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Une crise humanitaire qui peut être résolue

Par Linda Chavez
Townhall.com – Là où votre opinion compte – 20 juillet 2012 – Pour un groupe de 4000 réfugiés iraniens vivant actuellement en Irak, le rapport des Nations Unies cette semaine pourrait s’avérer déterminant quant à la décision de savoir s’ils vivront quasiment comme des prisonniers dans le désert ou s’ils pourront se construire de nouvelles vies en liberté ailleurs. Les réfugiés sont membres d’un groupe d’opposition iranienne controversé, les Moudjahidine du Peuple (OMPI), qui est actuellement classé dans la liste américaine des organisations terroristes étrangères. Cette liste elle-même est controversée. Le Royaume-Uni, l’Union Européenne et un certain nombre d’autres nations ont retiré ce groupe de leur liste d’organisations terroristes, et les États-Unis pourraient être bientôt forcés de faire de même. Un procès couronné de succès de l’OMPI a eu récemment pour résultat une ordonnance de la cour d’appel américaine du district de Columbia Circuit exigeant que la Secrétaire d’État Hillary Clinton retire le groupe de la liste ou qu’elle produise des preuves que l’organisation reste une menace actuelle et crédible pour les intérêts américains. Mais jusqu’à ce que la question soit résolue, le sort des membres de l’OMPI vivant en Irak demeure précaire.

Les membres de l’OMPI sont venus à l’origine en Irak en 1986 durant la guerre Iran-Irak. En tant qu’Iraniens opposés au régime théocratique en Iran, l’OMPI s’est avérée une alliée utile à Saddam Hussein. Ils ont été autorisés à bâtir une cité moderne près de la frontière Iran-Irak, le camp d’Achraf, qui aurait été employé comme base pour les combattants iraniens pour lancer des attaques contre le régime iranien. Durant l’invasion américaine de l’Irak en 2003, l’OMPI est restée neutre et a finalement remis ses armes à l’armée américaine. D’après le témoignage du Général brigadier David Phillips, le chef de la police militaire américaine en Irak, ses troupes ont conduit une inspection approfondie et complète d’Achraf afin de s’assurer de la conformité. Jusqu’en 2009, l’armée américaine a conservé une présence dans le camp, et ceux qui étaient sur le terrain ont signalé une coopération totale de la part de l’OMPI.

Cependant, les choses ont dramatiquement changé lorsque les États-Unis ont remis le contrôle du camp aux Irakiens en 2009. Au lieu de protéger les résidents, comme le gouvernement irakien l’avait promis lorsqu’il a pris le contrôle du camp d’Achraf en 2009, les forces irakiennes ont attaqué le camp d’Achraf à deux reprises, tuant 49 personnes désarmées et blessant des centaines d’autres. Ensuite, les Irakiens ont exigé que les résidents soient transférés du camp d’Achraf vers une base américaine abandonnée, le camp Liberty. Les résidents terrorisés étaient peu disposés à laisser derrière eux l’oasis qu’ils avaient bâti dans le désert, mais ils n’avaient guère le choix. Avec les pressions provenant du Département d’État américain et les assurances américaines qu’ils seraient en sûreté et sécurité dans leur nouveau foyer, les résidents du camp d’Achraf ont commencé leur transfert au camp Liberty l’année dernière.

Plus de trois mille résidents ont été à l’heure actuelle transférés au camp Liberty, mais le lieu contredit son nom. Non seulement les résidents manquent effectivement de la liberté de circulation ou du droit de recevoir des visiteurs, mais le camp Liberty manque également d’eau, d’installations sanitaires et d’électricité suffisantes, rendant la vie presque insupportable pour ses résidents. Les résidents ont demandé la permission de pouvoir apporter des engins de construction, de puissants groupes électrogènes, des camping-cars spécialement équipés pour les personnes âgées et invalides, ainsi que des biens personnels et des voitures du camp d’Achraf, mais le gouvernement irakien les a empêchés d’agir en ce sens, contrairement à ce que certains assurent.

En décembre 2011, l’ONU a signé un protocole d’accord avec le gouvernement irakien garantissant une protection humanitaire pour les résidents des camps d’Achraf et Liberty. Mais les membres de l’OMPI craignent que le rapport, qui doit être présenté à l’ONU cette semaine et qui demande si le protocole d’accord est observé, ne révèle pas tout à fait les terribles conditions dans lesquelles vivent les résidents du camp Liberty. Pourtant, l’ONU et le gouvernement américain continuent de faire pression pour que les résidents restants du camp d’Achraf abandonnent leurs biens, leurs véhicules ainsi que les confortables conditions de vie dans lesquelles ils vivent depuis deux décennies pour s’établir au camp Liberty, qui manque d’infrastructures élémentaires et de conditions de vie humaines.

L’OMPI a demandé des garanties élémentaires s’ils doivent abandonner le camp d’Achraf pour le camp Liberty : être autorisés à amener des appareils d’air conditionné, des camions, des chariots élévateurs, des camping-cars pour les invalides et des voitures ; construire des trottoirs, des rampes et des porches ou bien des auvents sur les bâtiments pour avoir de l’ombre ; raccorder le camp Liberty au système d’eau de Bagdad ou bien autoriser les résidents à pomper l’eau et la purifier sur place ; autoriser les résidents à vendre et à acheter avec les marchands locaux ; et négocier avec le gouvernement irakien pour la vente des propriétés et des biens restant dans le camp d’Achraf.

Il y a beaucoup de crises humanitaires dans le monde ces jours-ci, et peu d’entre elles offrent des solutions simples. Mais les crises aux camps d’Achraf et Liberty sont résolubles – mais seulement si les États-Unis et l’ONU exigent que leurs droits soient accordés aux résidents de ces camps.

Linda Chavez : Linda Chavez est la présidente du Centre pour les chances égales et auteur de Trahison : Comment les chefs des syndicats ont extorqué leurs membres et corrompu la politique américaine.