dimanche, janvier 18, 2026
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Éditorial : Arrêter le programme nucléaire, c’est mettre fin à la théocratie

Éditorial : Arrêter le programme nucléaire, c'est mettre fin à la théocratie
Le missile balistique Kheybar Shekan présenté lors d’un défilé militaire en Iran

La résolution du Conseil des gouverneurs de l’AIEA du 20 novembre est plus qu’un document technique ; c’est un verdict politique. Malgré le bombardement de sites nucléaires clés et le risque manifeste d’une nouvelle escalade, Téhéran refuse d’accorder l’accès aux inspecteurs ou de clarifier le sort de son stock d’uranium enrichi. Le message est clair : le régime ne renoncera pas à son programme nucléaire, car il considère la bombe non comme un luxe, mais comme une bouée de sauvetage.

Ce refus n’a de sens que si l’on comprend la doctrine stratégique de la théocratie au pouvoir. Depuis plus de quarante ans, le système du velayat-e faqih fonde sa survie sur trois piliers : une répression brutale à l’intérieur du pays, l’exportation des crises et des guerres par le biais de groupes interposés dans la région, et la volonté d’acquérir l’arme nucléaire. Il ne s’agit pas de politiques distinctes ; elles constituent les trois pieds d’un même tabouret. En retirer un seul, et c’est toute la structure qui s’effondre.

C’est pourquoi le régime est prêt à payer presque n’importe quel prix pour les préserver. Sanctions, isolement international, voire frappes aériennes sur les installations nucléaires sont, selon Khamenei, préférables à un « suicide » par la retraite. Il l’a lui-même affirmé à plusieurs reprises : « Nous ne nous suiciderons pas par peur de la mort. » En pratique, cela signifie que Téhéran acceptera une pression accrue, mais pas une véritable transparence avec l’AIEA, ni un démantèlement effectif de son programme nucléaire.

Le dossier nucléaire illustre brutalement cette logique. L’Iran a accumulé de l’uranium enrichi à des niveaux proches de ceux nécessaires à la fabrication d’armes, bien au-delà de tout besoin civil. Le régime iranien limite la surveillance, a expulsé les caméras et bloque désormais l’accès aux installations bombardées. Si son programme était véritablement pacifique, une pleine coopération avec l’AIEA serait le moyen le plus simple de dissiper les doutes. Au lieu de cela, Téhéran considère les inspecteurs comme des adversaires, les résolutions comme des menaces et toute demande de transparence comme une atteinte à la survie du régime.

Pendant ce temps, le peuple iranien en paie le prix. Une économie étouffée par la corruption, les sanctions et les dépenses militaires est encore davantage étranglée par le projet nucléaire. Les ressources qui devraient être consacrées à l’emploi, à la santé et à l’accès à l’eau sont englouties par l’enrichissement d’uranium, les missiles et les guerres par procuration. Le régime a de fait pris l’économie en otage au nom de la « dissuasion » et de la « profondeur stratégique », tandis que les Iraniens ordinaires s’enfoncent toujours plus dans la pauvreté.

La communauté internationale est confrontée à une dure réalité : un régime qui a lié sa survie à la répression, à la guerre régionale et au chantage nucléaire n’abandonnera jamais volontairement aucun de ces piliers. Tant que la réponse internationale se limitera à des résolutions périodiques, des condamnations symboliques ou à une énième tentative de « grand compromis », Téhéran se contentera d’engranger des concessions, de gagner du temps et de se rapprocher inexorablement du seuil nucléaire.

Parallèlement, la solution ne réside ni dans une invasion étrangère ni dans une nouvelle guerre désastreuse. Les conflits récents ont démontré que les frappes militaires peuvent endommager des infrastructures, mais qu’elles ne modifient ni la nature du régime ni ses calculs fondamentaux. Les bombes peuvent atteindre des bâtiments, mais elles ne démantèlent pas la structure du pouvoir à Téhéran, ni ne la remplacent par une alternative démocratique.

En réalité, il n’existe qu’une seule réponse durable au danger nucléaire que représente ce régime : un changement démocratique en Iran, impulsé par le peuple iranien et sa résistance organisée. À l’intérieur du pays, on a assisté à de multiples soulèvements nationaux, et le rôle croissant des Unités de résistance des Moudjahidine du peuple (MEK) dans la contestation de l’autorité du régime et de son appareil de terreur a été clairement démontré. Ce sont elles, et non les armées étrangères, qui constituent la véritable force capable de renverser le régime. Il est donc impératif que la communauté internationale reconnaisse explicitement le droit du peuple iranien et de sa résistance – y compris sa lutte contre le Corps des gardiens de la révolution islamique – à résister à la tyrannie et à œuvrer pour un Iran libre, démocratique et non nucléaire.

La résolution du 20 novembre a une fois de plus mis en lumière une vérité fondamentale : ce régime préfère les bombes au pain, la terreur à la paix et le chantage nucléaire à la légitimité internationale. Le monde doit réagir en se rangeant clairement du côté de ceux qui offrent la seule véritable garantie d’un Iran non nucléaire : son peuple et sa résistance organisée, qui luttent pour une république libre, démocratique et pacifique.