jeudi, février 9, 2023
AccueilActualitésActualités: LibertyTraversée des eaux usées de Liberty par l’émissaire de l’ONU lors d’une...

Traversée des eaux usées de Liberty par l’émissaire de l’ONU lors d’une visite expresse

CNRI – Martin Kobler s’est rendu au camp Liberty le 30 janvier 2013. Les résidents se sont indignés de leurs conditions de vie, du manque d’infrastructure, de l’insalubrité due aux égouts qui débordent. Ce qui suit est le texte du rapport journalier du 30 janvier du camp Liberty.

 

Rapport journalier du camp Liberty, 30 janvier 2013 :

Ce matin [30 janvier 2013], lors d’une brève visite surprise qui n’a pas dépassé 40 minutes, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU (RSSG) Martin Kobler a visité des parties du camp Liberty, qui est recouvert par les eaux usées suites aux récentes inondations.

En réponse à la requête des résidents de visiter diverses parties du camp, il a déclaré qu’il devait précipitamment quitter le camp.

En raison des pluies et également en l’absence d’infrastructures, la vie est devenue plus dure pour les résidents. Une partie importante du camp est recouverte d’eau et de boue. Le résultat de la visite est comme suit :

1. Dans la section 1, le RSSG a vu un réservoir d’eaux usées éventré en raison de la corrosion et les eaux usées qui se sont répandues et mélangées à l’eau de pluie. Le RSSG a observé de près l’intérieur du réservoir et constaté qu’il était éventré, qu’il était irréparable et il a pris des photos. (photo 1) Il a également observé plusieurs autres réservoirs d’eaux usées autour desquels les résidents ont construit des ceintures avec d’anciennes poutres métalliques pour les empêcher de s’éventrer. (Le Gouvernement irakien empêche l’entrée de poutres appropriées.) (photo 2)

2. Lors de la visite du RSSG, les résidents se sont plaints de ce qu’il n’y a pas d’infrastructures et que le camp ne répond pas aux normes de vie minimales. Ils lui ont demandé : « Est-ce là le paradis que vous aviez promis ? »

3. Dans la section 2, les résidents se sont plaints de leurs conditions d’hébergement et des murs T-wall autour d’eux qui empêchent l’eau d’être évacuée à l’extérieur. (photos 3, 4,5)

4. Le RSSG a observé que deux jours après les précipitations, les rues principales du camp étaient toujours recouvertes de boue. (photos 6-10)

5. Tenant une photo d’un des réservoirs attachée à un précédent « Rapport journalier », le RSSG a déclaré qu’il voulait le voir. Lorsque les résidents lui ont dit qu’il était situé dans la section 7, il a déclaré qu’il n’avait pas le temps de s’y rendre. (photo 11)

6. Le RSSG a également visité la station d’épuration d’eau de Liberty et a remarqué qu’après que les résidents aient dépensé 2,5 millions de dollars pour la station, le gouvernement de l’Irak n’avait toujours pas permis l’entrée des conduites d’eau dans le camp pour raccorder les réservoirs d’eau à l’appareil d’épuration. (photos 12,13)

7. Les résidents ont demandé au RSSG de visiter d’autres sections inondées par la pluie et les eaux usées, mais il a déclaré qu’il ne pouvait pas visiter d’autres sections en raison du manque de temps.

8. Le conseiller juridique des résidents a dit au RSSG : « Regardez, s’il vous plaît, j’ai une infection aux yeux en raison de la contamination constante de notre environnement de vie causée par les eaux usées répandues ; cette infection s’est désormais transformée en maladie contagieuse dans notre section. »

9. Un résident a dit au RSSG : « Je suis venu à Liberty il y a plus de quatre mois, mais je n’ai pas encore été interrogé par le HCR. Par conséquent, qu’est-ce qui a rendu si urgent de faire pression pour nous transférer ici ? ». Le RSSG n’a pas répondu.

10. Lors de sa visite, les résidents se sont plaints du manque d’infrastructures adéquates dans le camp et d’avoir le sentiment qu’ils ont été trompés pour venir à Liberty. Ils ont déclaré au RSSG qu’ils étaient venus à Liberty il y a un an ; lors des tout premiers jours, des entretiens du HCR avec quelques résidents ont été achevés, mais il n’y a toujours pas de perspective de réinstallation. Jusqu’à présent, plus de 2000 résidents ont été interrogés par le HCR. Étant donné que le Lieu de Transit Temporaire est un plan qui a échoué, il est préférable pour les 2000 résidents interrogés de retourner à Achraf et de se rendre dans des pays tiers à partir de là. La question de retourner à Achraf a été soulevée avec le RSSG par un grand nombre de résidents. Le RSSG n’avait pas de réponse aux problèmes du camp et n’a donné aucune perspective certaine sur la réinstallation dans des pays tiers. Il a uniquement dit qu’il « vous » est impossible de retourner à Achraf ; la seule option est d’aller dans des pays tiers. Les résidents ont déclaré qu’ils n’écouteraient plus ses promesses sans fondement quant à la réinstallation, comme ils l’ont écouté encore et toujours durant les 14 derniers mois. Ils ont ajouté que ces promesses n’étaient rien d’autre que de la duperie pour priver les résidents de foyer.

11. Répondant aux problèmes présentés par les représentants des résidents, le RSSG a soutenu qu’au lieu des rencontres hebdomadaires avec la direction du camp qui ne se tiennent pas régulièrement, ils rencontrent quotidiennement Sadeq Mohammed Kazim. Les représentants des résidents ont déclaré qu’ils n’attendaient pas des Nations Unies qu’elles leur présentent pour parler un individu qui a tué des Achrafiens et qui est poursuivi par la justice espagnole en vertu de la juridiction universelle pour crimes de guerre à Achraf. Ils ont ajouté qu’ils le rencontraient régulièrement depuis trois mois, mais que la seule chose que cet individu faisait était de fomenter des tensions dans le camp et d’augmenter la persécution des résidents.

12. Les représentants des résidents ont protesté contre la présence du capitaine Haidar Azab et du commandant Ahmed Khozair dans le camp Liberty, qui ont tous deux directement participé à deux massacres à Achraf. Ils ont demandé l’intervention du RSSG pour faire partir ces deux hommes du camp Liberty. Le RSSG a minimisé le problème et déclaré qu’il y avait des affaires plus importantes dont il devait s’occuper, et a dit aux résidents de penser à la réinstallation et non pas à ces questions !

13. Les représentants des résidents ont demandé au RSSG que les observateurs de la MANUI n’apportent jamais de messages des agents du ministère iranien du Renseignement (Vevak) aux résidents dans la mesure où cette affaire nuit sérieusement à la crédibilité de la MANUI et des observateurs.

14. Les résidents ont protesté auprès du RSSG sur la raison pour laquelle il avait déclaré lors de la session du Conseil de Sécurité de l’ONU que les observateurs n’ont pas accès à certaines parties du camp. Quelles parties n’ont-ils pas pu voir et à quel moment ? Les résidents ont déclaré que ses observateurs sont totalement libres d’avoir accès aux résidents et il n’y a eu aucune restriction à cet égard. Martin Kobler qui n’avait pas de réponse à cette question, a fait allusion aux quartiers résidentiels des femmes où des observateurs n’ont pas été autorisés. Les résidents ont répondu que vous ne devriez pas vous attendre à ce que des hommes soient autorisés à pénétrer dans les quartiers de repos de femmes musulmanes, et que vos observateurs femmes n’ont jamais eu aucun problème pour entrer dans les quartiers de repos des femmes.

15. Le RSSG a répondu aux plaintes des résidents sur les conditions dans le camp en leur montrant une photo de sa propre résidence dans la zone verte de Bagdad où l’eau s’était également accumulée. Les résidents ont déclaré que leur problème n’était pas simplement la pluie, mais l’absence d’infrastructures et le débordement des réservoirs d’eaux sales qui contamine tout l’environnement avec les eaux usées. Les résidents ont également stipulé qu’il aurait mieux valu que le RSSG leur montre des photos de sa résidence en Allemagne dans la mesure où c’est exactement en raison des mauvaises conditions en Irak que le salaire des employés de l’ONU en Irak est doublé, mais qu’eux ont été expulsés de leur foyer et emmenés dans cette prison.