AccueilEditorialÉditorial : Le snapback avec dix années de retard ; quelles leçons tirer ?

Éditorial : Le snapback avec dix années de retard ; quelles leçons tirer ?

Éditorial : Le snapback avec dix années de retard ; quelles leçons tirer ?
Vote du Conseil de sécurité des Nations Unies

Le 28 septembre 2025, le mécanisme de « snapback » ou « retour en arrière »  de l’ONU est entré en vigueur, réimposant toutes les sanctions de l’ONU suspendues par l’accord nucléaire de 2015. En clair : l’Iran est à nouveau confronté à des sanctions adoptées en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, notamment un nouvel embargo sur les armes et des restrictions liées aux missiles balistiques.

Cette étape importante est plus qu’une simple réinitialisation juridique. Il s’agit d’un point d’inflexion stratégique dans un conflit qui dure depuis deux décennies, entre le régime iranien et le peuple iranien, et entre la complaisance et une politique de principe longtemps prônée par l’opposition démocratique.

Ce que le retour en arrière valide

Premièrement, la complaisance a échoué. Comme Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI, l’a averti depuis des années, les concessions ne modèrent pas Téhéran ; Ils incitent à l’agression. Son message aux eurodéputés a parfaitement résumé la leçon : accorder une marge de manœuvre au régime « ne fait qu’intensifier les tensions plutôt que de les apaiser » et doit être remplacé par des mesures fermes : la désignation du CGRI, l’activation du « snapback » et le placement du régime sous le Chapitre VII de l’ONU. Le retour du « snapback » témoigne d’une reconnaissance tardive de cette logique.

Deuxièmement, ce sont les faits, et non les vœux pieux, qui nous ont conduits là où nous sommes. La crise a débuté avec des révélations menées par l’opposition, notamment celle d’août 2002 concernant Natanz et Arak, qui a imposé des inspections internationales et repensé la compréhension mondiale du programme de Téhéran. De nombreux témoignages indépendants rapportent que la conférence de presse du CNRI/OMPI à Washington a mis ces sites clandestins sur la carte et a poussé l’AIEA et les capitales à agir.

Troisièmement, les arguments en faveur d’un changement de politique sont convaincants. Les E3 eux-mêmes ont souligné que la réimposition des sanctions de l’ONU ne marque pas la fin de la diplomatie, mais la fin des illusions. La question est de savoir à quoi sert la diplomatie. Une décennie d’espoirs de « changement de comportement » a rendu les dirigeants iraniens plus répressifs sur le plan intérieur et plus audacieux à l’étranger, exactement comme Mme Radjavi et la Résistance iranienne l’avaient prédit à maintes reprises.

Trois pistes sont envisageables, et pourquoi une seule fonctionne

Piste 1 : Faire pression pour obtenir un grand compromis. L’idée est que la pression contraindra le régime à « boire le poison » et à conclure un accord nucléaire, balistique et régional sérieux. L’activation même du Snapback montre pourquoi cela est improbable : si Téhéran était prêt à accepter un compromis, il aurait agi avant que le Snapback ne mûrisse. Une décennie de complaisance a produit le résultat inverse.

Voie 2 : Une guerre pour décapiter le programme ou l’État. Une invasion à grande échelle n’est ni crédible ni souhaitée ; des frappes limitées pourraient affaiblir les capacités sans produire de changement. Le régime le sait et calcule qu’il peut encaisser les coups tout en intensifiant la répression. Ce calcul repose sur la conviction que la force extérieure seule ne suffira pas à le renverser.

Voie 3 : Le changement par le peuple iranien et sa Résistance organisée. Une transformation durable exige des forces sur le terrain, et non des hashtags. Dans ce contexte, les unités de résistance de l’OMPI et du CNRI offrent précisément ce dont toute transition réussie a besoin : une organisation, un programme démocratique (élections libres, séparation de la religion et de l’État, égalité des sexes, autonomie ethnique dans le cadre de l’intégrité territoriale de l’Iran et un avenir sans nucléaire), et une reconnaissance internationale qui n’a cessé de croître au sein des parlements d’Europe et d’Amérique du Nord.

Ce n’est pas abstrait. Dans ses messages adressés aux législateurs des deux côtés de l’Atlantique, Mme Radjavi a exposé une politique cohérente :

Mettre fin au cycle du compromis et de la complaisance, fondé sur l’espoir illusoire de modérer le comportement du régime, exige de reconnaître le droit du peuple iranien à résister à la tyrannie, de reconnaître le rôle des unités de résistance dans la lutte contre la répression, de désigner le CGRI comme une entité terroriste et de préciser que la solution viable n’est ni la guerre étrangère ni la poursuite des compromis, mais un changement démocratique porté par le peuple iranien et son mouvement organisé.

Un chaînon manquant crucial de la politique occidentale envers l’Iran a été le mépris persistant des revendications du peuple iranien et de sa résistance organisée. Il est grand temps de rompre définitivement avec cette politique inefficace.

Le mot de la fin

Une décennie de politique de complaisance a prouvé que Téhéran utilise la « diplomatie » pour tromper et gagner du temps. Les Iraniens – et le monde entier – ont payé un lourd tribut pendant de nombreuses années. Tirer les dures leçons du passé exige de refuser de répéter les mêmes erreurs.

La solution réside dans le peuple iranien et sa résistance organisée. Il ne demande ni argent, ni armes, ni faveurs extérieures ; il ne demande que le retrait de l’aide au régime et la reconnaissance de son droit à affronter la tyrannie.

L’arène décisive se situe en Iran. La communauté internationale a la responsabilité de cesser de soutenir les oppresseurs et de défendre ouvertement le droit du peuple iranien à déterminer son propre avenir.

La paix et la stabilité régionales exigent une approche fondamentalement nouvelle envers l’Iran.