
CNRI – Le prisonnier politique iranien Afshin Baymani, détenu dans la prison de Gohardacht (Radjai-Chahr), a écrit une lettre ironique dans laquelle il a dénoncé les agissements des agents du ministère des renseignements du régime des mollahs (VEVAK) contre les membres du principal groupe d’opposition iranien, l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), résidant au camp Liberty en Irak.
Dans cette lettre, M. Baymani dénonce les agissements des agents du VEVAK qui sont allés devant l’entrée du camp Liberty, en prétendant être les proches des membres de l’OMPI résidant dans ce camp et en déclarant vouloir les « libérer ». Il souligne que si ces agents sont vraiment des proches des membres de l’OMPI et s’ils veulent vraiment faire libérer quelqu’un, ils n’ont pas besoin de parcourir plusieurs milliers de kilomètres et se rendre au camp Liberty en Irak. Au lieu de cela, ils devraient plutôt se rendre à la prison de Gohardacht et demander au régime de libérer les membres et sympathisants de l’OMPI qui sont détenus depuis plusieurs années dans cette prison.
M. Baymani dénonce en particulier la proposition perfide des agents du VEVAK qui exhortent les résidents du camp Liberty à retourner en Iran pour bénéficier de « bienveillance et compassion du régime ». Il a souligné que les mauvais traitements infligés par le régime des mollahs aux prisonniers politiques sont tellement insupportables qu’il préfère être exécuté plutôt que continuer de subir ces mauvais traitements.
M. Baymani souffre d’une grave maladie cardiaque. Il est actuellement détenu dans le quartier 4 du hall numéro 12 de la prison de Gohardacht à Karaj (au nord-ouest de Téhéran). La semaine dernière, alors qu’il avait été victime d’une crise cardiaque, les autorités carcérales ont empêché son hospitalisation.
M. Baymani – père de deux enfants et âgé d’environ 45 ans – a passé 16 ans de sa vie dans les prisons d’Evine et de Gohardacht. Il est accusé d’avoir aidé son frère échapper à une arrestation. M. Baymani avait été condamné à mort le 6 septembre 2000, mais six ans plus tard, sa peine a été commuée en prison à vie.
Voici une traduction de quelques extraits la lettre ironique de M. Baymani, laquelle a été sortie clandestinement de la prison :
L’un de mes compagnons de prison m’a montré un article et après la lecture de cet article, j’ai été complètement perturbé pendant des heures. L’article racontait que des familles des membres de l’OMPI sont allées à l’entrée du camp Liberty et ont exigé la libération de leurs proches.
Pourquoi ces gens-là se sont donnés autant de peine et ont parcouru tant de milliers de kilomètres pour soi-disant « libérer » quelques résidents du camp Liberty ? Pourquoi ne sont-ils pas venus ici pour voir mes conditions de détention et demander au régime de me libérer ? S’ils veulent vraiment libérer quelqu’un, ils devraient me donner la priorité, puisque je suis derrière les barreaux depuis 16 ans. Si le régime ne veut pas me libérer, je demande qu’il applique donc la peine de mort à laquelle j’ai été condamné initialement.
Je demande d’être exécuté rapidement pour que mes souffrances cessent et pour que ma famille et mes deux chers enfants ne soient plus dans l’attente interminable de me voir un jour sortir de la prison. Je demande à ceux qui se présentent comme les familles et les « sauveteurs » des membres de l’OMPI de transmettre au régime ma demande d’être exécuté. S’ils veulent aider les personnes détenues, ce n’est pas la peine qu’ils aillent si loin en dehors de l’Iran.
Ici même en Iran, il y a des prisonniers que ces soi-disant philanthropes pourront aider. Mon adresse est très facile à trouver : la prison de Gohardacht à Karaj, Hall numéro 12. Je suis emprisonné depuis 16 ans à cause d’un mensonge du VEVAK et mes souffrances sont tellement grandes que je souhaite être exécuté pour être soulagé. J’ai été condamné uniquement parce que je suis le frère d’un membre de l’OMPI.
Ceux qui sont allées à l’entrée du camp Liberty (et qui se présentent comme des proches des membres de l’OMPI) veulent que ces dissidents retournent en Iran et bénéficier de « bienveillance et compassion du régime » à leur égard. Si ces gens-là veulent faire libérer quelqu’un, ils devraient commencer par libérer ceux qui sont emprisonnés depuis plusie
urs années en Iran sur la base des accusations fallacieuses. Ensuite, ils pourront aller faire libérer d’autres personnes ailleurs dans le monde.

