lundi, décembre 5, 2022
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Lord Alton: les derniéres mesures de répression en Iran montrent justement que la dissidence est bien vivant

Lord Alton: les derniéres mesures de répression en Iran montrent justement que la dissidence est bien vivant

Le législateur britannique, Lord Alton de Liverpool, affirme que les activistes en Iran continuent d’être en « grave danger, » mais ne seront pas vaincus par la violence du régime. Lord Alton, un membre d’autre allégeance de la Chambre des Lords du Royaume-Uni, a écrit mercredi sur PoliticsHome :

 

« Dernièrement, un représentant de la police iranienne des cybers crimes s’est servi d’un média d’Etat du pays pour se vanter des succès du régime dans la perturbation des réseaux pacifiques sur Instagram et autres médias sociaux. Ceci a attiré l’attention des médias Occidentaux sur une série d’arrestations qui a eu lieu en Mars dans le cadre d’une opération d’infiltration baptisée « Spider II. » L’internet iranien s’est transformé en champ de bataille culturel où les idées laïques et pro démocratiques sont énergiquement combattus par le régime iranien.»

« Huit mannequins ont été arrêtées dans le cadre de cette répression, pour avoir commis le crime de poster des images d’elles sans leurs foulards prescrits par la loi. 21 autres individus ont des affaires pénales pendantes contre eux suite à la même opération d’infiltration. »

« Bien qu’il soit difficile de confirmer les déclarations du gouvernement iranien sur l’ampleur de cette répression, la rhétorique l’entourant à elle seule suffit pour faire surgir le spectre d’arrestation et de persécution contre toute personne ayant été impliquée dans des activités similaires sur Instagram ou sur internet en général. Ces activités incluent non seulement la modélisation, mais aussi la photographie, la création de mode, le maquillage professionnel, et le blogging. Des personnes de chacune de ces professions ont été mentionnées pour avoir été balayées dans l’opération Spider II. »

« Le danger de l’arrestation est omniprésente dans la République islamique d’Iran si vos activités professionnelles ou personnelles sont en déphasage avec l’idéologie fondamentaliste zélée que le régime décrète pour tout son peuple. Mais, ce danger croît énormément une fois qu’une personne a été identifiée par les agents du gouvernement. Le régime a un penchant pour les arrestations répétées des activistes, ainsi que d’autres prisonniers politiques qui ont été arrêtés dans le passé pour avoir exprimé leur différence d’opinion, s’être exprimé contre l’injustice apparente ou pour avoir affiché des convictions laïques ».

« Le danger auquel sont exposé actuellement les mannequins Instagram et leurs followers est très sérieux. Des citoyens iraniens ont été condamnés à des peines de prison extrêmement longues pour beaucoup moins. En 2014, la jeune dessinatrice Atena Farghadani a été arrêtée, puis condamnée à 12 ans de prison pour le crime d’avoir posté sur Facebook une seule bande dessinée représentant les responsables iraniens comme des animaux et protestant contre les lois et politiques limitant les droits des femmes. Bien que sa peine ait récemment été commuée à 18 mois, à la lumière du bilan de Téhéran en ce qui concerne les arrestations répétées, il est certain qu’à partir de maintenant et pour le reste de sa vie, Farghadani regardera par-dessus son épaule jusqu’à ce que le régime théocratique arrive à son déclin. »

Lord Alton a souligné que le Dr. Ahmed Shaheed, Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’Homme en Iran, a déclaré au Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies, le 14 mars 2016 : « Au moins 966 personnes – le taux plus élevé en deux décennies – ont été exécutées en 2015. Au moins 73 délinquants juvéniles auraient été exécutés entre 2005 et 2015. Sur les deux dernières années seulement, 16 délinquants juvéniles ont été exécutés. Actuellement, au moins 160 autres attendent le même sort dans le couloir de la mort. »

Pourtant ce n’est pas le plus mal, a soutenu Lord Alton.

« Environs deux mois avant l’arrestation de Farghadani, un autre activiste du nom de Gholamreza Khosravi a été pendu à la prison de Rajai Shahr pour crime d’ « inimitié à l’égard de Dieu ». Sa condamnation sur cette accusation provient uniquement de sa contribution financière apportée à une chaine de télévision satellite soutenant le mouvement d’opposition iranien, l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI). »

« Bien que l’OMPI entretienne un vaste et intelligent réseau de militants à l’intérieur de l’Iran, son expérience globale est indicative du grave danger encouru par ses militants. Environs 120.000 militants et sympathisants de l’OMPI ont été exécutés ou assassinés depuis la création de la République islamique en 1979. Et la pression constante exercée sur les autres et sur leurs familles a amené un grand nombre à fuir vers l’Europe de l’Ouest, l’Amérique du Nord, et ailleurs. L’OMPI représente le plus grand groupe constitutif du Conseil National de la Résistance iranienne (CNRI), dirigé par une femme musulmane, Maryam Radjavi. »

« Mais il est important que les lecteurs ne se trompent pas en considérant l’un des rapports ci-dessus comme des rapports de l’échec de l’activisme en Iran. Bien que la plupart des jeunes progressistes du pays ait été forcé à la clandestinité du fait de la répression des insurrections en 2009, le récente répression du cyberespace montre qu’une telle oppression n’a nullement empêché les gens de déclarer leur opposition à l’idéologie restrictive du régime ».

En plus des manifestations pour les droits du travail et des rassemblements des familles et amis de nombreux prisonniers politiques du régime à l’extérieur des prisons, il y existe d’autres actes de dissidence qui ont lieu en dehors du pays, qui se déploient pour mettre une plus grande pression sur le régime en s’exprimant hors de la portée de sa répression nationale, a-t-il écrit.

« Ces actes incluent les manifestations qui ont été organisées en partie par le CNRI de manière à coïncider avec les visites récentes de l’État iranien auprès de potentiels partenaires commerciaux Européens. Dans ce cas précis, les simples plans de cette protestation obligèrent le président iranien, Hassan Rohani, à annuler un voyage prévu pour Vienne, de peur qu’il ne soit confronté à l’humiliation d’une exposition médiatique pour la persistance des violations des droits de l’Homme, » a écrit Lord Alton.

« Et le 9 Juillet, le CNRI organisera un grand rassemblement des expatriés iraniens et sympathisants politiques à Paris appelé « Iran libre ». L’événement de l’année dernière a attiré une foule d’environ 100.000 personnes, et cette année, cela devrait dépasser ces chiffres, montrant de ce fait, la ténacité de l’activisme iranien ».

« Nul doute que nous verrons d’autres indicateurs de cette même ténacité dans la période préparatoire de cet événement. Dans le même esprit, nous verrons sûrement plus de répressions similaires à l’arrestation des mannequins Instagram, ainsi que plus de vantardise du régime à propos de cette répression. Mais une telle vantardise est creuse. Le besoin du régime de continuer à revenir aux mêmes tactiques répressives va seulement prouver que tous les cas de répression ont conduit à un repoussement renouvelé d’une population encore plus énervée. L’obstination de la répression et de l’activisme indique qu’il n’y a aucune fin en vue pour le conflit entre le peuple iranien et le régime des mollahs qui lutte chaque jour pour soumettre ce peuple à son idéologie fondamentaliste », a ajouté Lord Alton.

David Alton est un membre de longue date du Comité parlementaire britannique pour la liberté en Iran.

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