vendredi, janvier 27, 2023
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Lord Corbett: la communauté internationale ne tolèrera pas les violations du droit humanitaire international à Achraf

CNRI – Dans un débat parlementaire à la Chambre des Lords le 30 novembre, les Pairs ont exprimé leur inquiétude concernant la situation des droits de l’homme en Iran et les menaces constituées par le régime iranien à l’encontre des résidents du camp d’Achraf en Irak. Les extraits suivants sont tirés du discours de Lord Corbett of Castle Vale, Président du Comité parlementaire pour la liberté en Iran:

Le dossier des droits de l’homme de l’Iran figure parmi les pires du monde. Le pays a été condamné 57 fois par les Nations Unies. Il figure parmi les pires, et cela s’aggrave. M. Hague, le ministre des Affaires étrangères a noté en juin de l’année dernière, à la date anniversaire de l’élection présidentielle usurpée qu’il était « extrêmement troublé par la détérioration de la situation des droits de l’homme en Iran », depuis l’élection présidentielle, ajoutant: « Le gouvernement iranien a restreint davantage la liberté d’expression et de réunion, et les manifestants, journalistes, étudiants et activistes des droits de l’homme font régulièrement face au harcèlement et à l’intimidation », avec des manifestants qui se voient refuser une procédure normale lors de leur procès.

La République islamique d’Iran, dont les dirigeants dénaturent le sens et le message véritables de l’Islam, pend plus d’hommes, de femmes et d’enfants que le reste du monde réuni, à l’exception de la Chine et de sa barbarie à une échelle industrielle.

Des femmes sont lapidées à mort, des amputations sont effectuées sans anesthésie et des yeux sont arrachés. C’est un régime qui est presque littéralement en guerre avec ses citoyens. Alors que l’économie stagne, des millions de jeunes Iraniens instruits se voient refuser un emploi. Les mollahs utilisent l’argent du pétrole pour les missiles, le développement des armes nucléaires et le parrainage du terrorisme à l’étranger plutôt que pour investir dans l’avenir de leurs citoyens.

Notre gouvernement et d’autres savent que l’Iran fournit des armes aux Talibans en Afghanistan et finance le Hamas et le Hezbollah. Le pays a fourni et a fait passer clandestinement des bombes placées en bord de route à l’Irak -et a payé des personnes pour le faire – lesquelles ont causé la mort de sept dixième des pertes de toutes les troupes du Royaume-Uni, des États-Unis et de la coalition. Il a beaucoup d’argent pour la milice et le meurtre; peu pour répondre aux besoins d’une des populations les mieux instruites de la région. Le peuple iranien mérite et exige mieux. Ils exigent le droit de manifester et de bénéficier des droits humains et d’élections libres. C’est pourquoi des millions de personnes appellent à la liberté, malgré la brutalité avec laquelle le régime répond.

L’ingérence de l’Iran est à son apogée en Irak. Il fait pression sur le gouvernement conciliant et novice d’al-Maliki pour assiéger 3 400 dissidents iraniens au camp d’Ashraf, à 96 kilomètres au nord-est de Bagdad. Ce sont des membres de l’OMPI, une organisation d’opposants. Ils ont été individuellement interrogés par les agences de sécurité américaines en 2004, ont renoncé à la participation ou à un soutien au terrorisme, ont rejeté la violence et ont entrepris de se conformer aux lois de l’Irak et des mandats correspondants des Nations Unies. En retour, un statut de personnes protégées leur a été donné pour une durée indéterminée – j’ai ici une photocopie de la carte d’identité donnée à l’un des résidents, que je dois laisser au ministre après ce débat – en vertu de la quatrième convention de Genève, de la part de la Force multinationale en Irak, par le général Geoffrey Miller, son commandant-adjoint.

Des experts en droit international soutiennent que cette protection reste en vigueur tant que les forces de la coalition sont en Irak, bien que je reconnaisse que le Foreign Office le conteste. Ce qui est incontestable c’est que le Royaume-Uni, comme tout autre membre des Nations Unies, a une responsabilité continue de s’assurer que l’Irak s’acquitte de ses obligations en vertu du droit humanitaire international.

Les États-Unis ont transmis la responsabilité de la sécurité et de la sûreté des résidents d’Achraf à l’Irak l’an dernier après que l’Irak ait donné des garanties écrites du maintien de ces protections. Non seulement il ne l’a pas fait, mais le Premier ministre a formé un comité pour la répression d’Achraf dans son bureau afin de répondre aux accords passés avec l’Iran pour fermer Achraf et faire partir ses résidents. En juillet de l’année dernière, les forces de sécurité irakiennes – certaines, étrangement, parlant le persan – ont attaqué les résidents désarmés, tuant 9 personnes et en blessant des centaines. Une vidéo montre des troupes utilisant lors de l’attaque des chaines qu’ils tenaient à la main, des gourdins de bois enfoncés de clous ainsi que des tuyaux d’échafaudage, de même qu’un Humvee pour écraserr les manifestants. La fameuse ministre irakienne des droits de l’homme n’a toujours pas communiqué son rapport sur ces évènements, malgré les requêtes du Royaume-Uni de le faire. J’espère que, lorsqu’il s’agira pour elle de répondre, la ministre sera capable de dire quelle est la dernière prise de position sur ce sujet.

Depuis que l’Irak a repris la responsabilité de la sécurité et de la sûreté d’Achraf, il y a eu 70 cas rapportés de harcèlements des résidents par les forces irakiennes, avec 29 blessés. Les fournitures médicales et autres se voient régulièrement refuser d’entrer à Achraf, de même que les parents et les avocats des résidents souhaitant leur rendre visite. Le blocus menaçant sous lequel se trouve Achraf viole le droit humanitaire international, sans parler des protections de la quatrième Convention de Genève. Cependant, ce n’est pas tout. Le dernier moyen de pression est de refuser aux résidents atteints d’un cancer en phase terminale l’accès au soins médicaux dont ils ont besoin à Bagdad ou ailleurs. J’ai un dossier ici énumérant certains cas et, encore une fois, je le laisserai au ministre et à ses agents pour examen après ce débat. Des dizaines de patients atteints de cancer en phase terminale se voient refuser les services des médecins spécialistes, et à présent, nuit et jour, des personnes utilisant 120 haut-parleurs sur le périmètre du camp lancent des menaces de morts contre les résidents et de destruction le camp. C’est de la torture psychologique, en violation flagrante du droit humanitaire international.

Le 25 novembre, le Parlement européen a adopté une déclaration écrite condamnant l’échec de l’Irak à assurer la sécurité et la sûreté des résidents d’Achraf. Il a condamné le siège imposé sur le camp et exhorté les Nations Unies à fournir une protection d’urgence à Achraf. Pour faire bonne mesure, il a exhorté les États-Unis à suivre l’exemple du Royaume-Uni et de l’Union Européenne en reconsidérant le maintien de la classification de l’OMPI parmi les organisations impliquées dans le terrorisme. Comme vos Excellences s’en souviendront, nous l’avons fait dans notre pays il y a quelques années lors d’une action en justice, et cela a été suivi par l’Union européenne qui a fait exactement la même chose.

Pourquoi Achraf est-il important ? Il est important parce que ses résidents sont un symbole d’espoir et de motivation pour ces millions de gens de l’autre côté de la frontière, dans leur patrie qui réclament la  liberté. Je crois que nous avons besoin de signaler que nous sommes avec ces millions de personnes dans leur lutte pour la liberté contre les intégristes antidémocrates au pouvoir maintenant à Téhéran. Cependant, je tiens à préciser immédiatement, non pas à la lumière de Wikileaks, que cela n’implique pas ni ne signifie un appel à une intervention militaire. Ce n’est pas ça. C’est au peuple iranien de trouver son propre chemin pour la liberté, et l’OMPI offre une république laïque, respectueuse des droits humains, de la démocratie et la fin du programme actuel d’armes nucléaires. C’est ce qu’il veut offrir dans des élections libres, et il s’est engagé à s’en tenir aux résultats de ces élections, qu’il perde ou qu’il gagne.

Il y a une urgence toujours croissante et grave autour du siège à Ashraf, et les mots ne suffisent plus. Depuis que les Américains ont remis la responsabilité de la sécurité, nous savons par expérience que les Irakiens ne vont pas respecter les garanties qu’ils ont données aux forces américaines ou qu’ils ont données en vertu de la loi internationale. Quand le ministre répondra à ce débat, peut-être sera-t-il assez bon pour répondre à trois questions :

Vu que l’Irak a démontré qu’on ne pouvait compter sur sa parole, va-t-il demander à présent au personnel de l’ambassade britannique à Bagdad de se rendre à Achraf pour parler aux patients mourants privés de soins médicaux afin de mieux évaluer directement leur situation? Deuxièmement, le Royaume-Uni va-t-il encourager les Nations Unies, peut-être en utilisant les forces américaines et le soutien de la Mission s’Assistance des Nations Unies pour l’Irak, pour assurer une protection convenable des résidents d’Achraf, en maintenant une présence continue autour du périmètre du camp et en mettant fin au blocus et à la torture psychologique des haut-parleurs et aux interférences sur l’approvisionnement en produits essentiels? Troisièmement, va-t-il faciliter la visite d’un groupe de tous les partis des Pairs et des députés au camp d’Achraf de sorte qu’ils puissent parler à tous les résidents, obtenir une vision de première main et faire un rapport de la situation actuelle à leur retour ?

La situation à Achraf se dirige vers une catastrophe humanitaire. Nous ne pouvons pas et ne devons pas en rester là, attendre que cela se passe et ensuite se mettre à la condamner. La réponse de juillet dernier a été lente et assez mauvaise, ce que les ministres d’alors ont été assez bons de reconnaître par la suite. Nous ne voulons pas que cela recommence. Il faut que ce soit bien clair pour les Irakiens. La communauté internationale ne va pas tolérer une violation de la loi internationale humanitaire au camp d’Achraf. Je compte sur le gouvernement pour dire qu’il soutient cette position.

 

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