mardi, janvier 31, 2023
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Un autre réfugié iranien en Irak meurt au Camp Liberty

Communiqué de presse de Struan Stevenson, député européen

Mercredi soir, 13 mars 2013, Hamid Rabi, 52 ans, réfugié politique iranien bénéficiant une carte de résidence permanente en Allemagne, est mort de ses blessures faites lors de l’attaque à la roquette meurtrière sur le camp Liberty à Bagdad le 9 février. M. Rabi, membre de l’Ompi, principal parti d’opposition, est la huitième victime à mourir à la suite de cette lâche agression.

Une dizaine de personnes ont été démembrées et plus de 90 gravement blessés. Chacun d’entre nous dans cette salle est responsables de sa mort. L’UE, l’ONU et les Etats-Unis ont intimidé les 3100 demandeurs d’asile et des réfugiés iraniens pour les persuader d’abandonner la sécurité relative du camp d’Achraf afin de passer à des conditions de type carcéral au camp Liberty. Nous avons garanti leur sécurité et nous les avons trompés. Nous les avons envoyés dans un camp de la mort.

Les 3.100 réfugiés sans défense sont maintenant entassés en un site de seulement un demi-kilomètre carré de superficie, contraints de vivre dans des conditions sordides et insalubres dans les caravanes fragiles. Ils dormaient quand 45 roquettes de 107mm ont été tirées sur une trajectoire serrée pendant les heures d’obscurité, frappant la zone où un maximum de personnes dormait.

Ce n’était pas une attaque terroriste aléatoire. Il s’agissait d’une opération militaire exécutée de manière professionnelle. Les roquettes ont été tirées à partir de seulement 3 km de distance, et à l’intérieur de l’enceinte militaire qui entoure camp Liberty. Il ne fait aucun doute que l’opération a été ordonnée par le régime iranien et réalisé avec l’étroite collaboration du gouvernement irakien. Et ce ne sera pas la dernière attaque.

Or, bien que près de 5 semaines soient passées depuis cet incident violent, le gouvernement irakien n’a toujours pas autorisé des gilets pare-balles ou même des casques au sein du camp Liberty. Ils ont même refusé l’entrée des pelles dans le camp, afin que les résidents puissent creuser des tranchées de protection. Ils se préparent à un anéantissement et nous, par notre silence et notre réticence à intervenir, sommes complices de ce crime.

À tout le moins, nous devons maintenant insister sur leur évacuation immédiate vers la sécurité des bunkers de béton et des grands espaces du camp d’Achraf. En même temps, nous devons redoubler d’efforts pour sauver et réinstaller ces personnes vers des pays sûrs.
 
J’avais écrit au Secrétaire général des Nations Unies le 28 février 2013, que l’envoyé de l’ONU «M. Kobler, par ses actions, ne vous représente pas ni les valeurs de l’Organisation des Nations Unies. Il a peu ou pas d’intégrité professionnelle. Il a maintes fois donné de fausses informations aux résidents, à leurs représentants et à leurs amis comme moi, alors qu’il savait parfaitement qu’elle étaient fausses», et j’ai exhorté M. Ban Ki-moon à « désigner un représentant impartial, pour que les Nations Unies ne soient plus impliquées dans les futures catastrophes qui pourraient être évitées. »
 

Hamid Rabi aurait pu être rapatrié en Allemagne d’un trait de plume. Ses demandes ont été ignorées et maintenant il est mort, victime notre tromperie et de notre désintérêt.
 
Struan Stevenson, eurodéputé
Président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec l’Irak
…….

Allocution connexe au Parlement européen, à Strasbourg, le 14 Mars 2013

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