lundi, décembre 5, 2022
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Un prisonnier politique en Iran écrit à sa fille résistante à l’occasion du 8 mars

Un prisonnier politique en Iran écrit à sa fille résistante a l’occasion du 8 mars

Par Saleh Kohandel

Ma chérie,
Pour la journée internationale des femmes, je t’adresse toutes mes félicitations, Paria, ma fille résistante qui a suivi dans la lutte la voie de ta sœur Zahra et de toutes ses compagnes.

Je voudrais au travers des chaines répugnantes des prisons du régime intégriste des mollahs crier haut et fort : Des milliers de bravos pour la beauté de ton choix et pour avoir craché sur la culture putride et oppressive dans laquelle les mollahs voulaient que tu te voies.

Bravo d’être partie à la recherche du « petit poisson noir » (héros d’un conte très populaire en Iran) de notre grand maitre à tous Samad Behrengui (l’auteur) et comme lui, d’avoir finalement réussi à atteindre l’océan [de la liberté]… 

Je savais bien que celle qui a appris sa première leçon dans les livres de Samad Behrengui, finirait par partir avec le petit poisson noir à la recherche de l’océan et que plus aucune entrave de la culture intégriste et oppressive ne pourraient la retenir prisonnière.

Ne t’inquiète pas pour moi, je t’ai confié mon esprit, mes pensées et ma cause et partout où tu iras, qu’elles planent avec toi, et que seul mon corps reste prisonnier des mollahs inhumains, ce qui en fait n’a pas d’importance. Le régime veut maintenant nous faire pourrir dans des cellules d’isolement, ou comme M. Saremi [pendu sur sa chaise roulante] nous pousser vers la potence, ou encore comme notre ami héroïque Chahrokh Zamani nous faire mourir de manière suspecte.

Paria ma fille, en cette grande journée internationale des femmes, dont les mollahs hostiles aux femmes ne veulent même pas prononcer le nom, femmes auxquelles ils se réfèrent toujours comme un « être faible », souviens-toi que leurs ancêtres les enterraient vivantes et qu’aujourd’hui ils les agressent à l’acide.

Je voudrais te demander, si tu vois où que ce soit des gens de n’importe quelle religion ou conviction qui luttent pour libérer les femmes iraniennes de l’intégrisme des mollahs, remercie-les de ma part. Et à ceux qui préfèrent la complaisance avec les mollahs, dis-leur d’abandonner leurs chimères parce que l’avenir appartient aux révolutionnaires et que les intégristes et les oppresseurs seront balayés.

Prison de Gohardacht – Mars 2016

 

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