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Le prisonnier politique Jafar Azimzadeh souffrant en Iran

Le prisonnier politique Jafar Azimzadeh souffrant en Iran

CNRI – La santé du prisonnier politique iranien Jafar Azimzadeh, un activiste des droits des travailleurs qui a été en grève illimitée de la faim dans la sinistre prison d’Evin à Téhéran pendant près de trois semaines, s’est gravement détériorée et il subit des pressions du régime des mollahs pour mettre fin à sa protestation.

Le mardi 17 mai, le bureau du procureur de Téhéran a exigé qu’il mette fin à sa grève de la faim. Ce même jour, il a dû être transféré en voiture jusqu’au couloir des visiteurs pour voir sa femme puisqu’il était incapable de marcher après être devenu frêle à cause de sa grève de la faim.

Selon les rapports, les représentants du bureau du procureur de Téhéran ont proposé à Azimzadeh un congé pénitentiaire de longue durée s’il rompt son jeûne.

Des rapports disent qu’Azimzadeh a répondu au représentant du bureau du procureur : « Je ne suis pas allé en grève de la faim afin d’obtenir un congé pénitentiaire. Dans la lettre que j’ai écrite avant de débuter ma grève de la faim, j’ai clairement énoncé mes exigences, et j’espère qu’elles seront respectées. La première étape dans la concrétisation de ces exigences est d’arrêter la mise en œuvre des verdicts actuels et de réévaluer notre dossier en abandonnant l’accusation d’agissements contre la sécurité nationale. Je continuerai donc ma grève de la faim illimitée. »

Azimzadeh qui a été arrêté en novembre dernier, purge actuellement une peine de six ans de prison pour s’être livré à des activités syndicales et pacifiques légitimes.

Cette semaine, Azimzadeh a protesté contre sa détention à la prison d’Evin alors que le tribunal fantoche des mollahs, dans le sud-ouest de Téhéran, statue sur son cas. Il a exigé qu’on lui permette de se défendre convenablement au tribunal.

Azimzadeh a envoyé une déclaration depuis la prison d’Evin suite à la libération sous caution de son compagnon, le prisonnier politique Ismail Abdi, Secrétaire général de l’Association Professionnelle des Enseignants Iraniens (APEI).

Ce qui suit est le texte de la déclaration de Jafar Azimzadeh :

Mon cher ami et résistant compagnon de cellule Ismail Abdi a été libéré sous une caution de 3 milliards de rials (100.000 dollars américains). Il a passé 11 mois en prison sans un verdict judiciaire et uniquement sur la base de la volonté du dispositif de sécurité. La libération d’Abdi bien qu’enthousiasmant et gratifiant, ne signifie pas que même un petit pas a été fait pour répondre à nos revendications et à celles de millions d’enseignants et de travailleurs.

Dans notre déclaration conjointe qui a été fortement et passionnément soutenue par les syndicats des enseignants et travailleurs du pays ainsi que par les associations d’ouvriers et d’enseignants à travers le monde, nous revendiquions la fin du traitement – en tant que problèmes de sécurité – des manifestations sociales et civiles, et le retrait de l’accusation d’ « association et collusion en vue de porter à atteinte à la sécurité nationale » des dossiers ouverts des travailleurs et enseignants manifestants et des syndicalistes emprisonnés, y compris nous-mêmes.

Nous avons protesté contre les salaires en dessous du seuil de pauvreté, l’interdiction d’avoir des célébrations libres et indépendantes dans le cadre de la journée internationale des travailleurs et des enseignants, l’interdiction de constituer des syndicats indépendants et l’absence de transparence et d’action efficace de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) contre la violation flagrante des droits fondamentaux des travailleurs et enseignants iraniens, et nous sommes allés en grève de la faim.

Par conséquent, en ce qui concerne la libération d’Ismail Abdi sous une lourde caution et un dossier ouvert sur de lourdes accusations liées à la sécurité, un tel acte venant de l’autorité traitant de son cas même dans le cadre d’actions qui enfreignent la loi existante était une routine ; et prévisible dans le cas d’Ismail.

Pour cette raison, sa libération ne peut être utilisée comme une prétention à la prise en compte de nos revendications et de celles de millions de travailleurs et enseignants, et il semble que cela était orchestré pour éclipser et limiter le champ d’action du mouvement toujours croissant (des ouvriers et enseignants) qui s’est centré sur la lutte contre le traitement – en tant que problèmes de sécurité – des manifestations des enseignants et des travailleurs et sur la protestation contre les lourdes charges liées à la sécurité dont sont victimes les syndicalistes à travers le pays et partout dans le monde.

Par conséquent, c’est avec beaucoup de reconnaissance au soutien des enseignants et des travailleurs ainsi que des ouvriers et syndicats, et des associations de travailleurs du monde entier en ce qui concerne nos revendications dans la déclaration conjointe avec Ismail Abdi, et en mettant l’accent sur la réalisation de chacune d’elles, que je continuerai ma grève de la faim illimitée que j’ai commencée le 30 Avril.

Copie à la Confédération syndicale internationale (CSI)
Jafar Azimzadeh – quartier 8 de la prison d’Evin

Mois de mai 2016