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Conférence de presse à Munich par le CNRI

Conférence de presse à Munich par le CNRI

Munich, 13 février 2026 : À la veille d’une importante manifestation à Munich en soutien au soulèvement du peuple iranien en janvier 2026, une conférence de presse s’est tenue près du lieu du rassemblement. Y ont participé Mohammad Mohaddessin, président de la Commission des affaires étrangères du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), John Bercow, ancien président de la Chambre des communes britannique, et Shahin Gobadi, porte-parole de l’OMPI/MEK.

Cette conférence de presse s’est déroulée alors que Munich accueillait la Conférence de Munich sur la sécurité (13-15 février 2026).

Dans son discours, M. Mohaddessin a estimé que l’Iran est confronté à une crise nationale historique, affirmant que le pays est « au cœur d’une profonde transformation », impulsée par les revers régionaux du régime et le « grand soulèvement de janvier ».

Il a déclaré que les massacres de janvier étaient « sans précédent dans l’histoire de ce régime », assurant que « des milliers de personnes ont été tuées sur ordre d’Ali Khamenei et par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) ». Il a ajouté que les manifestations se sont propagées à l’ensemble du pays : « des masses populaires se sont soulevées dans 400 villes réparties dans les 31 provinces », et à Téhéran, « des affrontements ont éclaté dans plus de 100 endroits », les manifestants « exigeant ouvertement le renversement de Khamenei ».

M. Mohaddessin a également présenté des chiffres concernant les victimes et les arrestations attribuées au réseau interne de l’OMPI/MEK, affirmant que ce réseau avait identifié 2 411 victimes, dont 259 femmes et au moins 174 enfants et adolescents de moins de 18 ans, tandis que « pas moins de 50 000 personnes ont été arrêtées ».

Un point central de sa déclaration était que la répression était préméditée et non improvisée. « Nous possédons des documents crédibles émanant de l’intérieur du régime prouvant que ce massacre était prémédité », a-t-il déclaré, citant des « directives hautement confidentielles » émises par les organes de sécurité du régime, « approuvées personnellement par Khamenei » et exécutées « précisément conformément à ces directives ».

Il a également évoqué une série d’enregistrements audio présumés de réunions de sécurité du régime en 2025 comme preuve de l’inquiétude des autorités, notamment concernant l’OMPI et les Unités de résistance. Ces enregistrements mettaient en lumière des discussions tenues les 11 avril, 2 juin et 9 juillet 2025, qui, selon lui, révélaient la crainte d’« opérations armées » et l’expansion de la résistance organisée.

M. Mohaddessin a averti qu’en plus de la répression violente, le soulèvement était confronté à ce qu’il a décrit comme une tentative de manipulation narrative extérieure visant à présenter Reza Pahlavi (fils de l’ancien Shah) comme une alternative. Il a affirmé que « certains milieux et médias étrangers » avaient tenté, « par le biais de récits construits, de manipulations en ligne et d’une amplification frauduleuse », de glorifier le fils du Shah, soutenant que les Gardiens de la révolution et les services de renseignement « y avaient activement participé » car « promouvoir un retour au passé entrave un véritable changement de régime et profite en fin de compte à la dictature actuelle ».

Il a mis en garde contre le remplacement des slogans anti-régime par des chants pro-monarchie, affirmant que cette dynamique visait à « brouiller les pistes » et à décourager une large participation.

Les propos de John Bercow ont porté sur la légitimité, la crédibilité démocratique et une dangereuse méconnaissance du paysage de l’opposition iranienne.

Il a qualifié de « honteuse » et de « réquisitoire accablant » le choix de la Conférence de Munich sur la sécurité d’inviter Reza Pahlavi, le qualifiant, à tout le moins, d’« erreur de jugement extraordinaire ». Faisant référence à cette invitation, il a opposé une « opposition démocratique crédible, profondément enracinée et ancrée sur le terrain » à une « opposition certes bruyante, mais de faible ampleur » menée par une personne « connue… pour une seule chose : son nom ».

M. Bercow a soutenu que le profil de Reza Pahlavi ne correspond pas à la réalité d’une opposition intérieure durable, soulignant : « Il a passé les 47 dernières années à l’étranger… connu pour être le fils du Shah. » Il a ajouté que le fils du Shah n’avait pas clairement condamné la dictature de son père, affirmant qu’il avait plutôt exhorté la population à « attendre le verdict des historiens ».

Évoquant les manifestations elles-mêmes, Bercow a souligné que le soulèvement actuel diffère des précédents par son ampleur considérable, touchant « plus de 400 villes et les 31 provinces », avec une participation sans précédent des jeunes et des femmes. Il a insisté sur un message essentiel : les manifestants, a-t-il déclaré, sont unis dans leur rejet de toute forme de dictature – « ni autocratie, ni théocratie, ni monarchie ».

Il a également affirmé que les pancartes et les slogans pro-monarchie constituent une tactique délibérée du régime : une « arme sciemment utilisée par le régime pour infiltrer ses agents dans les manifestations réclamant le retour du Shah », visant à créer une fausse dichotomie entre pouvoir clérical et monarchie.

Bercow a conclu en exhortant les journalistes à ne pas se laisser séduire par l’idée absurde selon laquelle l’alternative à la dictature actuelle serait une figure monarchique, qualifiant cette idée d’anachronique et d’archaïque, et orientant plutôt son discours vers le Le CRI et le plan en dix points de Maryam Rajavi représentent la voie démocratique à suivre.

M. Mohaddessin a conclu son intervention par une série de revendications politiques, appelant les gouvernements à reconnaître la lutte du peuple iranien, à agir par le biais de l’ONU pour mettre fin aux exécutions, à garantir l’accès à un internet non censuré, à poursuivre les auteurs de « crimes contre l’humanité », à fermer les ambassades du régime utilisées pour des opérations de renseignement et à couper les sources de financement du régime.