mardi, novembre 29, 2022
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Le camp d’Achraf et la politique vis-à-vis de l’Iran

*Des dizaines d’anciens hauts responsables américains, européens et arabes, appellent à l’adoption d’une nouvelle politique pour un changement de régime en Iran et le retrait de l’OMPI, élément principal d’un tel changement, de la liste noire américaine ;

*Déclaration de 53anciens premiers ministres et ministres, déclaration d’une majorité de sénateurs  français et lettre de 100 députés de l’Assemblée nationale au Président Obama soulignant la nécessité de protéger les résidents d’Achraf ainsi que de retirer l’OMPI de la liste américaine des organisations terroristes ;

*Rudolph Giuliani : « Les Etats-Unis ne devraient pas seulement être de votre côté, mais devraient aussi être de votre côté avec enthousiasme. Vous soutenez ce que nous soutenons. »Lors d’une conférence internationale intitulée « Le camp d’Achraf et la politique vis-à-vis de l’Iran » qui s’est déroulée à Paris, le 22 décembre, à l’invitation de 16 comités de toute l’Europe, des dizaines de personnalités politiques et anciens hauts responsables américains, européens et arabe, ont souligné la menace posée par le fascisme religieux au pouvoir en Iran et ses tentatives inquiétantes pour anéantir le camp d’Achraf. Ils ont insisté sur la nécessité d’un changement de régime en Iran comme la seule solution pour débarrasser le monde du fléau d’un régime intégriste doté de la bombe atomique.
Rudolph Giuliani, ancien maire de New York et candidat à la présidentielle américaine de 2008, Frances Townsend, conseillère de la Maison Blanche pour la sécurité intérieure et le contre-terrorisme jusqu’en 2009, Michael Mukasey ministre américain de la Justice jusqu’en 2009, Tom Ridge, ministre américain de la Sécurité intérieure jusqu’en 2005, Allan Gerson, conseiller auprès de la délégation permanente des Etats-Unis à l’ONU, ainsi que Sid Ahmed Ghozali, ancien premier ministre algérien, Alain Vivien, ancien secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Brard, député, Yves Bonnet, ancien directeur de la DST sous la présidence de François Mitterrand figuraient parmi les intervenants. Jean-Pierre Spitzer, éminent juriste et avocat français présidait le symposium. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de traiter d’urgence les questions suivantes :

• Remplacer la politique de complaisance et de dialogue par une politique de changement de régime.
• Imposer des sanctions globales au régime iranien au lieu de dialoguer avec lui, pour sanctionner la poursuite de son projet d’armes nucléaires et ses violations flagrantes des droits de l’homme.
• Annuler immédiatement l’étiquette de terroriste collée à l’OMPI par le Département d’Etat américain ; étiquette injuste qui a encouragé les mollahs dans leur comportement criminel au mépris de la légalité. Un changement de régime ne peut intervenir qu’à travers le peuple et sa Résistance. Par conséquent il faut supprimer toutes les contraintes imposées à la force axiale de l’opposition, à savoir l’OMPI, et la soutenir.
• Garantir la protection des résidents d’Achraf en tant que personnes protégées en vertu de la IVème Convention de Genève en installant dans le camp à titre permanent un contingent des forces américaines et une équipe de surveillance des Nations Unies.

 

Cette conférence a été l’occasion d’annoncer une déclaration de 53 anciens premiers ministres et ministres de divers pays appelant le gouvernement américain à retirer l’OMPI de sa liste noire à l’instar de l’Union européenne et du Royaume-Uni. Ces anciens hauts responsables demandent au gouvernement des Etats-Unis et aux Nations-Unies d’assurer immédiatement la protection des résidents d’Achraf pour prévenir un nouveau désastre humanitaire.

Cet événement a également  permis d’annoncer une déclaration signée par une majorité de sénateurs français en soutien aux droits des Achrafiens. Rappelant qu’ « avec son soulèvement, le peuple iranien a montré sa volonté de mettre fin à la dictature religieuse » et notant les efforts du régime des mollahs pour « éliminer 3400 opposants iraniens au camp d’Achraf en Irak », elle souligne que « vu sa responsabilité, le gouvernement français doit demander à l’ONU d’assurer une présence plus active en soutien aux droits des résidents du camp d’Achraf et d’assumer la responsabilité de leur protection ». « Nous pensons, poursuivent les sénateurs, que les Etats-Unis doivent, en application du projet de résolution ayant reçu le soutien de la majorité du Congrès américain, fournir des garanties suffisantes pour la protection de ces personnes. Ils doivent aussi appeler le gouvernement irakien à reconnaître les droits des résidents d’Achraf en tant que personnes protégées en vertu de la IVème Convention de Genève. »

A l’ouverture, Me Jean-Pierre Spitzer a évoqué la campagne pour la radiation de l’OMPI de la liste des organisations terroristes de l’Union européenne en expliquant que « nous disions aux dirigeants de l’Europe : « il ne se passe pas une semaine sans que vous ne vous répandiez dans les médias pour dénoncer ce que vous appelez l’Etat voyou, l’Etat des mollahs ». Et dans le même temps, nous disions « sans réfléchir, vous n’hésitez pas à porter sur la liste des organisations terroristes l’un des fers de lance de l’opposition, de la résistance à ce régime des mollahs. » (…) Alors à ces Etats qui ont conduit cette politique envers l’Iran d’une espèce de ‘main tendue’, nous leur avons dit en permanence : « vous considérez le régime des mollahs de manière magique. Tel un magicien, vous vous adressez à un Etat-voyou et vous voudriez que du fait de vos paroles, cet Etat, par un coup de baguette, devienne un Etat démocratique ». »

Prenant le premier la parole, M. Sid Ahmed Ghozali a affirmé : « Achraf est certainement au cœur de la question de la résistance populaire en Iran à une dictature religieuse. Mais Achraf est aussi au cœur de la problématique de la paix et de la stabilité non seulement dans cette région (…) mais aussi à la question plus générale de la paix et de la stabilité du monde. Achraf est en danger (…) Le blocage a continué et maintenant Achraf est devenu un centre de tortures physiques et psychologiques. 140 haut-parleurs encerclent Achraf matin et soir, chaque minute, tous les jours. Les habitants sont privés de médicaments (…) il y a là tous les ingrédients qui annoncent un futur désastre humanitaire qu’il faut absolument éviter. »

M. Alain Vivien a déclaré : « Ce scandale, de fait, n’était pas autre chose qu’un des aspects les plus lugubres de la complaisance diplomatique à l’égard des mollahs (…) On permettra au Français que je suis de rappeler qu’en 1940, le général de Gaulle était lui aussi traité de terroriste par la propagande collaborationniste (…) Il faut prendre des mesures indispensables à la protection des réfugiés iraniens d’Achraf soumis quotidiennement à des persécutions éhontées. Pourquoi ces réfugiés ne peuvent-ils compter sur la protection promise par les autorités américaines ? Pourquoi les Nations-Unies n’envoient-elles pas sur place un contingent chargé de couvrir en permanence la mission onusienne qui devrait y être tous les jours présente? »

Mme Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, qui était l’invitée spéciale de cet événement, a déclaré dans son intervention : « la solution correcte au problème iranien, c’est un changement de régime. Un changement démocratique réalisé par le peuple iranien et sa résistance. C’est le facteur déterminant de l’équation iranienne. Toute politique qui lui barre la route, ignore le principal levier du changement et le principal point faible du régime. C’est la faute majeure de la politique de complaisance. Et on peut voir clairement cette erreur dans les événements qui touchent Achraf. Les Etats-Unis savaient que le gouvernement de Maliki est lié aux mollahs et qu’il mène sa politique par le crime et la terreur. Néanmoins, ils ont transmis la sécurité d’Achraf à l’Irak. Comme les juristes l’ont démontré, ce transfert constitue une violation des lois internationales (…) Mais pourquoi les mollahs ont-ils donc peur d’un groupe encerclé et désarmé à 70 km de la frontière iranienne ? Parce qu’ils savent que c’est la clé du changement. Parce qu’ils savent qu’Achraf, avec ses milles femmes d’avant-garde, inspire les Iraniennes pour conquérir leur liberté et leur égalité (…) face au fascisme religieux sous couvert de l’islam, la véritable solution est un islam tolérant et démocratique. Cette caractéristique culturelle de l’OMPI et ses racines profondes dans la société iranienne, font d’elle une antithèse efficace aux mollahs. Non seulement elle est le facteur de l’échec de l’intégrisme en Iran, mais constitue aussi un obstacle de taille à l’avancée de l’intégrisme, c’est-à-dire des mollahs, dans la région (…) Comme des millions d’Irakiens l’ont affirmé dans leur déclaration, l’OMPI, avec  ses caractéristiques anti-intégristes, incarne l’alternative et le contrepoids au régime iranien (…) Mais lorsque l’OMPI est inscrite sur la liste du terrorisme, on réprime le seul mouvement musulman organisé capable de faire barrage à l’avancée de l’intégrisme islamiste ».

Dans son intervention, M. Rudolph Giuliani a notamment  souligné : « il y a des choses qui vont bien au-delà des négociations. Il y a des choses d’une extrême importance. Parmi ces choses : la liberté, la dignité humaine, le droit de vote, le droit des femmes à un traitement respectueux et digne égal à celui des hommes. Ce sont des choses qui ne sont plus négociables dans le monde civilisé moderne. Et nous commettons une erreur terrible lorsque nous donnons l’impression qu’elles sont négociables. Car, la conséquence en est que nous encourageons les oppresseurs, les dictateurs et les tyrans comme le régime en Iran, par exemple ; nous leur disons en effet qu’ils pourront continuer en toute impunité. Les principes que vous épousez, sont les mêmes que nous épousons en Amérique. Vous voulez la liberté pour votre peuple. Vous voulez pouvoir élire votre gouvernement. Vous voulez la liberté économique. Vous voulez que les femmes soient traitées avec respect et en toute égalité. Vous voulez un système judiciaire juste et équitable. Vous voulez la liberté de religion pour que les gens puissent pratiquer ce qui est le plus important à leurs yeux, leur relation avec leur créateur, et la manière dans laquelle ils estiment qu’ils devraient la pratiquer. Ce sont des choses magnifiques que vous voulez et défendez. Ce sont de belles choses que vous défendez. Alors traiter votre organisation de terroriste est simplement un déshonneur. On vous a qualifié d’organisation terroriste pour calmer le régime iranien, en pensant que cela le rendrait plus raisonnable.
Certains disent que cela a été fait pour les meilleurs motifs. Il y a peut être eu les meilleurs motifs, mais c’était une mauvaise idée (…) Il est clair que c’ est devenu non seulement embarrassant, qu’il ne s’agit pas seulement de corriger l’image erronée qui a été donnée des objectifs admirables de votre organisation, mais c’est bel et bien devenu une tactique pour maintenir le régime iranien au pouvoir. C’est une tactique utilisée tout comme au camp d’Achraf (…) Les Etats-Unis ne devraient pas être seulement de votre côté, mais devraient être de votre côté avec enthousiasme. Vous soutenez ce que nous soutenons (…) La même chose que nous avons fait à l’égard du peuple polonais lorsqu’il a créé le mouvement ‘Solidarité’ (…) Les Etats-Unis ont commis une erreur en transférant le contrôle du camp d’Achraf à un gouvernement qui n’est pas prêt à assumer ces responsabilités de manière juste et décente. Il s’agit d’une horrible privation des droits humains. Onze personnes ont déjà été tuées depuis, cinq cents autres blessées. Des prisonniers empêchés de voir leurs familles et leurs avocats. Nous devrions être là-bas pour protéger ces gens, les aider et s’assurer qu’ils sont au moins traités sur la base des normes de la Convention de Genève, les normes fondamentales de l’humanité. Tout cela doit changer maintenant (…) Sur l’arme nucléaire, notre réponse à Ahmadinejad est ‘non’. Vous n’aurez pas l’arme nucléaire. Notre réponse au régime dans son ensemble est de céder le pouvoir, de s’en aller pour que le peuple puisse vivre dans la dignité, la paix et le respect d’autrui. »

Prenant à son tour la parole, M. Tom Ridge, a notamment déclaré : « C’est un privilège que d’être parmi les invités illustres qui se sont unis aujourd’hui dans un soutien public à la résistance démocratique en Iran dirigée par l’OMPI pour appeler à la radiation de l’OMPI de la liste des organisations terroristes étrangères de notre département d’Etat (…) Franchement, si vous réfléchissez un peu à ce qui s’est passé depuis 20, 30 ans, et aux efforts des Nations Unies pour neutraliser la tentative [du régime] de devenir une puissance nucléaire, je pense qu’il serait juste de conclure que ces efforts ont été vains et resteront vains à moins de permettre à une résistance démocratique en Iran de survivre et de s’épanouir, de s’exprimer (…) Je dis que vos gestes de bonne volonté n’ont pas eu d’effet sur ces individus ou ces pays dépourvus de toute bonne volonté (…) Nous savons que vos frères et sœurs, fils et filles et tous les vôtres au camp, se sont désarmés et placés sous la protection des troupes américaines. Nous savons que les hommes, les femmes et les enfants dans ce groupe ont reçu le statut des personnes protégées selon le droit international. Et sous la protection des troupes des Etats-Unis jusqu’à ce que les forces irakiennes se soient engagées à les protéger en 2008 (…) Nous savons que la décision et la classification [de l’OMPI comme groupe terroriste] par les Etats-Unis ont servi de justification au régime tyrannique pour emprisonner, torturer, mutiler et assassiner. Nous savons qu’après une enquête détaillée menée par d’éminents juristes à travers l’Europe, y compris sur des informations confidentielles, ni l’Union européenne, ni le Royaume-Uni ne considèrent plus l’OMPI comme une organisation terroriste. Et nous savons enfin que cette classification est en cours d’examen par le Département d’Etat après la décision d’une cour fédérale affirmant que le gouvernement n’avait pas fourni suffisamment de preuves à l’appui de cette classification (…) Je me joins à vous qui croyez que les Etats-Unis devraient immédiatement annuler cette classification (…) Proclamons haut et fort et en toute logique que l’OMPI n’est pas une organisation terroriste, mais une voix et un appel à la liberté (…) Aussi impitoyable, violent , tyrannique et répressif qu’il soit, le régime de Téhéran ne pourra jamais faire disparaître de l’âme et de l’esprit de l’opposition et de la résistance démocratique et loyale incarnées par l’OMPI, dirigées par l’OMPI, la notion même, l’objectif, l’aspiration et le rêve de vivre dans un Iran libre, tolérant et démocratique. »

M. Michael Mukasey, l’intervenant américain suivant, a notamment affirmé : « L’OMPI est simplement la seule organisation d’Iraniens à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Iran, qui s’oppose au régime actuel et soutient l’instauration d’un gouvernement en Iran qui soit organisé en une république démocratique, laïque et non-nucléaire. Disons-le encore : il ne s’agit pas de l’une des quelques organisations iraniennes qui répondent à cette description, mais bien de la seule (…) Il est ouvertement reconnu que la raison pour laquelle l’OMPI a été mise sur cette fameuse liste sous l’administration Clinton, était d’obtenir les faveurs de l’Iran et d’utiliser cette classification comme une manière d’ouvrir le dialogue avec le régime iranien. Et j’ai le regret de dire que même sous l’administration dans laquelle j’ai servi, l’OMPI a été maintenue sur la liste pour la même raison malavisée (…) Lorsque les Iraniens descendent dans la rue au risque de leurs vies pour la liberté, comme ils le font aujourd’hui et comme ils l’ont fait hier après l’élection frauduleuse en juin 2009, notre réponse par la voix de ceux qui, au gouvernement, nous représentent, doit être beaucoup plus que de rappeler aux mollahs que « le monde vous regarde ».
Nous devons retirer de la liste des organisations terroristes un groupe dévoué à l’instauration de la liberté en Iran. Nous pouvons aussi dire clairement, même sans être explicite, que nous sommes prêts à offrir tout le soutien technique et couvert possible à ceux qui se battent pour mettre fin à l’oppression en Iran. »

Mme Frances Townsend a déclaré : « Soyons honnêtes. Après 2003, nous étions dans une situation militaire difficile en Irak (…) C’était une réalité douloureuse, et il fallait tout faire pour sauver ne serait-ce qu’une vie de nos soldats américains (…) Si au milieu des combats en Irak, nous avions radié l’OMPI de la liste, on aurait pu craindre de provoquer une réaction de l’Iran (…) Nous avons eu tort. Vous savez comment je sais que nous avons eu tort ? Pas uniquement parce qu’il était injuste de maintenir l’OMPI sur la liste, mais je sais que nous avons eu tort à cause de la réaction de l’Iran. Qu’ont-ils fait suite à notre manquement de radier l’OMPI ? C’eut été un progrès s’ils n’avaient rien fait, mais ils n’ont rien fait parce que l’Iran, le régime tyrannique en Iran, estimait que le refus de radier l’OMPI de la liste était un signe de faiblesse et non de puissance (…) Alors ils sont devenus plus agressifs (…) Ils ne comprennent pas la bonne volonté. Leur réponse à la bonne volonté est l’agression directe contre les forces américaines (…) Aujourd’hui je pense que la seule véritable mesure que le gouvernement des Etats-Unis peut prendre pour faire une pression réelle sur le régime iranien et de rendre possible un changement est uniquement de retirer l’OMPI de la liste (…) Nous devons la radier parce que c’est non seulement incompatible avec nos valeurs, avec notre Déclaration d’indépendance, mais parce que c’est aussi incompatible avec l’engagement que nous avons pris à votre égard au camp d’Achraf quand vous avez rendu vos armes (…) Non seulement nous devons vous retirer de la liste, mais nous devons aussi lever toutes les restrictions qui ont suivi votre inscription et les associations historiques à l’origine de cette désignation (…) Je ne devrais pas avoir à venir à Paris pour rencontrer Mme Radjavi. Elle devrait pouvoir venir à Washington pour s’exprimer (…) Le peuple américain a besoin d’entendre sa voix, l vôtre et celles des persécutés du camp d’Achraf et celles de ceux qui se battent pour la liberté à l’intérieur de l’Iran.
Ceux qui sont chargés au sein du gouvernement irakien de la protection du camp d’Achraf sont ceux qui, en juillet 2009, ont été responsables de l’attaque, du tabassage, des mutilations et de la tuerie. Ils ne les protègent en rien.
Permettez-moi de m’adresser au Premier ministre Maliki pour dire ceci : Non seulement le monde vous regarde, mais il ne restera pas les bras croisés en silence pour que vous offriez au régime iranien à Téhéran la victoire qui lui a été refusée en huit années de guerre contre l’Irak. Si vous m’entendez Mme la Secrétaire d’Etat Clinton, avec tout le respect qui vous est dû, ceci n’est pas un problème intérieur irakien. C’est un problème américain. Et à ceux du camp d’Achraf : Le monde a les yeux tournés vers vous. Le monde doit exiger un traitement juste à votre égard, mais les Etats-Unis ont une responsabilité particulière.

M. Allan Gerson, ancien conseiller auprès de la délégation des Etats-Unis à l’ONU, a souligné les obligations légales et morales du gouvernement américain vis-à-vis de la protection des résidents d’Achraf. Il a également évoqué les effets néfastes de l’étiquette de terroriste collée à l’OMPI estimant que « le refus du Département d’Etat américain de radier immédiatement la classification arbitraire politiquement motivée de l’OMPI de la liste des organisations terroristes étrangères, sape le respect dont jouissent les Etats-Unis comme un modèle de la promotion de l’état de droit. »

Dans son discours, M. Yves Bonnet déclare notamment : « La confusion qui se fait couramment entre terrorisme et résistance n’est jamais dénoncée, alors qu’elle est le fond même du problème (…) La Constitution française de 1793 reconnait le droit à la résistance à l’oppression, qui est un droit fondamental. Je crois avoir quelques compétences en matière de contre-terrorisme, puisque ça a été mon métier (…)Sont terroristes toute forme d’action qui vise soit une population civile soit l’exportation de la violence.  L’OMPI n’a jamais visé de population civile en Iran et elle n’a jamais exporté la violence. »

Mme Anne-Marie Lizin, présidente honoraire du sénat belge, a déclaré : « je voudrais que nous adressions un message amical à Mme Clinton : notez les responsabilités que les Etats-Unis ont prises vis-à-vis des membres de l’OMPI à Achraf . Vous devez les assumer, c’est dans le droit international. Nous devons aussi faire un appel à Mme Pillay à Genève. En tant que  Haute Commissaire aux droits de l’homme, elle sait beaucoup de choses sur ce qui se passe là-bas et les dangers. Nous devons aussi faire un appel à M. Melkert. Il doit mettre des observateurs de l’ONU à l’intérieur d’Achraf, sur une base quotidienne. C’est très important. »

Le Dr. Juan Garcès, juriste éminent qui suit les plaintes concernant la situation à Achraf, a indiqué : « J’arrive d’Espagne où je travaille sur l’une des dimensions les plus tragiques de ce qu’on a évoqué ici, c’est-à-dire la torture qu’on applique en ce moment aux résidents d’Achraf. Car il faut bien le dire, cette méthode de bombardement acoustique est une des manières d’appliquer la torture. Elle a été développée surtout à partir des années 50 et elle a même un nom technique : ‘white sound’ [« le bruit blanc »] (…) La jurisprudence internationale, particulièrement la cour créée par les Nations Unies pour l’ex-Yougoslavie a étudié cette forme de bombardement acoustique et l’a catégoriquement considéré comme une forme de torture, interdite aussi bien par la Convention internationale contre la torture que par les conventions de Genève (…) Il nous faut une cour de justice devant laquelle faire comparaître les responsables. »

M. Maurice Boscavert, maire de Taverny, qui a accueilli le plus grand rassemblement des Iraniens en juin dernier, a déclaré : «  Ma petite ville de 28 000 habitants, je peux vous dire que pour elle, pour mes administrés, la résistance iranienne ça représente une chance unique que la France refasse surface dans ce qu’elle est fondamentalement, c’est-à-dire la nation des Lumières, celle de la liberté, de la légalité, de la laïcité et de la lutte contre tout autoritarisme. Oui, vous êtes sur le bon chemin, oui il faut que les Etats-Unis remettent à jour leur liste, car nos amis, nos frères d’Achraf souffrent. Ils souffrent de cet enfermement dans lequel ils sont à cause de l’Irak, le gouvernement  irakien qui est soutenu en sous main par les mollahs. On leur dit: mais vous êtes tous des terroristes puisque les Américains vous enferment. Vous êtes sur une liste de terroristes, vous êtes des terroristes, donc vous n’avez que ce que vous méritez. Bien sûr, c’est un raisonnement fallacieux, mais nos frères d’Achraf, eux ils souffrent et il faut les libérer, il faut qu’ils sortent d’Achraf, il faut libérer Achraf. Ca commence tout de suite par une mise à jour du mouvement de la résistance iranienne comme étant une résistance libre, démocratique, reconnue comme telle par les Etats-Unis. Point à la ligne, il n’y a pas à discuter.  Azadi [liberté] ! Azadi pour Achraf ! »
 
Le dernier intervenant a été M. Jean-Pierre Brard qui a affirmé notamment : « Nous allons continuer ce travail, Mme la présidente Maryam Radjavi, parce que le combat que vous menez est dans la tradition de la Déclaration de Philadelphie. Il est dans la tradition de la Révolution française. Il est dans la tradition de la Résistance. C’est la tradition des droits de l’homme (…)  Pour libérer le peuple iranien de la dictature, le meilleur soutien que nous pouvons amener ce n’est pas l’intervention militaire mais l’aide à ceux qui résistent à l’intérieur. »
M. Brard a par ailleurs annoncé que dans une lettre adressée au Président Obama, 100 parlementaires français ont écrit que  « l’inscription du mouvement d’opposition iranien des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) comme organisation terroriste étrangère par le Département d’Etat  (…)  entrave nos efforts pour faire face au défi grandissant que pose le régime de Téhéran à la paix et à la sécurité dans le monde. »
De plus, le maintien de l’étiquette terroriste sert au « régime iranien et ses agents en Irak » de « justification pour réprimer les résidents d’Achraf » en Irak. Les parlementaires français considèrent que le maintien de cette inscription envoie un mauvais signal à la fois au peuple iranien et à ce régime et relève de l’ingérence directe dans les affaires intérieures de l’Iran en faveur du régime et au détriment du peuple iranien. 

Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 29 décembre 2010

Pour voir le clip vidéo cliquez :
http://www.ncr-iran.org/en/images/video/Paris-conf-22dec-2010-complete-20minute-HQ.zip

 

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