mercredi, février 8, 2023
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Le ralentissement économique profond de l’Iran

Le ralentissement économique profond de l'Iran

CNRI – Selon le ministère des Routes et du développement urbain du régime iranien, 33 pourcent de la population iranienne, près de 26 millions de personnes, vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Mohammad-Bagher Ghalibaf, maire du régime à Téhéran et candidat à la précédente d’élection présidentielle du régime, avait déjà parlé de 25 millions d’Iraniens vivant dans la pauvreté absolue qui ne peuvent même pas payer leurs repas quotidiens. En outre, ces chiffres sont généralement en dessous de la réalité.

Le rapport publié par le ministère des Routes et du développement urbain souligne encore un autre fait significatif : « Les ménages moyens doivent économiser au moins un tiers de leur revenu pendant 96 ans afin de pouvoir acquérir une maison. » En moyenne, il faut 14 ans dans les pays industrialisés pour acheter une maison, selon le rapport publié par le ministère des Routes et du développement urbain.

Une autre question sur le devant de la scène la semaine dernière a été la récession persistante et croissante sur le marché boursier iranien. Selon le journal officiel Hamshahri, le 12 Juillet, « depuis le début du ralentissement économique à ce jour, les prévisions de bénéfices des sociétés boursière ont chuté de 20 mille milliards de tomans, équivalant à 5,5 milliards de dollars. Au cours du mois dernier uniquement, les prévisions de bénéfices des établissements bancaires ont chuté de près d’un millier de milliards de tomans. »

« Les données statistiques montrent que les prévisions de bénéfices des sociétés boursières, qui avaient atteint 59 243 milliards de tomans en décembre 2013, ont chuté de 19 452 milliards de tomans à 39 791 à la fin du printemps ». Le rapport indique également que le secteur bancaire a le plus souffert si bien qu’ « au cours du mois dernier uniquement, onze banques cotées en bourse ont réduit leurs prévisions de bénéfices à 1043 milliards de tomans ». (Journal officiel Hamshahri, le 12 juillet 2017)

Bien que la principale raison de la baisse des marchés boursiers soit la profonde récession économique du pays, les autorités affirment qu’il y a eu une augmentation des exportations. Le fait, cependant, est que l’augmentation des exportations est uniquement liée au pétrole, tandis que dans d’autres domaines, c’est tout le contraire.

Le régime des mollahs a freiné l’économie iranienne de telle sorte que les pays qui étaient économiquement loin derrière l’Iran il y a quarante ans, ont maintenant une plus grande part des marchés mondiaux. Le journal économique « Donya-ye-Eghtesad », a souligné ce même problème le 12 juillet en affirmant qu’« une part importante de l’exportation du pays est consacrée à la matière première, alors que les produits industriels, les plus avancés en particulier, représentent une très petite partie de l’exportation. En moyenne, au cours des dix dernières années, les produits industriels avancés ont représenté 57, 48 et 45 pourcent des exportations industrielles aux Philippines, à Singapour et en Malaisie respectivement. Pour l’Iran, cependant, le chiffre est d’environ cinq pourcent. » (Journal économique Donya-ye-Eghtesad, le 12 juillet 2017).

Un autre aspect du ralentissement économique profond de l’Iran se manifeste dans le secteur du logement et ses secteurs connexes, avec la fermeture de plus de 700 carrières au cours de l’année dernière. Le chiffre est annoncé par Abolghasem Shafiei, responsable de l’association Iran Stone, qui soutient qu’il n’y a pas de sécurité d’investissement dans le secteur minier iranien. « Aujourd’hui, le navire économique iranien a échoué, et la question ne sera pas non plus résolu par l’argent », déclare Shafiei, ajoutant que « le coût final de la pierre produite dans nos unités de production est beaucoup plus élevé comparé à celui des autres pays, de sorte que la Turquie, par exemple, produit des pierres beaucoup moins chères que les nôtres. C’est pourquoi nous n’avons pas une présence remarquable sur les marchés d’exportation et nos unités de production de pierre fonctionnent avec moins de 50 pourcent de leur capacité ».

Compte tenu des sanctions et du ralentissement économique, les investissements en Iran sont associés à des risques. Le chef de l’association Iran Stone affirme explicitement à cet égard que « malheureusement, ils (les investisseurs) ne font pas confiance au marché iranien, affirmant que la réglementation dans le pays est susceptible de changer chaque jour, ce qui rend très difficile pour eux de faire affaire ici ». « J’ai amené des chefs de près de 14 associations chinoises de pierre en Iran, dont aucune n’était disposée à investir en Iran après avoir vérifié la situation économique du pays ». (Agence de presse gouvernementale Fartak, le 9 juillet 2017).

Le fait intéressant est, cependant, que « l’économie de résistance » proclamé par Khamenei n’a servi à rien et personne n’est disposé à la défendre. Le journal officiel Donya-ye-Eghtesad a cité la semaine dernière un expert économique disant que « ce groupe a l’impression que l’économie de résistance est quelque peu autocentrée. Cette façon de penser a façonné les décisions globales prises dans le pays au cours des dernières années. Cela fait maintenant 37 ans que le groupe qui croit en une économie autocentrée affirme avoir réussi à gérer l’économie du pays. Ce qu’ils ne mentionnent pas, cependant, c’est qu’ils ont géré l’économie avec une croissance de près de zéro pourcent, avec les ressources du pays, même les plus vitales comme l’eau, dégradées. Si nous ne changeons pas la façon dont nous dirigeons l’économie du pays, il y aura des jours beaucoup plus difficiles et, comme il a été dit précédemment, ses conséquences ne se limiteront pas au domaine économique uniquement ». (Journal économique Donya-ye -Eghtesad, le 8 juillet 2017)