Maryam Radjavi adresse ses condoléances aux Achrafiens et à l’ensemble des membres et sympathisants de la Résistance iranienne et tient Nouri Maliki pour responsable de cette tragédie
CNRI – Ce 10 décembre à midi, M. Mehdi Fathi est décédé à Achraf. Atteint d’un cancer depuis un an, il a souffert des restrictions imposées par les forces aux ordres de Nouri Maliki qui ont retardé de plusieurs mois ses soins dans un hôpital spécialisé, accélérant la détérioration de son état de santé vers un point de non retour.
Il avait été hospitalisé une première fois le 19 décembre 2009 pour un problème rénal à la clinique d’Achraf sous contrôle des forces irakiennes. Mais en raison des restrictions inhumaines imposées par le comité de répression d’Achraf et l’impossibilité d’accéder à des hôpitaux et des médecins spécialisés, sa maladie s’était rapidement développée, entraînant une grave hémorragie interne. Il avait dû alors être opéré d’urgence.
Le comité chargé de la répression d’Achraf et le responsable irakien de la clinique du camp avaient annulé à maintes reprises son transfert dans un hôpital de Bagdad. Ce transfert pour y consulter un urologue avait été retardé de 45 jours. Les urologues avaient décelé une tumeur rénale cancéreuse et avaient insisté pour que le patient soit pris en charge d’urgence. Mais le comité en question et le directeur de la clinique d’Achraf avaient retardé de trois mois son hospitalisation.
Ce n’est que le 22 août 2010 qu’il avait enfin été hospitalisé et opéré. Après avoir constaté l’état de ses organes, le chirurgien avait déclaré que dû au retard, la tumeur s’était développée dans l’ensemble du corps et qu’une opération devenait inutile. Dans une lettre, ce spécialiste avait écrit : l’opération étant intervenue trop tard, la tumeur s’est développée. Les médecins avaient dit que si cette opération avait eu lieu dans les premières semaines, il était possible de la traiter et jamais le malade n’aurait atteint cet état.
Il y a quelques semaines, lorsque Mehdi Fathi avait été hospitalisé pour la dernière fois à Baquba, à 40 km d’Achraf et qu’il avait eu besoin de six poches de sang, ni l’hôpital ne lui avait fourni ce sang, ni les agents irakiens n’avaient permis aux Achrafiens de donner leur sang. Outre son état gravissime et ses souffrances insoutenables ces derniers mois, il était encore plus soumis aux pressions des hurlements lancés par les 140 haut-parleurs des agents des mollahs.
Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, a présenté ses condoléances pour le décès de Mehdi Fathi, un des symboles brillants de la persévérance d’Achraf, à sa famille, aux Moudjahidine d’Achraf et à l’ensemble des membres et sympathisants de l’OMPI et de la Résistance iranienne. La persévérance de Mehdi qui luttait à la fois contre la maladie, les pressions inhumaines du régime des mollahs et des agents irakiens, est une épopée inoubliable qui ne dit pas son nom et qui symbolise la volonté du peuple iranien pour la liberté, a-t-elle déclaré. Affirmant que dans les derniers mois de sa vie ce membre des Moudjahidine qui avait terriblement souffert du manque de soins médicaux, était un malade sous la torture, elle a précisé que la responsabilité de la mort de Mehdi Fathi incombait directement au gouvernement de Maliki et au comité de répression sous son commandement.
Rappelant les nombreux malades qui à l’instar de Mehdi Fathi connaissent des souffrances dues au blocus inhumain, Mme Radjavi a appelé les Etats-Unis et l’ONU à empêcher la venue d’une autre tragédie en prenant la responsabilité de la protection du camp et en installant d’une équipe de surveillance permanente à Achraf. Elle a demandé à l’ensemble des instances internationales et organes de défense des droits de l’homme de condamner ce drame bouleversant et d’assumer leur responsabilité en agissant pour mettre fin au blocus et à la torture psychologique nuit et jour des Achrafiens avec 140 haut-parleurs.
Le comité international des juristes en défense d’Achraf, dans une lettre datée du 20 août 2010 à M. Ed Melkert, représentant spécial du Secrétaire général en Irak, écrivait : « A cause des obstacles posés par le comité [de répression] à son hospitalisation et le retard pris pour son opération, M. Mehdi Fathi a perdu un rein et doit à présent subir au plus tôt une autre opération. En cas contraire il est en grand danger. Cependant malgré l’urgence, le comité de répression a fait obstacle à son hospitalisation sous divers prétextes. » Il avait lui-même décrit dans plusieurs lettres aux autorités de l’ONU, notamment les 12 mars et 26 juin 2010, les restrictions médicales cruelles dont il était victime.
Dans un discours le 1er décembre au Parlement européen, Maryam Radjavi avait appelé les autorités de l’UE et particulièrement la Baronne Ashton à prendre des mesures urgentes pour faire cesser le blocus inhumain d’Achraf et surtout les restrictions aux soins médicaux, tout comme la torture psychologique des Achrafiens. Une semaine plus tôt également, le 24 novembre, dans une conférence annonçant le soutien de 5000 maires de France à Achraf, elle avait déclaré : M. Mehdi Fathi qui est atteint d’un cancer du rein, se trouve actuellement dans un état très grave et les entraves posées à ses soins par les autorités irakiennes, ont entrainé l’aggravation de son état à tel point que les médecins n’ont plus d’espoir.
Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 10 décembre 2010

