jeudi, décembre 8, 2022
AccueiltempIran : Le scandale bancaire des mollahs et la menace pour la...

Iran : Le scandale bancaire des mollahs et la menace pour la sécurité du régime

Iran : Le scandale bancaire des mollahs et la menace pour la sécurité du régime

Avec le soutien de la police, des Gardiens de la révolution et de l’appareil judiciaire, les « Gharzol Hasaneh » (prêts sans intérêt) et les établissements de crédit qui les soutiennent se sont transformés en des oligarchies financières.

Dans l’un des rapports de l’établissement de crédit « Samen-ol-Hojaj », les noms de deux présentateurs de télévision, d’un ancien ministre et d’un policier à la retraite, figurent sur la liste des personnes corrompues. Même si seules leurs initiales ont été divulguées dans les informations locales, leurs noms complets peuvent facilement être trouvés sur les réseaux sociaux.

Parmi ces noms figurent « H.S » pour commandant en chef « Hamid Sadarossadat » (l’ancien chef de la Force iranienne d’application de la loi, communément appelé NAJA ; qui a pris sa retraite en 2016), « M.M » et « E.A » respectivement pour « Mehran Modiri » et « Ehsan Alikhani » (qui sont tous deux présentateurs de médias), et « M.T » pour « Manouchehr Mottaki » (ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement d’Ahmadinejad).

Mottaki aurait obtenu un emprunt de 124 milliards de dollars de Samen-ol-Hajajaj. Sadarossadat. Par ailleurs, il aurait reçu un montant encore plus important, puisqu’il avait aussi impliqué les membres de sa famille ; par exemple, 100 milliards de Toman au nom de son fils comme « paiement anticipé de 30 ans de revenu », et 1,18 milliard de dollars pour son épouse. 50 autres milliards de tomans ont été pris par lui pour l’achat d’une propriété à Yazd, et 5 millions de tomans pour son travail de consultant (alors que percevoir un salaire de deux sources différentes est une violation flagrante de la loi). Ces 5 millions de tomans sont le seul montant reconnu par Sadarossadat ; il prétend l’avoir remboursé dans le cadre de son remboursement de 300 millions de Toman.

Mehran Modiri, d’autre part, aurait reçu deux montants du même établissement en mars et en septembre 2013, en tant que « cadeaux » ; le premier étant 180 millions de tomans et le second, 400 millions de tomans.

Alikhani aurait également reçu 3 milliards de tomans en tant que « fonds publicitaires ».

Alikhani et Modiri ont été les principaux sujets de cette controverse et ont semé la confusion quant à la façon dont deux présentateurs de télévision, l’un spécialisé dans le comique et l’autre dans le dramatique, se sont vus accorder des prêts aussi énormes uniquement pour faire rire ou pleurer la population.

« La crainte de la subversion »

Samen-ol-hojaj a été fondé en 2001 en tant qu’ « établissement de crédit coopératif » à Sabzevar, et s’est ensuite étendu à 489 agences dans différentes villes en 2016. Ce qui était un établissement crédible est aujourd’hui accusé de perturbations financières nationales. Le PDG de cet établissement, Abolfazl Mirali, qui est considéré comme la cause principale de ces perturbations, a été emprisonné en raison de son incapacité à payer 4 milliards de tomans pour sa caution.

Les médias rapportent qu’après l’examen du ministère du Renseignement (VEVAK) en 2013, Mirali a été disqualifié, ce qui soulève la question de savoir pourquoi son établissement a continué à fonctionner pendant encore 5 ans et pourquoi ses violations ont été exclues de sa liste d’infractions ?

Bahman Ahmadi Amouï, journaliste et auteur de « L’économie politique de la République islamique », déclare à l’animateur (version farsi de) Deutsche Welle, que ces établissements ont toujours été sous le radar des forces de sécurité et du pouvoir judiciaire, mais la décision de les appréhender a été prise lorsque leurs infractions ont commencé à constituer une menace à la survie du gouvernement : « à partir de 2010 et 2011, le gouvernement a compris que l’absence d’un système monétaire unique dans le pays pourrait conduire à sa subversion. La population a commencé ses protestations il y a quelques années, en faisant la queue devant ces établissements financiers, que le gouvernement avait considérés comme une menace seulement pour certains secteurs, mais avec la poursuite de ces protestations, le gouvernement sait maintenant que c’est sa survie même qui est en péril. »

Amouï estime que « le gouvernement est maintenant parvenu à la conclusion que si les taux d’inflation et de liquidité continuent de croître, et si la population devient encore plus frustrés, il vaudrait mieux laisser la Banque centrale prendre le contrôle ».

Il souligne que la Banque centrale vole aujourd’hui les mêmes personnes à qui elle est débitrice, prétendant rembourser ainsi une partie de ses dettes et compenser les pertes induites par les établissements de crédit qui sont maintenant incapables de résoudre eux-mêmes le problème. Tout ceci parce qu’une grande partie de leurs fonds a été transférée à l’étranger : « La plus grande partie de ces fonds se trouve maintenant au Canada, en Turquie et en Géorgie ; seule une petite partie est restée en Iran sous forme d’échange de devises ou de construction de bâtiments. »

Selon Amouï, le régime veut sortir de ce marasme, « mais parce que ses structures ne sont pas transparent, et aussi parce que les responsables ne sont pas solidaires les uns avec les autres dans leur prise de décision globale, il n’y a aucune garantie qu’il n’y aura plus d’établissements corrompus à l’avenir. »

 

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe