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Iran: Flambée des ingérences bellicistes et terroristes des Pasdaran dans le Moyen-Orient

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Iran: Flambée des ingérences bellicistes et terroristes des Pasdaran dans le Moyen-Orient

 

L’urgence d’évincer les Pasdaran des pays de la région 

Communiqué de la Commission des affaires étrangères du Conseil national de la résistance iranienne, le 23 octobre 2017:

« Par leur rôle dans l’attaque contre Kirkouk et plusieurs autres villes du Kurdistan irakien, qui a entraîné l’exode massif de la population de cette région, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI / Pasdaran) a manifesté encore une fois son rôle destructeur dans les crises régionales.

« Nous ne sommes pas attaqués seulement par l’Armée irakienne et les Unités de mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi) », a notamment indiqué, dimanche 15 octobre, le Commandant de la 2e Brigade des Peshmerga à Kirkouk, avant de préciser : « Nous avons des informations qui attestent à 100 % la présence des forces du CGRI parmi les assaillants ». (1)

Depuis quelques jours avant l’assaut, le Général de division Qassem Soleimani, commandant en chef de la Force terroriste Qods des Pasdaran, se trouvait à Souleimaniyé, Bagdad, et plusieurs autres villes de l’Irak pour comploter et planifier l’opération.

« Le Commandant de la force Qods se trouve en Irak pour pousser les Hachd al-Chaabi à attaquer Kirkouk », avait écrit le 11 octobre, l’ancien ambassadeur américain en Irak, Zalmay Khalilzad, dans son compte twitter.

Les images des reportages faits sur l’assaut confirment la présence de Hadi Al-Amiri et d’Abou Mehdi Mohandas, deux officiers de la Brigade Qods dans l’attaque de Kirkouk. « Les miliciens à la solde du CGRI, dirigés par le terroriste Mehdi Mohandes, ont commencé l’assaut », confirmait également Khalilzad. « Des informations dignes de foi indiquent que les Unités de mobilisation populaire utilisent des chars Abrams fournis par les Etats-Unis aux forces armées irakiennes », a ajouté l’ancien ambassadeur américain. (2)

« Ne devrions-nous pas mettre hors service ces chars pour empêcher qu’ils soient utilisés par ceux qui sont à la solde du CGRI ? », demande-il dans un autre twitt (le 16 octobre).

Depuis les années 90, la Résistance iranienne avait dénoncé, preuves et documents à l’appui, Al-Amiri et Mohandas. Leur nom figure dans la liste des 32.000 hommes de main irakiens du CGRI, publiée le 26 janvier 2007. (3)

« Je suis particulièrement préoccupé par les rapports de presse indiquant que les forces iraniennes et soutenues par l’Iran font partie de l’agression », écrit dans un communiqué (16 octobre), le sénateur américain John McCain, Président de la Commission des services de l’Armée (Senate Armed Services Committee). (4)

Iraj Masjedi, l’actuel ambassadeur du régime iranien en Irak, est un Brigadier-Général de la force Qods. Cette force a joué un rôle clé dans les opérations terroristes du pouvoir iranien, notamment en Irak et en Syrie, tout au long de ces 30 dernières années. Il joue également un rôle important dans l’organisation et le commandement des Hachd al-Chaabi.

En même temps, le 17 octobre 2017, le Brigadier-Général Mohammad Bagheri, chef d’état-major des Forces armées iraniennes, était en visite en Syrie pour intensifier les ingérences du CGRI dans ce pays. Il a rencontré Bachar al-Assad et d’autres dirigeants du régime de Damas.

Cette nouvelle flambée des ingérences guerrières des Pasdaran en Irak et en Syrie impose une urgence des mesures draconiennes visant à exclure le CGRI de ces deux pays et des autres pays de la région. Ces mesures forment la pierre angulaire de l’introduction du CGRI dans la liste des entités terroristes mondiales.

Ce rapport fournit des détails sur le dossier sinistre du CGRI, une milice formée dès le départ pour la répression à l’intérieur du pays et l’exportation du terrorisme à l’étranger qui sont les deux piliers de la politique de la théocratie iranienne, sans lesquels il lui serait impossible de maintenir le pouvoir.

La guerre et le terrorisme dans la région

« L’assistance amené à ces mouvements (ndlr lisez les groupes terroristes) a commencé dès 1979 où ces derniers avaient recours aux services de M. Rafighdoust, (5) chargés de la logistique du CGRI, pour obtenir de l’argent, des armes et des baraquements », révèle Javad Mansouri, premier commandant en chef du CGRI en 1979) et ministre-adjoint des affaires étrangères en 1981, dans une interview exclusive avec le magazine périodique Ramz’é Obour, proche du clan du Guide suprême Ali Khamenei (20 juin 2016).

Mansouri ajoute: « Depuis avril 1981, un bureau a été officiellement constitué pour ces mouvements au sein du CGRI… En 1981, Ali Rajai était à la tête du ministère des affaires étrangères et j’étais son adjoint et nous avions des réunions régulières. Dans l’une de ces réunions, je lui ai dit qu’il y a huit organes qui reçoivent de l’argent du gouvernement pour l’exportation de la révolution. Je lui ai demandé de rassembler les responsables de ces huit organes pour désigner une personne à leur tête pour que je lui fournisse le budget de ces activités et pour que les autres responsables lui rendent des comptes ».

À propos de l’influence du CGRI dans la politique étrangère du régime iranien, Mansouri affirme : « Un certain nombre de questions de politique étrangère n’est toujours pas du ressort du ministère des Affaires étrangères. Par exemple, l’Irak, le Liban, l’Afghanistan ou encore le dossier de la Bosnie à l’apogée des évènements dans ce pays. Certains individus, dont Abbass Araghchi [le ministre-adjoint actuel des Affaires étrangères et le principal négociateur de l’accord nucléaire] était dans la force Qods et c’est cette force qui l’a présenté au ministère des Affaires étrangères. Ces personnes sont en fait (toujours) des membres de la force Qods. Notre ambassadeur en Irak et l’ancien ambassadeur dans ce pays sont également des membres de la Force Qods. C’est la même chose au Liban et en Syrie… La force Qods s’inscrit en quelque sorte dans la continuité du » bureau des mouvements ». C’est-à-dire qu’hormis leurs tâches spécifiques, cette force est chargé des planifications stratégiques et elle peut même donner des ordres à divers organes du pays, comme la radio et la télévision ! Elle leur dicte de dire ou ne pas dire telle ou telle chose. C’est la même chose dans les universités. La force Qods leurs dicte d’accepter tel nombre de personnes qu’elle soutient pour les inscrire et leur permettre d’étudier dans leur établissement. Ce sont nos forces et nous en aurons besoin plus tard. »

Outre les huit années de guerre entre l’Iran et l’Irak, le CGRI a joué un rôle majeur dans le déclenchement, l’embrasement et l’extension de plusieurs grandes guerres dans le Moyen-Orient, notamment en Irak, au Yémen et au Liban. Le nombre de victimes et des personnes déplacées par ces conflits sont sans précédent depuis la seconde guerre mondiale:

– En Irak, après 2003, des centaines de milliers de personnes ont été tués et plusieurs millions de personnes ont été obligées à l’exode à cause des ingérences directes du CGRI ou des milices qui lui sont affiliées.
En Syrie, après 2011, plus de 500 000 personnes ont été tuées et plus de la moitié de la population du pays a été forcée à l’exode.
– Dans la guerre au Yémen, des milliers de personnes ont été tuées et 3 millions de personnes ont été déplacées, selon le rapport de l’ONU.
Le CGRI intervient également dans des pays comme le Bahreïn, l’Egypte, la Palestine, la Jordanie, l’Afghanistan, l’Arabie saoudite, la Turquie, le Koweït, le Pakistan, l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Ces ingérences s’effectuent soit sous forme de terrorisme, soit sous forme d’expansion de l’intégrisme, soit encore à travers la constitution des réseaux d’espionnage ou d’envoi d’armes.
L’une des centaines d’opérations terroristes effectuées par la Force Qods est l’attentat à la bombe contre les Marines américains dans les tours de Khobar, en Arabie saoudite le 25 juin 1996, dans lequel 19 américains ont perdu la vie et environ 400 personnes ont été blessés. L’opération avait été commandée par le Général de Brigade Ahmad Charifi, commandant de la fameuse Unité 6000 de la force Qods.

La répression à l’intérieur

Pendant les 38 dernières années, le CGRI a joué un rôle majeur dans la répression intérieure, y compris la répression sanglante du soulèvement estudiantin de 1999 à Téhéran et les émeutes de 2009. Après ce dernier soulèvement, en septembre 2009, le CGRI a transformé son Département des Renseignements en un organisme indépendant appelé SAS (Sazman’é Etela’até Sepah/Organisation des Renseignements du CGRI), dans le but d’accroître sa capacité de répression et son contrôle à l’intérieur du pays. Depuis, le SAS est devenu un organisme redouté qui est le principal acteur des rafles, de la torture, des pendaisons, des attentats contre les opposants et d’espionnage, même contre les clans du sérail.

Depuis 2008, le CGRI a entièrement modifié sa structure pour faire face à d’éventuels soulèvements populaires, parce que selon l’évaluation de ses théoriciens, c’est cette éventualité qui menace le plus le pouvoir en place. Dans le cadre de ce remaniement, des centres de commandement indépendants ont été constitués dans chaque province, pour contrôler la population et réprimer les éventuelles insurrections. (6)

Au cours des émeutes qui ont eu lieu en Iran, en particulier pendant le soulèvement de 2009, les forces du CGRI, du Bassij (milice affiliée au CGRI) et de ceux qu’on appelle les agents en civil (Lébasse chakhsi) ont mené une répression cruelle, n’hésitant pas à cibler les manifestants (surtout les jeunes et les femmes) et à tirer à bout portant dans le foule, ou encore d’arrêter et de torturer les opposants.

Lors du soulèvement de 2009, le Brigadier-Général Hossein Hamedani a été le commandant du CGRI dans la grande agglomération de Téhéran. Il se trouvait à la tête de la garnison Sarallah (Centre de coordination des unités de répression à Téhéran). Ce personnage qui était l’un des plus haut-commandants du CGRI occupait ce poste jusqu’en 2011, où il a été envoyé en Syrie, avant d’être tué dans ce pays le 8 octobre 2015. (7)

Dans sa dernière interview avec le magazine Javan’é Hamedan en juin 2015, Hamedani indiquait que c’est dans le centre de Sarallah que les plans de la répression des manifestations de Téhéran ont été conçus. Dans la même interview, le Brigadier-Général avoue avoir récupéré quelques 5000 « fripouilles » (ndlr c’est son propre terme) qu’il a embauché et organisé dans trois bataillons du Bassij pour réprimer la révolte. « Nous avions besoin des gens pouvant manipuler des couteaux et des poignards », a-t-il expliqué.

Le pillage

Avec le soutien d’Ali Khamenei, le CGRI a pris le contrôle des principales artères de l’économie iranienne. Ses revenus, hors du contrôle de tout autre organe du pays, s’élèvent à des milliards de dollars, sans compter le budget qui lui est attribué séparément. Cet argent sert à nourrir la répression dans le pays et le terrorisme à l’étranger. À titre d’exemple, la garnison de Khatam al-Anbia qui possède plus de 800 compagnies et sociétés enregistrées en Iran et à l’étranger, contrôle de vastes secteurs de l’économie du pays.

Le 18 avril 2017 Hassan Rohani a indiqué que « le budget de la défense avait augmenté de 145 % » depuis son entrée en fonction. Une grande partie de ce budget est consacré au CGRI, à l’élaboration des missiles, au financement des guerres en Syrie et en Irak, au transfert d’armes aux Houthis et au financement des diverses milices.

Selon des rapports en provenance du CGRI, les mercenaires irakiens, afghans, pakistanais et libanais que les Pasdaran envoient en Syrie, touchent un salaire mensuel de 2,4 millions de tomans (l’équivalent de 600 $). En même temps, en Iran même, le smic est de 1 million de tomans (l’équivalent de 250 $) et les retards en paiement des salaires font des ravages dans les milieux ouvriers.

Le CGRI honni en Iran et à l’étranger

En Iran même, le CGRI est honni par la population, aussi bien pour son rôle dans la répression que pour ses ingérences à l’étranger. Le 22 avril 2017, lors de la récente campagne électorale à l’occasion des Présidentielles, un étudiant a perturbé le discours d’un haut-membre du CGRI dans un meeting à l’Université de Tabriz (nord-ouest), par cette intervention: « Votre théorie est la théorie de la terreur et de l’exportation des armes et de la guerre. Votre théorie est de soutenir Bachar al-Assad, un dictateur sanguinaire… Oui, votre théorie joue avec les sentiments nationaux et religieux du peuple pour protéger des sanctuaires inexistants à Homs et à Idlib… Oui, votre politique du dialogue se traduit par l’agression contre les ambassades ; votre théorie est de dépenser le budget de l’Etat pour le Hezbollah du Liban, qui, selon l’aveu même de Hassan Nasrallah, est armé, financé, nourri et même habillé avec l’argent du peuple iranien ».

Dans de nombreuses manifestations récentes, les personnes qui n’ont pas touché de salaire depuis des mois scandent avec sarcasme : « Laisse tomber la Syrie, pense un peu à nous ! ».

Le dimanche 15 octobre 2017, des milliers de personnes qui ont été spoliés par des banques constituées par le CGRI et d’autres organes de répression du pouvoir ont défilé dans le centre-ville de Téhéran en scandant : « Nous n’allons pas vivre sous l’oppression, nous donnons nos vies pour la liberté, à bas l’oppression, à bas l’oppression » et « Notre pays est devenu un nid de voleurs, un exemple dans le genre, dans le monde entier! ».

Un rapport sur le Liban, obtenu des cercles du pouvoir iranien en septembre 2017 indique : « Stratégiquement, la présence du CGRI et du Hezbollah en Syrie, aura des retombées irréparables pour le Hezbollah, pour la République islamique d’Iran et pour tous les chiites. Le peuple libanais et les Syriens réfugiés au Liban sont tous contre la République islamique et contre le Hezbollah. … Nous avons travaillé en Syrie depuis 30 ans, et nous avons investi et misé énormément sur ce pays. Tous ces investissements sont partis en fumée à cause de cette guerre et le peuple syrien est devenu pessimiste à l’égard de l’Iran ».

Les mesures qui s’imposent :
Le CGRI est l’acteur principal de la répression et des tueries en Iran, ainsi que des crises du Moyen-Orient. C’est pourquoi d’ailleurs il a été introduit dans la liste des entités terroristes mondiales. Il est donc plus que nécessaire d’opter pour des mesures concrètes à son égard, dont :

1 – imposer des sanctions tous azimuts contre le CGRI et ses partenaires en Iran et à l’étranger, ainsi que contre ses commandants et contre les milices qui lui sont affiliées.
2. expulser le CGRI et ses milices affiliées d’Irak, de la Syrie, du Yémen, du Liban, de l’Afghanistan et des autres pays de la région.
3 – imposer une interdiction de voyage pour les pays de la région, aux officiers du CGRI et à ses dirigeants tels que Qassem Soleimani, quel que soit le prétexte invoqué pour ce voyage (raisons diplomatiques par exemple, dans le cas de l’ambassadeur du régime iranien en Irak, Iraj Masjedi).
4. empêcher l’envoi par le régime iranien, d’armes et des troupes vers les pays de la région que ce soit par les voies terrestre, aérienne ou maritime, et imposer des sanctions contre les compagnies aériennes qui sont impliqués dans le transfert d’armes et des troupes aux pays de la région.
5. empêcher la théocratie iranienne, en particulier le CGRI et le ministère des Renseignements (VEVAK), d’avoir accès au système bancaire mondial, à cause de leur rôle dans le terrorisme international. »

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NOTES:
(1) Propos repris par Radio Farda, le 15 octobre
(2) Kurdistan24.net, le 16 octobre 2017
(3) « Group Claims Iran Has Agents in Iraq » Associated Press, vendredi 26 janvier 2007.
http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2007/01/26/AR2007012601951_pf.html

(4) https://www.mccain.senate.gov/public/index.cfm/2017/10/statement-by-sasc-chairman-john-mccain-on-reports-of-clashes-between-iraqi-kurdish-forces
(5) Mohsen Rafighdoust, a été ministre du CGRI de 1982 à 1989.
(6) Cela a été révélée par le Conseil national de résistance iranienne, lors d’une conférence de presse à Bruxelles, le 12 novembre 2009. « Iran exile group: Khamenei tightens intelligence grip» Reuters, Luke Baker, http://www.reuters.com/article/us-iran-intelligence/iran-exile-group-khamenei-tightens-intelligence-grip-idUSTRE5AB2KS20091112
(7) https://www.ncr-iran.org/en/news/terrorism-fundamentalism/19255-background-to-iran-irgc-gen-hossein-hamedani-killed-in-syria

 

 

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