lundi, décembre 5, 2022
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Washington va s’attaquer aux réseaux iraniens qui aident les insurgés irakiens

Par Corine Lesnes

Le Monde – Les Etats-Unis ont décidé de s’attaquer aux "réseaux" iraniens qui aident les combattants antiaméricains en Irak. Ce message, qui avait été délivré de manière quelque peu sibylline par le président George Bush dans son discours à la nation mercredi 10 janvier, a été confirmé, vendredi 12 janvier, par la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice, alimentant les spéculations sur les intentions de la Maison Blanche à l’égard de l’Iran et les craintes d’élargissement du conflit.

Dans un entretien accordé au New York Times avant son départ pour le Proche-Orient, vendredi, Mme Rice a indiqué que le président avait publié un ordre exécutif dans le courant de l’automne 2006, après que le Pentagone eut observé une "activité accrue" de la part des Iraniens en Irak et une augmentation de leurs capacités de nuisance. "La décision a été prise de s’attaquer à ces réseaux", a-t-elle indiqué au quotidien.

Dans son discours à la nation, M. Bush avait mis en garde Damas et Téhéran contre les tentatives de déstabilisation de l’Irak. Coïncidence ? Les forces américaines avaient au même moment arrêté six Iraniens à Erbil, au Kurdistan irakien, sous l’accusation d’activités hostiles. Vendredi, le département d’Etat a affirmé qu’ils étaient liés aux Gardiens de la révolution (Pasdarans) et que les éléments saisis lors de la perquisition montraient que le bâtiment visé n’abritait pas que des locaux diplomatiques.

Après avoir affirmé que le bâtiment était couvert par l’immunité diplomatique, Téhéran a corrigé son propos, indiquant qu’il s’agissait d’un consulat en attente d’une accréditation officielle irakienne. Samedi, le ministère des affaires étrangères iranien a invité Washington à cesser ses "actions illégales et aventuristes".

Ce n’est pas la première fois que les Etats-Unis reprochent une attitude négative à Damas et Téhéran. Le Pentagone a expliqué plusieurs fois, en 2006, que la sophistication des engins qui explosent au passage des convois américains en Irak montre qu’ils ont été fabriqués en Iran. Mais désormais, a expliqué M. Bush, les forces américaines ont l’intention de "rechercher et détruire les réseaux procurant des armes et entraînant nos ennemis".

Le président a en même temps annoncé le déploiement de missiles antimissiles Patriot chez les alliés des Etats-Unis dans la région, ce qui a été vu comme une mesure de précaution en cas de représailles iraniennes.

PAS DE "PRÉPARATIFS DE GUERRE"

Vendredi, Tony Snow, le porte-parole de M. Bush, a été contraint de répondre à la "rumeur" selon laquelle "des préparatifs de guerre étaient en cours". "Ce n’est pas le cas", a-t-il assuré. Le chef d’état-major interarmes, le général Peter Pace, et le ministre de la défense, Robert Gates, ont aussi été questionnés par la commission de la défense du Sénat sur d’éventuelles incursions américaines en territoire iranien, en vertu du droit de poursuite.

M. Gates a rappelé sa position selon laquelle toute action militaire contre l’Iran ne serait envisagée qu’en "tout dernier recours". "Nous ne pensons pas qu’il soit nécessaire de frapper des cibles dans le pays lui même", a-t-il dit. Quoi qu’il en soit, l’incident d’Erbil a mis les partisans du dialogue avec Téhéran en émoi. Le responsable du Conseil national des Iraniens-Américains, Trita Parsi, a ainsi accusé l’administration Bush d’essayer "de provoquer les Iraniens pour les entraîner dans une escalade vers la guerre".

 
 

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