX— People's Mojahedin Organization of Iran (PMOI/MEK) (@Mojahedineng) 7 septembre 2025
Cette dimension politique était présente dans tout le pays. Les manifestants ont exigé la libération des prisonniers politiques avec le slogan unifié : « Les manifestants emprisonnés doivent être libérés.» À Kermanshah, les retraités ont transformé leur protestation en un appel à la mobilisation nationale, criant : « Retraités, levez-vous ! Ce n’est pas le moment de s’asseoir ! » Cette solidarité s’est également manifestée par leur soutien aux autres groupes opprimés, scandant : « Nous soutenons les enseignants du Kurdistan! » Ces slogans confirment que le peuple iranien considère ses luttes individuelles comme faisant partie d’un combat unique et unifié contre la théocratie au pouvoir.
Les manifestations du 7 septembre sont une condamnation sans équivoque d’un régime en faillite face à une population qui a perdu ses peurs. L’étendue géographique des manifestations, la diversité des participants et le caractère ouvertement politique des slogans témoignent de la cohésion du mouvement national pour un changement fondamental.

