mercredi, février 8, 2023
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WSJ : Un groupe dit que l’Iran a repris son programme d’armement

Par Marc Champion à Bruxelles et Jay Solomon à Washington

The Wall Street Journal – Le groupe d’opposition iranien qui a été le premier à révéler le programme de combustible nucléaire de l’Iran a déclaré qu’un rapport  du renseignement américain comme quoi Téhéran avait arrêté son programme d’armement en 2003 était correct, mais il affirme que le programme a été transféré et relancé en 2004.

Ces affirmations, rendues publiques aujourd’hui par le Conseil national de la Résistance en Iran, rejoint d’importantes pressions des faucons conservateurs disant que l’analyse américaine a donné à tort  l’impression que le programme de combustible nucléaire de l’Iran ne présentait pas de menace urgente.
 
Ces derniers jours, des parlementaires républicains ont appelé à un examen du processus qui a abouti au rapport du renseignement américain, dont une version non classée a été publiée la semaine dernière. De hauts responsables américains ont consulté leurs alliés en Israël et en Europe afin d’expliquer pourquoi l’analyse était si radicalement différente des précédentes.
 
Un ancien responsable du renseignement américain travaillant en étroite collaboration avec la Maison Blanche sur l’Iran a dit que tous les renseignements liés au rapport étaient ré évalués et que les informations venant de sources comme le CNRI seraient incluses. "Vous devez prendre au sérieux ce qu’ils disent, mais vous devez aussi vous rendre compte qu’ils ont fait des erreurs", a dit le responsable.
 
Les représentants du Conseil de Sécurité nationale et du Bureau du Directeur du renseignement national (DNI) ont dit qu’ils ne  spéculeraient pas sur la manière dont de nouveaux renseignements sur l’Iran pourraient être utilisés. "Nous soutenons le rapport  qui est un consensus de toutes nos agences de renseignement", a dit Ross Feinstein, un porte-parole du DNI.
 
Le CNRI est l’aile politique des Moudjahidine du peuple, un groupe qui a toujours 4000 membres dans une base militaire désarmée en Irak juste à la frontière avec l’Iran. (…) Les Etats-Unis et l’Union européenne ont inscrit le CNRI et les Moudjahidine du peuple dans la liste des organisations terroristes. Le CNRI affiche un bilan mitigé dans l’exactitude de ses affirmations sur le programme nucléaire de l’Iran.
 
Les responsables du renseignement américain ont refusé de s’exprimer sur le rôle que le CNRI ou d’autres groupes d’opposants iraniens peuvent avoir joué dans l’élaboration du nouveau rapport. Le CNRI a été le premier à identifier les installations de combustible nucléaire secrets de l’Iran en 2002 et la Maison Blanche et le Département d’Etat ont crédité le groupe d’avoir aidé à révéler ce programme.
 
Le rapport de renseignement de 16 organes du gouvernement américains conclut, avec "un haut degré de certitude" que l’Iran a arrêté son programme d’armement en 2003, et avec "un degré de certitude moyen " qu’il est resté gelé depuis. Les diplomates disent que parce que le rapport rend le besoin de l’action moins urgent, il rendra probablement plus difficile aux USA et à l’Union européenne de garantir le soutien international à des sanctions plus sévères contre l’Iran, pour faire pression afin qu’il suspende son programme de combustible nucléaire, qui peut être utilisé à des fins civiles ou militaires.
 
Selon le CNRI, le Conseil suprême de sécurité nationale de l’Iran a décidé en août 2003 de fermer son centre le plus important de recherche d’armes nucléaires dans l’est de Téhéran, appelé Lavisan-Shian.
 
Le CNRI, qui affirme avoir des sources de renseignements à l’intérieur de l’Iran, a dit que Lavisan avait été divisé en 11 domaines de recherche, dont la mise au point d’un détonateur nucléaire et de la technologie pour mouler de l’uranium à usage militaire dans une ogive. Mais, ajoute le CNRI, lors de la même réunion, ce Conseil suprême a décidé de disperser les domaines de recherche dans plusieurs points à travers l’Iran. Quand on a permis aux inspecteurs nucléaires internationaux d’accéder au site de Lavisan, les constructions prétendument consacrées à la recherche nucléaire avaient été détruites et le sol passé au bulldozer.
 
"Ce que dit la première partie du rapport est juste, ils ont interrompu leur recherche d’armement en 2003", a dit Mohammad Mohadessine, le chef des Affaires étrangères du CNRI. "Mais la deuxième partie, disant qu’ils ont arrêté jusqu’à au moins le milieu de 2007, est fausse. Ils ont dispersé le programme d’armement dans d’autres emplacements et l’ont repris en 2004."
 
L’équipement a d’abord été transféré de Lavisan-Shian à un autre complexe militaire de la zone Lavisan de Téhéran, le Centre d’Aptitude et de Technologie Avancée, a dit M. Mohadessine. Deux dispositifs conçus pour mesurer les niveaux de radiation ont été envoyés à l’Université Malek-Achtar d’Ispahan et à un hôpital du ministère de la Défense à Téhéran, a-t-il dit. Un autre équipement a été envoyé dans un autre emplacement que le CNRI n’a pas pu identifier, a-t-il ajouté.
 
"Leur stratégie était que si l’AIEA avait trouvé n’importe quelle partie de ce programme de recherche, il était possible de le justifier comme étant civil. Mais tant qu’elles restaient réunies, ils ne pouvaient pas le faire », a dit M. Mohadessine.
 
Le CNRI a déclaré dans un rapport sur le programme nucléaire de l’Iran en septembre 2005 que le site de Lavisan avait été fermé, retardant le programme d’armement du régime d’environ une année. M. Mohadessine a dit que son groupe était certain qu’aucune autre installation nucléaire iranien n’avait été fermé en 2003.
 
Un représentant de l’Agence internationale de l’énergie atomique, le gendarme nucléaire des Nations Unies à Vienne, a refusé de faire des commentaires sur ces allégations, mais a dit que l’agence prendrait sérieusement en considération n’importe quelle information du CNRI. Un porte-parole du gouvernement iranien n’a pu être joint pour faire un commentaire.