mercredi, février 1, 2023
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Iran : Téhéran ne parvient pas à contenir la gronde malgré un contrôle accru d’Internet

Alors que les manifestations en Iran sont à leur deuxième semaine, le parlement du régime votait discrètement une loi visant à étendre les procédures de filtrage pour un Internet national déjà étroitement contrôlé.

Si elle est mise en œuvre, la nouvelle loi interdira tous les sites Web étrangers et réseaux de médias sociaux qui ne respectent pas les réglementations du régime. La loi exigera également que ces sites enregistrent les utilisateurs iraniens et fournissent des données aux autorités sur demande.

Plusieurs experts du cyberespace ont réagi à la nouvelle, en notant que le projet de Téhéran pourrait empêcher la population du pays des principales sources internationales d’information, y compris le moteur de recherche Google. Ceci alors que le guide suprême du régime Ali Khamenei, maintiennent une présence active sur Twitter, même ce média a été formellement interdit depuis les manifestations en 2009.

Ce double standard montre que le régime iranien est déterminé à maintenir un rapport unilatéral avec l’information, ou plutôt avec la propagande. Cet objectif se reflète également dans la fermeture forcée de journaux indépendants et d’autres médias, qui se produit sur une base semi-régulière alors que les autorités du régime tentent de canaliser l’attention du public vers les médias d’État omniprésents.

D’innombrables Iraniens défient ces efforts chaque jour, en utilisant des branchements illégaux de télévision par satellite et des réseaux proxy virtuels pour contourner les restrictions gouvernementales. Mais cette défiance ne fait que souligner la bataille constante qui pousse le régime à toujours rechercher des moyens nouveaux et plus élaborés de renforcer le contrôle.

Les VPN et les diffusions pirates ne sont pas les seuls exemples de ce défi. Même certains responsables du régime et médias d’État ont critiqué l’adoption le 28 juillet du projet de loi sur le filtrage d’Internet, au motif qu’il pourrait entraîner une nouvelle vague de troubles publics à un moment particulièrement sensible.

Les manifestations qui ont commencé deux semaines avant le vote parlementaire étaient motivées par des pénuries d’eau dans la province du Khouzistan, mais en quelques jours, elles ont inspiré des expressions de solidarité dans d’autres régions, ainsi que des appels renouvelés à un changement de régime et à l’éviction du pouvoir théocratique.

Ces démonstrations ont souligné l’action des autorités qui a provoqué des pénuries d’eau par le biais de projets de barrages non réglementés et d’une mauvaise gestion globale des ressources. Il semble que le résultat naturel de ce message ait été l’émergence de slogans simples tels que « nous ne voulons pas de la République islamique ».

Ceux-ci rappellent fortement les slogans déterminants de deux récents soulèvements nationaux qui ont eu lieu en janvier 2018 et novembre 2019 et chacun ont constitué le plus grand défi pour le système au pouvoir jusqu’à cette date.

Iran Protests: Nationwide Uprising in Iran- November 2019

Le guide suprême des mollahs, Khamenei, a attribué le premier de ces soulèvements aux efforts de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK), sapant ainsi la propagande que Téhéran avait propagée à travers ses réseaux médiatiques à l’égard de la principale pro-démocratie en Iran.

Le régime a longtemps soutenu que l’OMPI ne présentait aucun défi sérieux au régime, et encore moins à son emprise sur le pouvoir. Ce récit s’est évaporé au début de 2018 et n’a jamais été relancé.

Bien au contraire, les autorités du régime ont sans cesse mis en garde contre la résurgence potentielle des troubles menés par l’OMPI depuis le premier soulèvement, et l’OMPI lui-même s’est efforcé de réaliser ce résultat. À cette fin, elle a été présente sur Internet et les médias sociaux pour organiser la résistance.

Les « unités de résistance » de l’OMPI ont également organisé leurs propres manifestations publiques pour encourager un activisme plus répandu. Cette stratégie a joué un rôle déterminant dans la promotion d’un boycott national de l’« élection » présidentielle du 18 juin, qui a vu le célèbre violeur des droits humains, Ebrahim Raisi, nouveau président du régime totalitaire.

Moins de 10 pour cent des électeurs iraniens éligibles ont effectivement participé à cette élection, et même parmi ceux qui l’ont fait, beaucoup ont délibérément voté blanc. Les médias d’État iraniens ont tenté de diminuer le boycott en brouillant les chiffres et en diffusant des mises en scène d’un bureau de vote bondé à Téhéran.

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