
Bien sûr. Voici une reformulation fluide et incisive, adaptée au ton d’un éditorial :
Ce qui se joue aujourd’hui en Iran ne relève ni d’un sursaut éphémère ni d’une colère passagère. Le mouvement de contestation qui s’est déployé ces dernières semaines et ces derniers mois se distingue, par son ampleur et par la netteté de son horizon politique, comme le plus profond et le plus radical jamais connu. Pour la première fois, une société mobilisée a su tirer les enseignements des luttes passées, affiner sa conscience politique et tracer une direction claire. Dans les rues d’Iran, c’est le retour d’un peuple déterminé qui s’exprime : ses exigences dépassent largement les revendications économiques et portent, sans ambiguïté, l’appel à une rupture fondamentale et au démantèlement de l’ensemble de l’appareil tyrannique.
Ces soulèvements ne peuvent être qualifiés de « spontanés ». Leurs racines plongent dans plus de quarante-cinq ans de lutte incessante du peuple iranien et d’une résistance organisée qui a enduré la répression, l’emprisonnement, les exécutions et l’exil, et qui a acquis une maturité politique. Les leçons des soulèvements précédents – de janvier 2018 et novembre 2019 au soulèvement national de 2022 – ont clairement démontré que la société iranienne est entrée dans une nouvelle phase : celle d’une contestation organisée, soutenue et ciblant explicitement le sommet du pouvoir.
Lundi soir, au seizième jour du soulèvement, avec des corps blessés et des cœurs endeuillés mais une détermination sans faille, à Téhéran et Ispahan, à Chiraz et Meshkan dans la province de Fars, à Fallahiyeh–Shadegan et dans de nombreuses autres villes, main dans la main, vous… pic.twitter.com/7ELeo0Aywz
— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) 13 janvier 2026
Dans ce contexte, les activités quotidiennes et persistantes des Unités de résistance des Moudjahidine du peuple (MEK), en particulier depuis le soulèvement de 2022, ont été déterminantes. Ces réseaux ont empêché l’extinction de la flamme de la résistance. Par des actions continues, ciblées et inspirantes, ils ont maintenu vivante la voie du soulèvement. Aujourd’hui, cette même jeunesse rebelle poursuit ce combat dans les rues – toute une génération qui ne croit plus à la réforme, au recul ou à une simple transformation superficielle de l’autoritarisme.
La jeunesse rebelle iranienne cible les centres du régime en réponse aux exécutions de masse.
Depuis des années, la Résistance iranienne alerte sur le fait que l’Iran est une « société explosive », où le moindre choc économique, social ou politique peut déclencher un soulèvement national. Cette prédiction est désormais une réalité. L’effondrement des moyens de subsistance, l’imposition d’un avenir sans perspectives, la corruption structurelle et la répression brutale ont engendré une colère sociale grandissante, qui a désormais trouvé un sens et une finalité.
Face à cette réalité, le régime poursuit deux stratégies parallèles. D’une part, il recourt à une répression ouverte : munitions réelles, arrestations massives et exécutions. D’autre part, il mène une guerre psychologique et une manipulation politique. Son appareil numérique promeut activement un discours monarchiste et amplifie la voix de figures comme Reza Pahlavi. Cette stratégie est mûrement réfléchie : le régime sait que ces courants ne représentent aucune menace réelle pour sa survie. L’objectif est de semer la discorde parmi les manifestants, de marginaliser la véritable alternative démocratique et de fabriquer un prétexte pour qualifier le soulèvement de « soutenu par l’étranger ».
Dans ce même contexte, le régime a déployé des agents en civil et des membres des Bassidj au sein des manifestations pour scander des slogans prônant le retour à la dictature monarchique. Ces images sont ensuite diffusées, souvent manipulées ou doublées, afin de construire un récit mensonger.
Lundi soir, au seizième jour du soulèvement iranien, le cœur lourd et les corps meurtris mais animés d’une détermination inébranlable, les habitants de Téhéran, Ispahan, Chiraz, Meshkan (province de Fars), Falahieh (Shadegan) et de nombreuses autres villes sont de nouveau descendus dans la rue.
Pourtant, le peuple iranien n’est pas dupe. Une société qui lutte pour la liberté depuis plus de quatre décennies, au prix d’emprisonnements, d’exils et d’innombrables vies perdues, ne reculera pas. Les slogans unanimes scandés dans les rues, rejetant la dictature religieuse et monarchique, témoignent d’un choix collectif clair. Le peuple iranien aspire à la liberté et à la démocratie, et non à la répétition d’un passé qu’il a jadis renversé.
Ceux qui ont consacré leur vie, leurs biens et leur existence même à la libération de l’Iran n’accepteront rien de moins que la liberté. La propagande visant à légitimer une ancienne dictature n’induit pas le peuple iranien en erreur ; elle ne fait que démasquer ses instigateurs devant la conscience publique. Le soulèvement d’aujourd’hui s’inscrit dans la continuité d’une trajectoire historique – forgée dans la résistance – et il se poursuivra jusqu’à l’avènement de la liberté.

